I.La rencontre récente entre M. XI Jinping et Mme Cheng Li-wun
Le 10 avril 2026, M. Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), a rencontré à Beijing Mme Cheng Li-wun, présidente du parti chinois Kuomintang (KMT).
C’est la première fois depuis une décennie qu’un président du KMT effectue une visite sur la partie continentale de la Chine à la tête d’une délégation, à l’invitation du Comité central du PCC et de M. Xi. Cette rencontre revêt une grande importance pour le développement des relations entre les deux partis ainsi qu’à travers le détroit de Taiwan.
M. Xi a formulé plusieurs propositions pour renforcer les relations entre les deux rives du détroit :
Premièrement, tisser des liens plus étroits entre les deux rives en défendant une conception juste de l’identité.
Deuxièmement, préserver la patrie commune par un développement pacifique.
Troisièmement, améliorer le bien-être des populations chinoises des deux rives du détroit par le biais d’échanges et d’une intégration accrue.
Quatrièmement, œuvrer ensemble à la réalisation du grand renouveau de la nation chinoise.
M. Xi a souligné que « Quelles que soient les évolutions du paysage international et de la situation à travers le détroit de Taiwan, la tendance irréversible vers le grand renouveau de la nation chinoise ne changera pas, et la dynamique dominante qui pousse les Chinois des deux rives du détroit à se rapprocher ne changera pas. »
II.Les tenants et les aboutissants de la question de Taiwan
Taiwan appartient à la Chine depuis les temps anciens. Cette assertion a une base solide dans l’histoire et la jurisprudence. En juillet 1894, le Japon a lancé une guerre d’agression contre la Chine, connue sous le nom de Guerre de Jiawu. En avril 1895, le gouvernement de la dynastie Qing a été vaincu par le Japon et il a été contraint de céder Taiwan et les îles Penghu au Japon. En décembre 1943, les gouvernements de la Chine, des États-Unis et du Royaume-Uni ont publié la Déclaration du Caire qui stipulait que les trois alliés avaient pour objectif de restituer à la Chine tous les territoires que le Japon avait volés, tels que le nord-est de la Chine, Taiwan et les îles Penghu. Et la Proclamation de Potsdam, publiée en juillet 1945 par la Chine, les États-Unis et le Royaume-Uni et rejointe ultérieurement par l’Union soviétique, a réaffirmé que « les termes de la Déclaration du Caire seront appliqués ». En septembre 1945, le Japon a signé les Actes de capitulation, dans lesquels il s’engageait à « remplir fidèlement les obligations énoncées dans la Proclamation de Potsdam ». En octobre 1945, le gouvernement chinois a annoncé qu’il « reprenait l’exercice de sa souveraineté sur Taiwan » et a organisé la « Cérémonie d’acceptation de la reddition du japon dans la province de Taiwan, zone de guerre chinoise » à Taipei. À partir de ce moment-là, la Chine a recouvert Taiwan de jure et de facto grâce à une série de documents ayant des valeurs juridiques internationales.
Peu après la victoire de la Guerre de la résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise, la Chine est entrée dans une guerre civile. Sous la direction du Parti communiste chinois, le peuple chinois a renversé le gouvernement de la République de Chine. Le groupe de Chiang Kai-shek, vaincu dans la guerre civile, s’est retiré à Taiwan et s’est opposé au gouvernement central au nom de la soi-disant République de Chine. Les deux rives du détroit de Taiwan sont tombés dans un état particulier de confrontation politique à long terme. Cependant, la souveraineté et le territoire de la Chine n’ont jamais été divisés et le statut de Taiwan en tant que partie du territoire chinois n’a jamais changé. Le 1er octobre 1949, le Gouvernement populaire central de la République populaire de Chine a été proclamé. Il a remplacé le gouvernement de la République de Chine et est devenu le seul gouvernement légitime représentant l’ensemble de la Chine. La souveraineté et le territoire de la Chine n’ont connu aucun changement, de ce fait, il est normal que le gouvernement de la République populaire de Chine puisse jouir totalement de sa souveraineté, y compris celle sur Taiwan, et l’exercer complètement.
La Résolution 2758 a été adoptée par la 26e Assemblée générale des Nations Unies en 1971 à une majorité écrasante, décidant le rétablissement de la République populaire de Chine dans tous ses droits à l’Organisation des Nations Unies ainsi que l’expulsion immédiate des représentants des autorités de Taiwan de l’ONU et de tous les organismes qui s’y rattachent. Cela reflète pleinement et confirme solennellement le principe d’une seule Chine. Depuis l’adoption de cette résolution, dans les documents officiels des Nations Unies, Taiwan est toujours appelé « Province de Taiwan de la République populaire de Chine ». Et il a été clairement stipulé dans les avis juridiques officiels du Bureau des affaires juridiques du Secrétariat des Nations Unies que « les Nations Unies considèrent Taiwan comme une province de la Chine sans statut indépendant », et que « les autorités de Taiwan ne jouissent d’aucune forme de statut gouvernemental ».
III.La visite clandestine de Lai Ching-te en Eswatini
Récemment, malgré une opposition généralisée, Lai Ching-te, dirigeant de la région de Taiwan, s’est faufilé à bord d’un avion étranger et s’est rendu clandestinement en Eswatini en dissimulant les informations relatives aux passagers avec ce pays. Lors de son vol de retour, après que l’utilisation de l’espace aérien lui a été refusée par les pays concernés, Lai s’est à nouveau glissé dans l’avion et a forcé le passage à travers l’espace aérien de ces pays. Tout cela a montré au monde à quel point Lai ne respecte guère l’espace aérien et la souveraineté des pays concernés et se moque de l’opinion internationale. Ce qu’il a fait était extrêmement dangereux et scandaleux. Le fait qu’il se soit rendu clandestinement dans le pays et en soit retourné montre clairement que les actes sécessionnistes visant l’« indépendance de Taiwan » ne sont qu’une affaire louche et inacceptable pour la communauté internationale. Son geste n’était rien d’autre qu’un coup médiatique scandaleux.
IV.Les connotations du principe d’une seule Chine
Il n’y a qu’une seule Chine dans le monde. Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois. Le gouvernement de la République populaire de Chine est le seul gouvernement légitime représentant la Chine tout entière. Nous nous opposons fermement à toute forme d’ « indépendance de Taiwan » et soutenons résolument le gouvernement chinois dans la réalisation de la réunification nationale.
Il convient de noter que le principe d’une seule Chine est le fondement politique et la prémisse du développement des relations de la Chine avec les autres pays du monde.
V.Un consensus dominant au sein de la communauté internationale
Le succès de la modernisation à la chinoise et la réalisation de la réunification nationale constituent des facteurs majeurs favorables pour le monde entier, ce qui apportera plus d’opportunités à la paix et au développement, et y injectera davantage de stabilité et de certitude. Le consensus dominant de la communauté internationale consiste à soutenir les compatriotes chinois des deux rives du détroit de Taiwan dans leurs efforts pour régler par eux-mêmes la question de Taiwan et promouvoir le développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit. La question de Taiwan relève purement des affaires intérieures de la Chine. S’ingérer dans la question de Taiwan, c’est porter atteinte à la paix et à la stabilité dans le détroit de Taiwan. Les forces sécessionnistes, dans la poursuite de ses propres intérêts, n’hésitent pas à pousser le détroit de Taiwan vers une situation périlleuse marquée par des tensions militaires et le risque de conflit. La communauté internationale doit demeurer vigilante à cet égard et s’y opposer fermement. Aucune tentative de faire marche arrière dans l’Histoire et de séparer de nouveau Taiwan de la Chine ne sera acceptée par les 1,4 milliards de Chinois ni soutenue par la communauté internationale.
VI.La haute appréciation de la Chine à l’égard de la position algérienne
L’Algérie est un pays pionnier dans la défense du principe d’une seule Chine. En 1971, l’Algérie a été l’un des coauteurs de la Résolution 2758, contribuant au rétablissement de la République populaire de Chine dans son siège légitime à l’ONU. En 2023, lors de la visite d’État du Président Tebboune en Chine, il a réitéré l’adhésion de l’Algérie au principe d’une seule Chine, réaffirmé que Taiwan est une partie inaliénable du territoire chinois et s’est opposé à toute forme d’« indépendance de Taiwan».
Cette année marque le 55e anniversaire de l’adoption de la Résolution 2758. La partie chinoise est prête à travailler avec la partie algérienne pour continuer à défendre fermement la souveraineté, la sécurité et les intérêts du développement des deux parties, à s’opposer résolument à toute ingérence extérieure, à sauvegarder le système international centré sur les Nations Unies, l’ordre international fondé sur le droit international, et à faire progresser une multipolarisation égale et ordonnée, et une mondialisation économique inclusive et bénéfique pour tous.