
Le 13 février 2026, heure locale, Wang Yi, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois et ministre des Affaires étrangères, a tenu une réunion trilatérale avec Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères, et Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, à Munich, en Allemagne.
Wang Yi a déclaré que la toute première réunion trilatérale entre les ministres des Affaires étrangères de la Chine, de l’Allemagne et de la France constituait une initiative novatrice en réponse à l’évolution de la situation mondiale et une occasion importante de communication stratégique. Actuellement, le paysage international connaît les changements les plus profonds et les plus complexes depuis la Seconde Guerre mondiale. L’unilatéralisme, le protectionnisme et la politique du plus fort se sont déchaînés, le système international centré sur les Nations Unies a été gravement affecté, la mondialisation économique fondée sur l’ouverture et la coopération a rencontré de forts contre-courants, et la gouvernance mondiale fondée sur les principes dits de « concertation, synergie et partage » est confrontée à un grave déficit. La paix et le développement mondiaux sont confrontés à des défis sans précédent. En tant que grands pays responsables et principales économies du monde, les trois pays assument d’importantes responsabilités pour la paix et le développement mondiaux. Les trois pays doivent adhérer au principe fondamental du respect mutuel, défendre la voie de la recherche d’un terrain d’entente par-delà les divergences, promouvoir la valeur de l’ouverture et de la coopération, et encourager une coopération mutuellement bénéfique et gagnant-gagnant, afin de définir une orientation claire pour le développement des relations entre la Chine et l’UE et d’apporter davantage de stabilité et de certitude à une situation internationale incertaine et instable.
Wang Yi a souligné que cinq décennies d’échanges et de coopération entre la Chine et l’Union européenne (UE) avaient prouvé que les deux parties étaient des partenaires plutôt que des rivaux. L’interdépendance n’est pas un risque, la convergence des intérêts n’est pas une menace, et l’ouverture et la coopération ne compromettent pas la sécurité. Le développement de la Chine est une opportunité pour l’Europe, et les défis auxquels l’Europe est confrontée ne proviennent pas de la Chine. Wang Yi a exprimé l’espoir que l’Allemagne et la France, en tant que pays influents au sein de l’UE, agissent dans leur propre intérêt et dans l’intérêt général de l’UE pour encourager cette dernière à adopter une perception objective et globale de la Chine, à mener une politique rationnelle et pragmatique à son égard et à rester attachée au partenariat entre la Chine et l’UE. Les deux parties doivent respecter leurs intérêts fondamentaux et leurs préoccupations majeures respectifs, gérer de manière appropriée leurs divergences et leurs frictions, approfondir leur coopération pragmatique et rester unies pour relever les défis mondiaux.

Johann Wadephul a déclaré que, face à un monde turbulent, l’Allemagne et la France avaient plus que jamais besoin de communication et de dialogue avec la Chine afin de renforcer la confiance mutuelle, de dissiper les malentendus, de jouer leur rôle de grandes puissances et de faire entendre la même voix. L’Allemagne apprécie le rôle important et positif que joue la Chine dans les affaires mondiales et est disposée à renforcer la communication et la coordination avec ce pays. L’Allemagne et la France ont réaffirmé leur adhésion ferme à la politique d’une seule Chine et leur engagement à développer des relations stables et à long terme avec la Chine. L’Allemagne et la France soutiennent le libre-échange, s’opposent au découplage et aux perturbations des chaînes industrielles et d’approvisionnement, et sont disposées à résoudre les frictions commerciales par le biais de consultations avec la Chine afin de promouvoir le développement équilibré des relations économiques et commerciales entre l’UE et la Chine.
Constatant l’instabilité croissante dans le monde actuel, les menaces qui pèsent sur le multilatéralisme et l’ordre international, ainsi que les conflits prolongés dans diverses régions du monde, Jean-Noël Barrot a déclaré que la France, la Chine et l’Allemagne devaient œuvrer ensemble pour promouvoir la paix mondiale et améliorer la gouvernance mondiale. Plus la situation internationale est instable, plus il est nécessaire de nouer des partenariats. La France s’engage à redynamiser des relations stables et positives entre l’UE et la Chine. La France salue l’Initiative pour la gouvernance mondiale proposée par le président Xi Jinping et se réjouit à la perspective d’une communication et d’un dialogue avec la Chine afin de renforcer la coordination entre les plateformes multilatérales et de préserver le multilatéralisme et le libre-échange. Il a exprimé sa conviction que les relations entre la France et la Chine, celles entre l’Allemagne et la Chine, ainsi que celles entre l’UE et la Chine peuvent progresser en parallèle.
Les trois parties ont échangé leurs points de vue sur des questions importantes dans les relations entre la Chine et l’UE et sur des questions d’intérêt commun, dont la crise ukrainienne. Elles ont hautement apprécié la signification de cette réunion et ont convenu de poursuivre leur communication stratégique.

