
Le 8 mars 2026, la quatrième session de la 14e Assemblée populaire nationale a tenu une conférence de presse au Media Center Hotel. M. Wang Yi, Membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois et Ministre des Affaires étrangères, a répondu aux questions de journalistes chinois et étrangers sur la politique étrangère et les relations extérieures de la Chine.

Wang Yi : Chers amis de la presse, bonjour à toutes et à tous. C’est un grand plaisir pour moi de vous retrouver. Aujourd’hui est la Journée internationale des femmes. Je voudrais tout d’abord exprimer mes meilleurs vœux à toutes les femmes. À cette occasion, j’aimerais aussi remercier sincèrement les amis de la presse et les personnalités de tous horizons de porter intérêt et soutien à la diplomatie chinoise. Le monde d’aujourd’hui fait face à l’accélération des changements inédits depuis un siècle, à l’accumulation de transformations et de turbulences et à la multiplication de guerres et de conflits. Dans le même temps, la Chine avance au grand galop dans la construction d’un grand pays socialiste moderne, marche résolument sur le chemin du renouveau de la nation et voit son influence s’accroître sur la scène internationale. Sous la ferme direction du Comité central du Parti communiste chinois rassemblé autour du Camarade Xi Jinping, notre action diplomatique s’est concentrée sur les missions centrales du Parti et de l’État en se guidant sur la pensée Xi Jinping sur la diplomatie. Nous avons travaillé fermement à défendre la souveraineté, la sécurité et les intérêts de développement du pays, à préserver l’état de droit international, l’équité et la justice, à rejeter l’unilatéralisme, l’hégémonisme et l’intimidation sous toutes leurs formes, à observer et remplir nos obligations internationales et à nous tenir du bon côté de l’Histoire. La Chine est le plus grand acteur de la paix, de la stabilité et de la justice au monde. Nous sommes pleinement confiants dans l’avenir de l’humanité et nous entendons œuvrer avec tous les pays porteurs des mêmes idéaux pour poursuivre l’objectif noble de construire une communauté d’avenir partagé pour l’humanité et écrire de nouvelles pages contemporaines de la paix, du développement et de la coopération gagnant-gagnant. Maintenant, je suis prêt à répondre à vos questions.
CCTV : L’année 2025 a été une année exceptionnelle pour la diplomatie chinoise. Pourriez-vous nous présenter les acquis de la diplomatie de Chef d’État ? Quels seront les moments forts de l’année 2026 ?
Wang Yi : La diplomatie de Chef d’État est la boussole de la diplomatie chinoise. Au cours de l’année écoulée, face aux turbulences dans la situation internationale, le Président Xi Jinping s’est engagé dans les actions diplomatiques importantes, marquant de grands moments historiques.
Au cours de l’année écoulée, le Président Xi Jinping a eu des entretiens importants et des discussions stratégiques avec les dirigeants des principaux pays du monde, inaugurant une nouvelle pratique du dialogue et de la coordination entre grands pays. Il s’est rendu en Asie du Sud-Est, en Russie, en Asie centrale et en République de Corée, consolidant la nouvelle dynamique du bon voisinage. Il a présidé le Sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai à Tianjin et le Forum Chine-CELAC, donnant une nouvelle impulsion à la solidarité du Sud global. Il a participé à la commémoration du 80e anniversaire de la victoire de la Guerre de Résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et de la Guerre mondiale antifasciste, faisant retentir une nouvelle fois le message de la défense de la paix et de la justice.
Au cours de l’année écoulée, la communauté internationale a pu mieux connaître et découvrir la Chine et avoir plus de confiance et d’attentes en elle grâce à la diplomatie de Chef d’État. De plus en plus de pays constatent que sous le pilotage du Président Xi Jinping et avec son engagement personnel, la diplomatie chinoise apporte à ce monde en turbulences la stabilité et la certitude les plus précieuses et est un pilier irremplaçable dans ce monde instable. Les initiatives et visions importantes avancées par le Président Xi Jinping illustrent sa clairvoyance stratégique et son engagement pour le bien de tous, indiquant la bonne orientation à suivre à notre monde en transformations inédites.
En 2026, le Président Xi Jinping accueillera des invités étrangers, présidera de grands événements organisés en Chine dont la Réunion des dirigeants des économies de l’APEC et le deuxième Sommet Chine-États arabes, et effectuera des déplacements importants à l’étranger. Ces activités permettront de promouvoir un développement encore meilleur des relations entre la Chine et le reste du monde et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité, de sorte que la nation chinoise apporte une nouvelle contribution à la paix et au développement dans le monde.

Sputnik News Agency : Face à la complexité de la situation internationale, comment la Chine et la Russie, qui sont deux grands pays, peuvent-elles lutter contre les tentatives visant à redéfinir le droit international et les règles du commerce international ?
Wang Yi : Cette année marque le 30e anniversaire de l’établissement du partenariat de coordination stratégique entre la Chine et la Russie et le 25e anniversaire de la signature du Traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération sino-russe. Dans une situation internationale incertaine et instable, les relations sino-russes ont toujours su rester constantes malgré les turbulences.
Quelle en est la raison ? C’est notamment parce que le partenariat de coordination stratégique sino-russe est dès le début basé sur l’égalité, le respect et le bénéfice partagé, qu’il reflète l’essence des relations internationales de type nouveau et qu’il fixe le cap pour les relations entre grands pays de type nouveau.
La Chine et la Russie sont dotées de l’indépendance stratégique. Les deux pays respectent depuis toujours les intérêts vitaux de part et d’autre, se gardent d’imposer la volonté ou l’agenda l’un à l’autre et poursuivent le principe de non-alliance, de non-confrontation et de non-hostilité envers les tierces parties.
La Chine et la Russie sont dotées de la haute confiance politique mutuelle. Basées sur le soutien mutuel, elles savent résister à toute tentative extérieure de division et de pression et possèdent une grande résilience stratégique.
La Chine et la Russie sont dotées de la coordination d’actions étroite. Sur les affaires régionales et internationales d’importance majeure, c’est entre la Chine et la Russie qu’il y a le plus grand consensus stratégique et la plus étroite coordination stratégique, y compris sur la défense des règles internationales et de l’ordre international que vous avez mentionnée.
L’ordre international d’après-guerre a traversé 80 ans d’épreuves et est arrivé à un nouveau tournant clé. L’an dernier, les deux Chefs d’État ont assisté aux commémorations de la victoire de la guerre antifasciste organisées par l’autre pays. Les deux parties ont publié trois déclarations conjointes importantes sur l’approfondissement de la coordination stratégique globale, la consolidation de la stabilité stratégique mondiale et la préservation de l’autorité du droit international, envoyant un message clair au monde, à savoir qu’il faut défendre inébranlablement la vision juste sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, en préserver les acquis de la victoire et rejeter l’unilatéralisme et l’intimidation. Il y a 80 ans, nous avons apporté la contribution sino-russe à l’établissement de l’ordre d’après-guerre. Aujourd’hui, 80 ans après, nous apporterons des énergies sino-russes à l’avènement d’un monde multipolaire.

Shenzhen Satellite TV : La Chine a annoncé qu’elle accueillerait en novembre 2026 à Shenzhen la 33e Réunion des dirigeants des économies de l’APEC. Quels en seront les résultats importants ?
Wang Yi : En 2026, la Chine accueillera l’APEC pour la troisième fois. De Shanghai en 2001 à Shenzhen en 2026 en passant par Beijing en 2014, l’APEC, depuis 25 ans, a été témoin des vicissitudes de la coopération régionale et de l’engagement constant de la Chine à avancer avec l’Asie-Pacifique.
En tant que pays hôte, la Chine travaillera à une mission essentielle : construire une communauté Asie-Pacifique par les actions concrètes pour traduire les perspectives en réalité. Cet objectif a été avancé il y a des dizaines d’années. Mais cette vision ne doit pas exister que sur le papier ni ne doit rester qu’une idée lointaine. Nous espérons qu’à Shenzhen, nous pourrons trouver la réponse, dégager le consensus, identifier les domaines prioritaires et adopter des mesures réalistes pour que la construction d’une communauté Asie-Pacifique réunisse un large consensus et un engagement concret des peuples de la région.
Après avoir eu d’étroites communications avec les différentes parties, nous avons décidé de placer l’APEC 2026 sous le thème « Construire une communauté Asie-Pacifique pour la prospérité partagée ». La réunion à Shenzhen fixe comme priorités l’ouverture, l’innovation et la coopération et permettra de définir le cap et de rassembler les énergies pour la coopération en Asie-Pacifique qui se trouve à la croisée des chemins. Nous travaillerons à bâtir les principaux piliers de la construction d’une communauté Asie-Pacifique, à coordonner les différentes pistes du processus de zone de libre-échange en Asie-Pacifique, à bien planifier l’interconnexion régionale et à promouvoir énergiquement la transformation numérique, intelligente et verte. Plus de 300 activités seront organisées pendant toute l’année dans de différentes villes en Chine, avec la participation de diverses provinces et villes. Les économies de l’APEC pourront toutes y apporter leur contribution.
Shenzhen est une vitrine importante de la réforme et de l’ouverture de la Chine, et du socialisme aux caractéristiques chinoises ainsi qu’un pôle de l’innovation dans la Grande Baie Guangdong-Hong Kong-Macao. La Chine entend travailler avec toutes les parties pour que l’APEC entame un nouveau départ depuis Shenzhen vers la construction d’une communauté Asie-Pacifique.

Phoenix TV : Les États-Unis et Israël ont mené de nouvelles frappes militaires contre l’Iran, et le conflit déborde sur toute la région du Moyen-Orient. Quelles sont vos propositions pour résoudre la question iranienne ?
Wang Yi : C’est une question qui préoccupe toutes les parties et un sujet central de l’actualité internationale. Adoptant une attitude objective et impartiale, la Chine a affirmé à plusieurs reprises sa position de principe, qui peut se résumer en un point : œuvrer au cessez-le-feu et à la cessation des hostilités. Un vieil adage chinois dit: « Les armes sont des dévastatrices, et y recourir exige la plus grande prudence ». Devant un Moyen-Orient en flammes de la guerre, je voudrais dire que c’est une guerre qui n’aurait pas dû avoir lieu et une guerre qui ne profite à aucune partie. L’histoire du Moyen-Orient nous enseigne encore et toujours que la force n’est pas la solution et les hostilités ne pourront que nourrir la haine et entraîner une nouvelle crise. La Chine appelle de nouveau à l’arrêt immédiat des opérations militaires pour prévenir l’escalade des tensions et le débordement de la guerre.
La Chine estime que la bonne gestion adéquate des questions liées à l’Iran et au Moyen-Orient doit poursuivre les principes fondamentaux suivants :
Premièrement, respecter la souveraineté nationale. La souveraineté est la pierre angulaire de l’actuel ordre international. Nous estimons que la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran et des autres pays du Golfe doivent être respectées et ne doivent souffrir aucune violation.
Deuxièmement, combattre l’abus de la force. La force n’est pas synonyme de raison. Le monde ne doit pas être régné de nouveau par la loi de la jungle. Le recours arbitraire à la force n’est pas la preuve de la puissance. Et les peuples ne doivent pas être sacrifiés par la guerre.
Troisièmement, poursuivre la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui. Les peuples du Moyen-Orient sont maîtres de la région et les affaires du Moyen-Orient doivent être décidées par les pays de la région en toute indépendance. Fomenter les révolutions de couleur et le changement de régime ne trouvera pas de soutien.
Quatrièmement, résoudre les dossiers brûlants par voie politique. Préconisant depuis toujours la primauté de l’harmonie, la Chine appelle les différentes parties à retourner rapidement à la table de négociations, à résoudre les divergences à travers un dialogue d’égal à égal et à œuvrer ensemble à la sécurité commune.
Cinquièmement, les grands pays doivent jouer un rôle constructif et exercer leur puissance avec bonne volonté. Comme dit un vieil adage chinois, en l’absence de la bienveillance et de la justice, les rapports entre l’attaque et la défense seront inversés. Les grands pays doivent défendre la justice et poursuivre la bonne voie pour apporter plus d’énergies positives à la paix et au développement au Moyen-Orient.
En tant qu’amie sincère et partenaire stratégique des pays du Moyen-Orient, la Chine souhaite travailler avec eux à mettre en œuvre l’Initiative pour la sécurité mondiale, afin de rendre l’ordre au Moyen-Orient, la tranquillité à ses peuples et la paix au monde.

Channel News Asia : L’an dernier, la Chine a avancé l’Initiative pour la gouvernance mondiale. Des observateurs estiment que le lancement de cette initiative par la Chine et sa participation à des mécanismes comme l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) et le BRICS traduisent sa volonté de jouer un rôle accru dans la gouvernance mondiale et de faire face directement aux politiques et mécanismes dominés par l’Occident. Que répondriez-vous ?
Wang Yi : Le monde d’aujourd’hui est confronté à la multiplication des défis planétaires. Le déficit de la gouvernance se creuse davantage et le multilatéralisme subit de graves chocs.
L’Initiative pour la gouvernance mondiale avancée par le Président Xi Jinping est d’une grande pertinence contemporaine. Elle a reçu, dès son lancement, l’écho favorable et le soutien de plus de 150 pays et organisations internationales. Au moment de son lancement, le Secrétaire général de l’ONU a souligné que la vision clé de cette initiative s’inscrivait dans la même ligne des valeurs poursuivies par l’ONU. Le Groupe des amis de la gouvernance mondiale a été créé, à l’initiative de la Chine, au siège de l’ONU à New York et à son office à Genève. De nombreux pays, notamment les pays du Sud global, l’ont rejoint.
Pourquoi cette initiative a-t-elle cette force fédératrice ? C’est notamment parce que les cinq principes qu’elle souligne, à savoir l’égalité souveraine, l’état de droit international, le multilatéralisme, la primauté du peuple et les actions concrètes, répondent aux aspirations communes de la communauté internationale et aux attentes partagées de tous les peuples.
Le message le plus clair de cette initiative, c’est que la place principale de l’ONU doit être maintenue et non ébranlée et son rôle central doit être renforcé et non affaibli. L’ONU n’est pas parfaite, mais sans l’ONU, le monde sera pire. Créer un système parallèle et alternatif à l’ONU, voire monter de petits groupes et de petits cercles, n’auront ni soutien ni avenir.
L’exigence la plus claire de cette initiative, c’est que l’ONU doit se mettre en phase avec notre temps, perfectionner le système de gouvernance par la réforme et s’adapter à l’évolution de la situation internationale et au changement du rapport de forces mondial du 21e siècle. Il faut surtout renforcer le droit à la parole et la représentation des pays du Sud global, refléter davantage les revendications justes des pays en développement et poursuivre l’objectif de construire un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable.
La Chine est membre fondateur de l’ONU et défenseur résolu de la cause onusienne. En tant que plus grand pays en développement, nous sommes plus conscients des attentes ardentes des pays du Sud global. Les mécanismes auxquels nous avons participé, tels que l’OCS et le BRICS, considèrent tous le respect scrupuleux de la Charte des Nations Unies comme le premier guide de leurs actions et explorent et accumulent des expériences utiles pour la réforme et le perfectionnement de la gouvernance mondiale. La Chine appelle davantage de pays à rejoindre et à soutenir l’Initiative pour la gouvernance mondiale pour revitaliser l’ONU, la préserver et la renforcer.

CNN : Les relations entre les États-Unis et la Chine ont connu des hauts et des bas depuis le retour du Président Donald Trump à la Maison blanche. Sa visite en Chine prévue vers la fin de mars est très attendue. Dans quelle mesure sera-t-elle affectée par les frappes sur l’Iran menées par les États-Unis et Israël ? Qu’attend la Chine de la visite de Donald Trump et du développement futur des relations sino-américaines ?
Wang Yi : Les relation sino-américaines ont des répercussions sur toutes les parties et revêtent une portée mondiale. L’absence d’échanges entre les deux pays ne mène qu’aux malentendus et aux erreurs d’appréciation, et aller vers le conflit et la confrontation nuira au monde entier. La Chine et les États-Unis sont tous les deux grands pays. Aucun des deux pays ne peut changer l’autre partie, mais ils peuvent changer leur façon de s’entendre. Ils doivent poursuivre le respect mutuel, respecter la ligne rouge de la coexistence pacifique et œuvrer aux perspectives de coopération gagnant-gagnant. Cela est dans l’intérêt des deux peuples et répond aux attentes de la communauté internationale.
Nous nous réjouissons de voir que l’engagement personnel des deux Chefs d’État a permis de maintenir de bons échanges au plus haut niveau, apportant une importante garantie stratégique à l’amélioration et au développement des relations sino-américaines qui ont traversé des hauts et des bas et en favorisant une stabilité globale. Cette année sera une année importante pour les relations sino-américaines, et l’agenda des échanges de haut niveau est sur la table. Dès à présent, les deux parties doivent faire des préparatifs minutieux, créer un environnement adapté, gérer les risques existants et éviter toute perturbation inutile. L’attitude de la Chine est depuis toujours active et ouverte. Il est essentiel que les États-Unis travaillent dans le même sens. Je suis sûr qu’avec la sincérité et la confiance, la Chine et les États-Unis pourront allonger la liste de la coopération et raccourcir la liste des problèmes, obtenir, sous le pilotage stratégique des deux Chefs d’État, des résultats satisfaisants pour les deux peuples et des consensus salués par la communauté internationale, de sorte à faire de l’année 2026 une année phare marquée par un développement sain, stable et durable des relations sino-américaines.

Associated Press of Pakistan : Nous avons noté que le voisinage de la Chine n’était pas tranquille l’année dernière. La situation politique dans plusieurs pays a connu des changements et les tensions et différends entre les pays de la région se sont multipliés. Comment la Chine voit-elle la situation dans son voisinage ?
Wang Yi : La solidarité et l’entraide sont une tradition chinoise et le bon voisinage fait partie de la culture chinoise. Nous accordons depuis toujours la première priorité au voisinage dans la diplomatie chinoise. À l’ère nouvelle, le Président Xi Jinping a avancé le principe d’amitié, de sincérité, de bénéfice mutuel et d’inclusion pour les relations de la Chine avec ses pays voisins. L’année dernière, le Comité central du PCC a tenu sa première conférence sur le travail relatif au voisinage, qui a affirmé l’objectif de construire une communauté d’avenir partagé avec les pays voisins. Cela démontre que notre connaissance du voisinage et l’importance que nous y accordons n’ont cessé de s’approfondir, ce qui a reçu l’adhésion et le soutien de nos pays voisins.
À l’heure où le monde est entré dans une période de turbulences, l’Asie a su maintenir une stabilité globale et un développement rapide, avec une contribution à hauteur de plus de 60% à la croissance mondiale l’année dernière. Ce résultat chèrement acquis est le fruit des efforts communs de la Chine et de ses pays voisins. Certes, la situation politique des pays de la région connaît des changements et il existe entre eux des problèmes complexes et sensibles légués par l’histoire. Mais les fondamentaux de l’amitié et du bon voisinage n’ont pas changé et l’orientation de la coopération gagnant-gagnant n’a pas varié.
Une raison cruciale qui explique le maintien de la paix et de la stabilité dans le voisinage, c’est que la Chine reste attachée à sa politique en faveur de l’amitié, de la sécurité et de la prospérité dans le voisinage, poursuit le principe d’amitié, de sincérité, de bénéfice mutuel et d’inclusion pour un avenir commun et porte le régionalisme ouvert et le véritable multilatéralisme. Si la Chine se comportait comme certaines puissances traditionnelles en définissant des sphères d’influence dans le voisinage, en incitant à la confrontation des blocs, voire en cherchant des intérêts égoïstes aux dépens de ses voisins, l’Asie serait-elle aussi stable qu’aujourd’hui ? La communauté internationale pourrait-elle encore partager les opportunités du développement de l’Asie ? Les faits ont prouvé que la Chine était depuis toujours un stabilisateur de la sécurité régionale, un moteur du développement et de la prospérité et un promoteur des valeurs communes asiatiques. Nous sommes heureux de jouer un tel rôle et entendons y contribuer davantage.

China News Service : Maintenant qu’il y a de plus en plus d’entreprises et de ressortissants chinois à l’étranger, et que les intérêts de la Chine ne cessent de s’étendre en outre-mer, la diplomatie chinoise porte une plus lourde responsabilité au service du peuple. Que fera le Ministère des Affaires étrangères pour mieux protéger les droits et intérêts légitimes des ressortissants et entreprises chinois en outre-mer ?
Wang Yi : Servir le peuple est un engagement constant de la diplomatie de la Chine nouvelle. Développer le système de la protection des ressortissants et des intérêts chinois en outre-mer est un objectif auquel travaillent inlassablement les diplomates chinois à l’ère nouvelle.
Durant l’année écoulée, nous avons géré plus de cent urgences majeures liées aux ressortissants ou établissements chinois à l’étranger, traité plus de 79 000 cas de protection et d’assistance consulaires, répondu à plus de 600 000 appels sur la ligne verte 12308 et émis plus de 3 000 alertes de sécurité. Nous avons sauvé plus de 50 citoyens chinois enlevés et pris en otage en Afrique, combattu en collaboration avec des pays voisins les activités de jeux d’argent en ligne et de fraude aux télécommunications et rapatrié plusieurs dizaines de milliers de personnes.
Durant l’année écoulée, nous avons protégé résolument les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises en outre-mer. D’un côté, nous avons travaillé auprès des autorités des pays d’accueil pour qu’ils assurent la sécurité des personnels et projets chinois. De l’autre, nous avons riposté fermement à la répression injustifiée ciblant les entreprises chinoises et les avons aidées à renforcer les capacités à se prémunir des risques et à se défendre par voie juridique. Ayant à cœur leurs missions, beaucoup de nos diplomates sont longtemps engagés dans des zones de conflits et d’instabilité, exposés quotidiennement à d’importants risques épidémiques, et même obligés de vivre et travailler dans des baraques en conteneurs ou en haute altitude, exposés à l’hypoxie. Mais ils travaillent tous avec dévouement à remplir leur devoir. En ce moment-même, nos Ambassades et Consulats en Iran et dans les pays du Golfe se mobilisent entièrement pour évacuer les ressortissants chinois et assurer leur sécurité. Le message que nous voulons faire passer, c’est que les diplomates chinois sont là où flotte le drapeau national. La sollicitude et l’engagement du Parti et du gouvernement sont là où les attentes et besoins de nos compatriotes sont signalés.
Je voudrais dire à nos compatriotes à l’étranger, nous sommes dans un monde en turbulences, mais vous avez derrière vous une patrie forte et stable. Nous continuerons de placer le peuple au-dessus de tout, de renforcer nos capacités de garantie de la sécurité à l’étranger et de développer un système de prévention de risques sécuritaires à couverture mondiale.

China Daily : Comment voyez-vous le rôle d’orientation des pays du Sud global dans la réforme du système de la gouvernance mondiale ? Depuis le début de cette année, la situation internationale a connu des changements majeurs avec la montée de l’unilatéralisme et de la loi du plus fort. Comment réaliser le renforcement dans l’unité du Sud global que préconise la Chine depuis toujours ?
Wang Yi : L’émergence collective du Sud global est un trait marquant des transformations majeures que traverse notre monde. Le Sud global représente plus de 40% de l’économie mondiale contre 24% il y a 40 ans, devenant un moteur clé dans l’avènement d’un monde multipolaire.
À l’heure actuelle, l’hégémonisme et la politique du plus fort sévissent et bouleversent gravement l’ordre international existant. Le Sud global doit renforcer la communication et la coordination, préserver ensemble ses droits et intérêts légitimes et élargir son espace de développement autonome.
Le Sud global est un acteur émergent et actif pour le bien sur la scène internationale. Plus le monde est incertain et instable, plus le Sud global doit raffermir la confiance, renforcer la solidarité et la coopération et porter l’étendard de la paix, du développement et de la coopération gagnant-gagnant. Il nous faut également valoriser les plateformes importantes comme le BRICS, l’OCS ainsi que le Groupe des 77 et la Chine pour faire entendre la voix de la paix et donner des impulsions au développement.
Le multilatéralisme est d’une importance vitale pour les pays du Sud global. Le Sud global doit encourager la communauté internationale à porter le véritable multilatéralisme et à défendre le système international centré sur l’ONU et l’ordre international fondé sur le droit international. Les affaires du monde doivent être gérées par tous les pays à travers la concertation et les règles internationales doivent être définies par tous les pays.
Le développement du Sud global a besoin d’un environnement international de coopération ouverte. Nous devons œuvrer à une mondialisation économique bénéfique pour tous et inclusive et à la construction d’une économie mondiale ouverte, défendre fermement le système commercial multilatéral pour partager les opportunités et réaliser les bénéfices partagés dans l’ouverture.
Ayant toujours son cœur et ses racines dans le Sud global, la Chine entend travailler avec les autres pays du Sud global à avancer main dans la main sur la voie de la modernisation et à construire une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.

EFE News Agency : Le retour de Donald Trump a forcé l’Europe à revoir sa réticence à l’égard de la Chine. Ces derniers mois, plusieurs dirigeants européens ont visité la Chine. Est-ce que ces visites sont un signal du renforcement de l’autonomie stratégique européenne ?
Wang Yi : Depuis l’année dernière, les relations de la Chine avec les pays européens se réchauffent. Le volume de leurs échanges commerciaux a dépassé 1 000 milliards de dollars américains et plus de deux millions de touristes européens ont bénéficié de l’exemption de visa pour venir en Chine. Plusieurs dirigeants européens sont venus en visite en Chine. Les échanges entre les deux parties se sont intensifiés. De nouveaux accords de coopération ont été signés. Comme les faits l’ont prouvé, la stabilité des relations sino-européennes vient des intérêts communs et la certitude, d’une coopération mutuellement bénéfique.
Sur le développement des relations sino-européennes, la position de la Chine est claire. Nous sommes depuis toujours d’avis que l’Europe est naturellement l’un des pôles sur l’échiquier multipolaire, une force importante pour préserver la stabilité de l’ordre international et un partenaire clé dans la réalisation de la modernisation à la chinoise. La clé de la stabilité et de la dynamique des relations sino-européennes, c’est une juste perception européenne de la Chine. Comme nous l’avons noté, de plus en plus de personnalités clairvoyantes en Europe partagent l’avis que la Chine est un partenaire global mais non un rival. Surtout, les jeunes Européens voient la Chine de manière plus objective et plus positive.
Les relations économiques et commerciales sino-européennes reposent au fond sur la valorisation de la complémentarité et peuvent tout à fait réaliser un équilibre dynamique dans le processus de développement. La coopération sino-européenne démontre que l’interdépendance n’est pas un risque, l’entrelacement des intérêts ne représente pas une menace, la coopération ouverte n’affaiblit pas la sécurité économique et la construction des murs et des barrières ne conduit qu’à l’isolement de soi-même. Nous serons heureux de voir nos amis européens renoncer au protectionnisme et venir sur le marché chinois pour se renforcer et accroître la compétitivité.

CGTN : Le conflit palestino-israélien persiste et le cessez-le-feu à Gaza est fragile. Les États-Unis ont proposé un « conseil de la paix » pour régler la question de Gaza et déterminer les arrangements d’après-guerre. Que fera la Chine pour promouvoir le règlement effectif de la question palestinienne ?
Wang Yi : La situation à Gaza touche aux principes fondamentaux de la justice internationale. Les efforts de la communauté internationale en faveur d’un cessez-le-feu à Gaza sont à saluer. Mais les efforts persévérants restent nécessaires pour consolider le cessez-le-feu, faire progresser la reconstruction et régler de manière globale et durable la question palestinienne.
Il n’y a qu’une solution équitable et largement reconnue à la question palestinienne. C’est la solution à deux États. Tout autre arrangement ou nouveau mécanisme doit la favoriser et non la saboter. La communauté internationale ne peut accepter une nouvelle marginalisation de la question palestinienne. L’ONU, plus que tout autre, a la responsabilité de jouer un rôle primordial dans ce processus.
L’instabilité et la guerre ne doivent pas être une fatalité pour les Palestiniens. Comme les peuples des autres régions du monde, le peuple palestinien a également le droit légitime à une vie à l’abri de la guerre et au développement pacifique. La Chine, en tant que grand pays responsable, demeurera engagée pour la juste cause de la Palestine visant à défendre les droits légitimes de la nation et œuvrera pour que la communauté internationale rende la justice au peuple palestinien.
NBC : La Chine accepte-t-elle le format du « G2 » comme un cadre pour la Chine et les États-Unis de relever les défis planétaires ? Sinon, quel plan alternatif proposera-t-elle pour éviter la confrontation avec les États-Unis et convaincre le monde qu’une Chine plus puissante n’aura pas l’intention de renverser le système international actuel ?
Wang Yi : Il est vrai que la Chine et les États-Unis ont une grande influence dans le monde. Pourtant, nous ne devons pas oublier qu’il existe plus de 190 pays sur notre planète, que l’histoire du monde est écrite par tous les pays et que l’avenir de l’humanité est bâti par tous les peuples. L’harmonie dans la diversité est la nature même de la société humaine et l’échiquier international doit être marqué par la multipolarité.
Dans l’histoire, la dispute d’hégémonie entre grandes puissances et la confrontation des blocs ont, à chaque fois, infligé des catastrophes et souffrances à l’humanité. Pour cette raison, la Chine n’empruntera jamais le vieux chemin de la recherche de l’hégémonie ni n’approuve la logique selon laquelle le monde doit être géré par grands pays. La Constitution de la Chine stipule qu’il faut poursuivre la politique étrangère d’indépendance et la voie du développement pacifique. Les dirigeants chinois ont souligné à maintes reprises dans des enceintes internationales que quels que soient l’évolution de la situation internationale et le niveau de développement du pays, la Chine ne prétendrait jamais à l’hégémonie ni à l’expansion.
Concernant l’évolution de l’échiquier international, la Chine propose de construire un monde multipolaire égal et ordonné. « Égal » signifie que tous les pays, grands ou petits, puissants ou faibles, sont membres égaux de la communauté internationale et que chacun peut avoir sa place et jouer son rôle dans un monde multipolaire. « Ordonné » signifie que tous les pays doivent observer les règles internationales universellement reconnues, à savoir les buts et principes de la Charte des Nations Unies et les normes fondamentales régissant les relations internationales.
La construction d’un monde multipolaire égal et ordonné doit être une responsabilité commune de tous les pays. Dotés de moyens et de capacités plus importants, les grands pays doivent, plus que les autres, faire preuve d’engagement et de sens des responsabilités et donner l’exemple en observant les règles, en tenant la parole et en respectant l’état de droit. La Chine sera toujours un acteur constructif dans un monde en transformations et accueillera avec tous les autres pays l’avènement d’un monde multipolaire.

Brasil de Fato : La Stratégie de sécurité nationale que les États-Unis ont publiée l’année dernière a indiqué que leur priorité était d’intervenir dans les relations entre la Chine et l’Amérique latine par la pression sur les pays de la région. Comment y répondra la Chine ?
Wang Yi : Sur la scène internationale du 21e siècle, il ne faut plus jouer les pièces de théâtre du 19e siècle. Les ressources de l’Amérique latine et des Caraïbes appartiennent aux peuples de la région. La voie que suivent les pays d’ALC doit être choisie par leurs peuples. Les amitiés qu’ils souhaitent nouer sont décidées par eux-mêmes.
La coopération Chine-ALC est l’entraide et le soutien mutuel entre les pays du Sud global. Au cours des 50 ans écoulés, les relations Chine-ALC ont connu un développement rapide, notamment parce que la Chine respecte depuis toujours les peuples d’ALC et poursuit l’égalité et le bénéfice partagé avec les pays d’ALC. Nous n’avons jamais eu de calculs géopolitiques. Nous ne nous sommes jamais ingérés dans les affaires intérieures d’autrui. Et nous n’avons jamais demandé aux autres de prendre parti. Lors de la Conférence ministérielle du Forum Chine-CELAC en 2025, les deux parties ont lancé ensemble les Programmes pour la solidarité, le développement, la civilisation, la paix et les échanges humains, dessinant les perspectives de la modernisation de la Chine et des pays d’ALC.
La coopération Chine-ALC ne vise aucune tierce partie, ni ne doit être perturbée par une tierce partie. Nous sommes pleinement confiants dans l’avenir des relations Chine-ALC. Quelle que soit l’évolution de la situation, la Chine est prête à travailler avec les pays de la région pour promouvoir solidement la construction d’une communauté d’avenir partagé Chine-ALC et le partenariat de coopération globale Chine-ALC au plus grand bénéfice des peuples des deux parties.
Agence Xinhua : Quelles sont les mesures innovantes que prendra le Ministère des Affaires étrangères pour axer ses efforts sur le XVe Plan quinquennal et servir la modernisation à la chinoise par le développement de qualité ?
Wang Yi : Le XVe Plan quinquennal dresse de nouvelles perspectives du développement de la Chine et offre de nouvelles perspectives à la coopération gagnant-gagnant entre la Chine et le monde. En cette année qui marque le début du XVe Plan quinquennal, la diplomatie chinoise travaillera activement à coordonner les ressources diplomatiques en vue de créer un environnement extérieur plus favorable au développement de qualité et à la modernisation à la chinoise. Nos priorités sont les suivantes :
Premièrement, nous continuerons de favoriser l’ouverture de haut niveau. Nous saisirons l’opportunité offerte par les échanges de haut niveau et les agendas diplomatiques majeurs pour faire avancer la coopération de qualité dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route », élargir le réseau de zones de libre-échange de haut standard, préserver la stabilité et la fluidité des chaînes industrielles et d’approvisionnement et travailler à ce que les entreprises chinoises bénéficient d’un environnement d’affaires équitable, ouvert et non discriminatoire dans leur développement à l’international.
Deuxièmement, nous continuerons de faciliter la mobilité humaine. Nous avons appliqué l’exemption unilatérale de visas pour 50 pays et l’exemption mutuelle de tous les types de visas avec 29 pays. L’année dernière, jusqu’à 73% des ressortissants étrangers voyageant en Chine ont bénéficié de l’exemption de visa. Nous continuerons d’optimiser les mesures de facilitation de la mobilité humaine, d’amplifier les effets de l’exemption de visa et de perfectionner les services d’accompagnement, afin que les amis du monde entier puissent voyager et vivre en Chine dans des conditions plus pratiques et plus confortables et que nos compatriotes puissent bénéficier de plus de facilités et de sécurité à l’étranger. .
Troisièmement, nous continuerons de bâtir de nouvelles vitrines de l’ouverture et de l’interconnexion. Nous œuvrerons à la montée en gamme des voyages en province des diplomates accrédités en Chine, accélérerons la mise en place d’une plateforme d’informations pour le développement de qualité à la lumière du XVe Plan quinquennal et accompagnerons les collectivités locales dans leur démarche visant à accéder aux ressources internationales, à échanger des expériences en matière de gouvernance et à élargir leur coopération extérieure pour davantage mettre notre action diplomatique au service de leur développement.

News Agency of Nigeria : Cette année marque le 70e anniversaire de l’inauguration des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique. C’est aussi l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels. En cette année particulière, quels seront les nouveaux progrès et les temps forts des relations sino-africaines ?
Wang Yi : Durant les 70 ans écoulés, l’amitié sino-africaine a su résister aux aléas internationaux et démontrer sa forte vitalité. Chaque année, le ministre chinois des Affaires étrangères réserve à l’Afrique son premier déplacement à l’étranger. Cet engagement constant de 36 ans incarne l’esprit et la conviction de la diplomatie chinoise. Au début de cette année, lors de ma visite en Éthiopie, on a évoqué les moments d’émotion de la visite en Afrique du Premier Ministre Zhou Enlai. En Tanzanie, j’ai constaté que l’histoire du chemin de fer Tanzanie-Zambie construit par la Chine était largement répandue. Beaucoup de jeunes ingénieurs et techniciens chinois ont donné leur vie et à jamais reposent en cette terre. On peut dire que l’amitié sino-africaine est bâtie et transmise par des Chinois et Africains de génération en génération grâce à leur dévouement désintéressé et sacrifice considérable.
À l’ère nouvelle, le Président Xi Jinping, très attaché aux relations sino-africaines, a avancé le principe de sincérité, de résultats effectifs, d’amitié et de bonne foi et la vision de la recherche du plus grand bien et des intérêts partagés, portant la coopération sino-africaine à une nouvelle hauteur. Pendant les deux premiers mois de l’année, il a écrit trois messages à nos frères africains : un message de félicitations pour la cérémonie d’ouverture de l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels, une lettre aux vétérans de la lutte pour la libération du Zimbabwe et un message de félicitations au Sommet de l’Union Africaine pour la 14e année consécutive. Ces messages illustrent le vif souhait du plus haut dirigeant chinois pour une transmission perpétuelle de l’amitié sino-africaine et démontrent le soutien ferme de la Chine au développement et au redressement de l’Afrique.
Les relations sino-africaines connaîtront cette année de nouveaux progrès, notamment dans les trois domaines suivants :
Premièrement, la construction d’une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique franchira de nouveaux pas. Nous accueillerons plusieurs dirigeants africains en Chine, ce qui permettra de renforcer le soutien mutuel entre la Chine et l’Afrique, partenaires de tout temps, et d’inscrire de nouvelles pages dans leur avenir partagé.
Deuxièmement, la Chine mettra en œuvre à tous les pays africains le traitement du tarif douanier zéro à 100% de catégories de produits africains à partir du 1er mai 2026. Avec l’ouverture de haut niveau de la Chine, nous travaillerons à l’augmentation du commerce et à l’amélioration du bien-être de la population par la réduction tarifaire pour apporter plus d’opportunités à l’Afrique grâce à l’immense marché chinois.
Troisièmement, l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels a été lancée, dans le cadre de laquelle près de 600 activités riches et variées seront organisées. Nous entendons travailler avec nos frères africains à approfondir l’inspiration mutuelle entre civilisations et à favoriser le rapprochement des peuples pour que l’amitié sino-africaine soit transmise de génération en génération.
Quotidien du Peuple : Face à la montée de la démondialisation, que fera la Chine pour lutter contre le protectionnisme, mieux partager les opportunités avec le reste du monde et orienter une croissance durable et stable de l’économie mondiale ?
Wang Yi : L’économie mondiale rencontre des vents contraires et la mondialisation se heurte à des contre-courants. Certain pays impose arbitrairement des barrières tarifaires, le découplage et la rupture des chaînes d’approvisionnement. Cela revient à porter de la bûche au feu et finira par nuire à soi-même. Comme l’a dit le Président Xi Jinping, il est impossible et anachronique de canaliser les eaux de l’océan de l’économie mondiale dans des lacs isolés. Pratiquer le protectionnisme, c’est s’enfermer dans une chambre noire. On se protège peut-être du vent et de la pluie, mais on se prive aussi de lumière et d’air.
Les problèmes de la mondialisation économique ne sauraient être résolus que par un développement plus durable et une gouvernance plus équitable et plus efficace. Dans cet esprit, le Président Xi Jinping a appelé à promouvoir une mondialisation économique bénéfique pour tous et inclusive. L’objectif est d’agrandir le gâteau de la mondialisation économique et surtout d’en assurer une meilleure répartition. Le principe est de ne laisser aucun pays en arrière et d’arrêter le creusement du fossé entre riches et pauvres. La voie à suivre est de promouvoir la valorisation de la complémentarité et le partage des opportunités dans le développement ouvert, et de favoriser le développement et le succès de tous dans la convergence d’intérêts.
La Chine honore cet engagement par des actions concrètes. Au cours des cinq dernières années, l’économie chinoise a réalisé une croissance annuelle moyenne de 5,4% et continué de contribuer à environ 30% à la croissance mondiale, dépassant le G7 réuni. Dans l’avenir, la Chine, le plus grand marché potentiel de consommation et la plus grande économie émergente au monde, disposera de meilleures conditions pour assurer une bonne performance économique sur le long terme et s’inscrira dans une tendance consolidée à une croissance durable. L’économie chinoise sera toujours le moteur le plus stable de la croissance mondiale.
La grandeur d’un pays repose sur sa contribution au monde. La Chine élargira son ouverture de haut niveau pour non seulement assumer sa responsabilité d’atelier du monde, mais aussi jouer son rôle de marché du monde. Nous travaillerons résolument à soutenir la libéralisation et la facilitation du commerce et de l’investissement, à préserver la stabilité et la fluidité des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales, à sauvegarder le système commercial multilatéral centré sur l’OMC et à défendre l’ordre économique et commercial international équitable et ouvert. Par ces efforts, nous apporterons une nouvelle contribution chinoise à la réalisation d’une croissance mondiale forte et durable.

Kyodo News : En novembre dernier, la Chine a exprimé sa forte protestation vis-à-vis des propos tenus par la Première Ministre japonaise Takaichi Sanae au sujet de Taiwan, et les échanges entre le Japon et la Chine sont à l’arrêt depuis. Dans quel sens la Chine espère-t-elle que les relations entre les deux pays évolueront en 2026 ?
Wang Yi : L’évolution des relations sino-japonaises dépend du choix du Japon.
L’année 2025 a marqué le 80e anniversaire de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise. En cette année particulière, le Japon aurait dû se repentir profondément de la voie erronée qu’il avait empruntée, y compris son passé d’agression et de colonisation de Taiwan. Pourtant, l’actuelle dirigeante japonaise a déclaré publiquement que tout problème de Taiwan constituerait une « menace pour la survie » du Japon qui justifierait l’exercice du prétendu droit à l’autodéfense collective. Il est connu de tous que l’exercice du droit à l’autodéfense a pour condition préalable que le pays fasse l’objet d’une attaque armée. Les affaires de Taiwan relèvent des affaires intérieures de la Chine. En quelle qualité le Japon peut-il y intervenir ? Comment un problème survenu à Taiwan, région de Chine, pourrait-il justifier l’exercice par le Japon de son droit à l’autodéfense ? Le prétendu droit à l’autodéfense collective est-il un moyen pour vider la Constitution pacifiste du pays qui consacre le renoncement de son droit de belligérance ? Cela nous rappelle les nombreuses agressions lancées sous prétexte de la « menace pour la survie » par le militarisme japonais et ne peut que susciter chez le peuple chinois et tous les autres peuples asiatiques une grande vigilance et une vive inquiétude : Où ira le Japon ?
Cette année marque un autre 80e anniversaire, celui du début du procès de Tokyo. Il y a 80 ans, les juges venant de 11 pays, après deux ans et demi de procès et par d’innombrables preuves irréfutables, ont mis au grand jour les crimes abominables commis par le militarisme japonais. C’est la conscience de l’humanité que le procès a interpellée et c’est la justice de l’Histoire qu’il a rendue. 80 ans après, l’Histoire donne au Japon une nouvelle occasion pour l’examen de sa conscience. Tirer les leçons de l’histoire permet de comprendre l’ascension et le déclin d’une nation et le passé peut servir de guide pour l’avenir. Nous espérons que le peuple japonais pourra voir clair pour ne pas laisser certains, qui se surestiment, répéter les erreurs du passé. La Chine, qui s’est renforcée, ainsi que les 1,4 milliard de Chinois ne permettent jamais que quiconque puisse encore plaider pour la colonisation et réhabiliter l’agression.
Antara News Agency : Les Philippines ont pris la présidence de l’ASEAN de 2026. Comment la Chine voit-elle les perspectives de la conclusion avec les pays de l’ASEAN d’un Code de conduite en Mer de Chine méridionale (COC) ?
Wang Yi : La Mer de Chine méridionale est la route maritime la plus empruntée pour le transport de marchandises et la voie de navigation la plus sûre et la plus libre au monde. Durant l’année écoulée, la coopération en mer a maintenu une bonne dynamique. La Chine a eu des discussions approfondies avec l’Indonésie sur l’exploitation commune en mer, tenu avec la Malaisie un dialogue bilatéral sur les questions maritimes et mené avec le Viet Nam une coopération sur le développement durable de la pêche. Il y a peu de temps, les garde-côtes chinois ont sauvé une dizaine de marins philippins en détresse en Mer de Chine méridionale. Cela démontre pleinement que ce sont la paix, la coopération et l’amitié qui prévalent en Mer de Chine méridionale. Les actes de déstabilisation ne trouvent pas d’écho ni de marché.
La stabilité de long terme en Mer de Chine méridionale nécessite une garantie institutionnelle solide. Sur la base de la mise en œuvre continue et effective de la Déclaration sur la conduite des Parties en Mer de Chine méridionale, les consultations sur le COC sont entrées dans une phase cruciale. Les différentes parties ont exprimé leur souhait de conclure les consultations d’ici fin d’année. La Chine a la confiance et la détermination pour travailler avec les différentes parties à écarter les perturbations, à rechercher des terrains d’entente et à régler les divergences en vue de parvenir rapidement à un consensus et de fournir des « règles d’or » effectives en faveur de la gestion des divergences, du renforcement de la confiance mutuelle et de la promotion de la coopération.
Nous espérons également que les Philippines pourront, dans leur présidence de l’ASEAN, prendre conscience de leurs responsabilités, résister aux intérêts égoïstes, faire preuve d’engagement et jouer un rôle actif et positif dans la paix et la stabilité dans la région.

Press Trust of India : Après avoir connu cinq années mouvementées, les relations entre l’Inde et la Chine sont aujourd’hui sur la voie de la normalisation. L’Inde assume cette année la présidence tournante des BRICS. Comment voit la Chine les avancées des relations bilatérales et leur avenir ?
Wang Yi : En août dernier, le Président Xi Jinping a eu un entretien réussi avec le Premier Ministre Narendra Modi à Tianjin, permettant un meilleur développement des relations sino-indiennes après le nouveau départ à Kazan. Les deux parties ont mis en œuvre solidement le consensus important dégagé entre les deux dirigeants. Les échanges se sont renforcés à différents niveaux. Le commerce bilatéral a enregistré un nouveau record. Les échanges humains et culturels se sont intensifiés. Ce qui a apporté des bénéfices substantiels aux deux peuples.
La Chine et l’Inde sont l’une pour l’autre pays voisin important. Toutes deux membres du Sud global, elles ont de profonds liens culturels et de larges intérêts communs. La confiance mutuelle et la coopération entre les deux pays favorisent le développement commun, alors que leur division et confrontation n’aident en rien au redressement de l’Asie. Les deux pays doivent suivre le cap fixé par les deux dirigeants, écarter les perturbations et travailler dans le même sens. Premièrement, il faut poursuivre une perception stratégique juste et considérer l’un l’autre comme un partenaire et non un rival, une opportunité et non une menace. Deuxièmement, il faut œuvrer au bon voisinage et défendre ensemble la paix et la stabilité dans la région frontalière. Troisièmement, il faut se concentrer sur le plus grand dénominateur commun qu’est le développement et travailler à ce que la coopération pragmatique aboutisse à plus de résultats visibles. Quatrièmement, il faut faire preuve de sens des responsabilités et de soutien mutuel dans les travaux de la présidence des BRICS en 2026 et 2027 afin d’apporter un nouvel espoir aux pays du Sud global par une coopération des BRICS plus fructueuse.
China Review News Agency : Ces derniers temps, les autorités de Lai Ching-te ont prétendu à maintes reprises que Taiwan était un « État souverain et indépendant » et que la question de Taiwan ne relevait pas des affaires intérieures de la Chine. Les tensions continuent de monter sur la question de Taiwan et la situation du Détroit. Quelle est votre évaluation ?
Wang Yi : Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois depuis l’antiquité. Il n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais un pays. Le retour de Taiwan à la Chine est un acquis de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise de même que de la victoire de la Seconde Guerre mondiale. La Déclaration du Caire, la Proclamation de Potsdam, l’Acte de capitulation du Japon, la résolution 2758 de l’Assemblée générale de l’ONU et d’autres instruments juridiques internationaux ont verrouillé le statut de Taiwan. Toute tentative de créer « deux Chine » ou « une Chine, un Taiwan » sur le plan international est vouée à l’échec.
Les autorités du Parti démocrate progressiste qui s’obstinent dans la position sécessionniste visant l’« indépendance de Taiwan » constituent la source des problèmes qui sabotent la paix et la stabilité du Détroit. Comme les faits l’ont maintes fois prouvé, plus l’opposition de la communauté internationale aux activités sécessionnistes visant l’« indépendance de Taiwan » est claire et plus son attachement au principe d’une seule Chine est ferme, mieux la paix et la stabilité du Détroit sont garanties.
La question de Taiwan relève des affaires intérieures de la Chine et est au cœur même des intérêts vitaux du pays. C’est une ligne rouge à ne pas franchir ni violer. Nous ne laisserons aucun individu ni aucune force séparer Taiwan, recouvré depuis plus de 80 ans, de la Chine. La communauté internationale a bâti l’écrasant consensus qu’il n’y a qu’une seule Chine dans le monde. De plus en plus de pays se tiennent du côté de la Chine pour non seulement réaffirmer leur attachement au principe d’une seule Chine et reconnaître Taiwan comme partie du territoire chinois, mais aussi s’opposer clairement à tout acte sécessionniste visant l’« indépendance de Taiwan » et soutenir la réunification de la Chine. Cela démontre pleinement que l’opposition à l’« indépendance de Taiwan » et la réunification de la Chine répondent au courant de notre époque et aux attentes de la communauté internationale.
Le règlement de la question de Taiwan et la réalisation de la réunification complète de notre patrie constituent une tendance historique irrésistible. Ceux qui la suivent prospéreront et ceux qui s’y opposent périront.

Global Times : Dans le monde d’aujourd’hui, les tensions et les conflits s’exacerbent, et la concurrence et la confrontation s’intensifient. Pourquoi la diplomatie chinoise a-t-elle choisi comme objectif de construire une communauté d’avenir partagé pour l’humanité ?
Wang Yi : C’est vrai que l’humanité se trouve, comme vous l’avez dit, dans une époque pleine de défis. Dans l’histoire, quelles que soient les difficultés auxquelles le monde était confronté, il y a toujours eu des pionniers en quête inlassable d’idéaux et de lumières. La vision de la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité avancée par le Président Xi Jinping illustre la clairvoyance et la largeur d’esprit du leader d’un grand pays, et répond à l’interrogation de notre temps sur l’avenir de l’humanité. Elle fait connaître au monde que nous ne sommes pas ennemis les uns des autres, que nos ennemis sont la guerre, la pauvreté, la famine et l’injustice, que personne ne peut s’en sortir seul et que la solidarité et la coopération mondiales sont indispensables pour surmonter ces défis. L’isolement mène à l’impuissance. L’union fait la force. Les peuples du monde comprennent de mieux en mieux la valeur contemporaine et la force de vérité de cette vision qui éclaire, comme un phare, le chemin de l’humanité.
La vision de la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité est aussi une illustration de l’engagement et de la mission historique d’un grand pays envers le monde. Les Chinois ont depuis toujours la conviction de rechercher le bien pour tous et de construire un monde harmonieux. Pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise et l’émergence d’un grand pays peuplé de 1,4 milliard d’habitants, nous ne reprendrons jamais le chemin d’hégémonie et d’expansion emprunté par les puissances traditionnelles. Nous poursuivrons résolument la voie du développement pacifique et encourageons les autres pays à nous rejoindre dans cette voie en vue de bâtir un monde de paix durable, de sécurité universelle, de prospérité commune, ouvert, inclusif, propre et beau.
Nous nous réjouissons de voir que ces dernières années, la vision de la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité s’est enracinée plus profondément dans les esprits. Elle a obtenu le soutien de plus de 100 pays et organisations internationales ainsi que l’adhésion de près de 80% de l’opinion mondiale. Plus de 40 pays et organisations régionales ont participé à la mise en œuvre de cette vision. Cela démontre une fois de plus qu’une cause juste bénéficie du soutien de tous les pays et unit les forces de tous les peuples.
L’avenir de l’humanité est radieux, mais il ne viendra pas de lui-même. Construire une communauté d’avenir partagé pour l’humanité est une vision prometteuse. C’est aussi un processus historique qui exige des efforts persévérants et collectifs de génération en génération. La Chine œuvrera avec toutes les parties, avec une volonté ferme et des actions concrètes, pour transformer cette vision en réalité.
La conférence de presse a duré une heure et vingt minutes.

