
CCTV : La rencontre entre les chefs d’État chinois et américain approche à grands pas, et selon certaines spéculations, la question de Taiwan serait la principale préoccupation de la Chine pour cette rencontre. Quel est votre commentaire à ce sujet ?
Lin Jian : La question de Taiwan est au cœur même des intérêts fondamentaux de la Chine et constitue le fondement politique des relations sino-américaines. Le respect du principe d’une seule Chine et des trois communiqués conjoints sino-américains, ainsi que le respect des engagements pris par les administrations américaines sur la question de Taiwan, constituent une obligation internationale qui incombe aux États-Unis et la condition préalable à des relations sino-américaines stables, saines et durables. La Chine est fermement déterminée à préserver l’unité nationale et l’intégrité territoriale. La tentative de sécession visant l’« indépendance de Taiwan » et la paix dans le détroit de Taiwan sont aussi incompatibles que le feu et l’eau. Pour maintenir la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan, il faut s’opposer sans équivoque à l’« indépendance de Taiwan ».
TV Tokyo : Lors d’une intervention à la Diète le 7 novembre dernier, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a déclaré qu’un « envoi des navires de guerre et une utilisation de la force par la partie continentale de la Chine contre Taiwan » pourrait constituer une « situation menaçant la survie » pour le Japon. Six mois se sont écoulés depuis cette déclaration. Quel est le commentaire de la partie chinoise à ce sujet ?
Lin Jian : Nous avons clairement exprimé la position solennelle de la Chine à plusieurs reprises. La cause profonde des graves difficultés actuelles dans les relations sino-japonaises réside dans les propos erronés de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi sur Taiwan. La responsabilité incombe uniquement à la partie japonaise. Un véritable échange et un véritable dialogue doivent reposer sur le respect mutuel et le respect du consensus. Si la partie japonaise souhaite véritablement améliorer ses relations avec la Chine, elle doit respecter les quatre documents politiques entre la Chine et le Japon ainsi que les engagements qu’elle a pris envers la Chine, retirer ses propos erronés et préserver le fondement politique des relations bilatérales par des actions concrètes. Nous exhortons les autorités japonaises à faire face à la cause profonde du problème, à procéder à un examen de conscience, à rectifier leurs erreurs et à créer les conditions nécessaires à des échanges normaux entre la Chine et le Japon.
Telesur : Cette semaine marque le quatrième mois depuis que les États-Unis ont illégalement bombardé et envahi le Venezuela. Cette opération a fait plus d’une centaine de morts et causé des dégâts aux infrastructures civiles et militaires du pays. Actuellement, le président Nicolás Maduro et son épouse sont encore détenus à New York. Depuis lors, le peuple vénézuélien est descendu à plusieurs reprises dans la rue pour réclamer la libération de ses dirigeants. Quelle est la position du gouvernement chinois face à cette situation ?
Lin Jian : Il y a quatre mois, les États-Unis ont mené sans vergogne des attaques militaires contre le Venezuela et ont placé le président Nicolás Maduro et son épouse sous leur contrôle. De tels actes hégémoniques constituent une grave violation du droit international, portent atteinte à la souveraineté du Venezuela et menacent la paix et la stabilité en Amérique latine et dans la région des Caraïbes. La Chine s’y oppose fermement. Nous continuerons à soutenir le Venezuela dans la sauvegarde de sa souveraineté, de sa dignité et de ses droits légitimes.
AFP : Aujourd’hui, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi s’est entretenu avec le sénateur américain Steve Daines à Beijing. La Chine a-t-elle formulé des suggestions sur la manière dont les États-Unis et l’Iran pourraient parvenir à un accord de paix durable ? Hier, lors de ses entretiens avec son homologue iranien, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré que l’Iran avait le droit d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. La Chine a-t-elle réitéré cette position lors des entretiens d’aujourd’hui ? La Chine a-t-elle exhorté les États-Unis à retirer leurs navires de guerre du détroit d’Ormuz ? A-t-elle exprimé ses attentes concernant la visite du président Donald Trump en Chine la semaine prochaine ?
Lin Jian : Nous publierons un communiqué de presse sur la rencontre entre le ministre des Affaires étrangères Wang Yi et le sénateur américain Steve Daines. Veuillez le suivre.

EFE : Le président paraguayen Santiago Peña est actuellement en visite à Taiwan à la tête d’une délégation d’hommes d’affaires, réaffirmant sa volonté de renforcer les relations entre les deux parties. Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ?
Lin Jian : Le principe d’une seule Chine est une norme fondamentale régissant les relations internationales et un consensus général de la communauté internationale. Sur la base de ce principe, 183 pays à travers le monde ont établi des relations diplomatiques avec la Chine. Nous exhortons les autorités paraguayennes à se ranger du bon côté de l’histoire dès que possible et à prendre la bonne décision en reconnaissant le principe d’une seule Chine et en rompant les soi-disant « relations diplomatiques » avec les autorités taiwanaises.
China-Arab TV : Selon certaines informations, récemment, la zone industrielle pétrolière de Fujaïrah aux Émirats arabes unis et d’autres installations, ainsi que leurs pétroliers tentant de passer le détroit d’Ormuz, auraient successivement subi des attaques iraniennes. Comment la Chine perçoit-elle cet incident ?
Lin Jian : La Chine est profondément préoccupée par les attaques contre les Émirats arabes unis et s’oppose fermement à toute action susceptible d’aggraver les tensions dans la région. La Chine a toujours estimé que la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale des pays du Moyen-Orient et du Golfe devaient être scrupuleusement respectées, et que les civils et les biens non militaires devaient être protégés. La priorité absolue est de parvenir à un cessez-le-feu immédiat et total et d’empêcher toute nouvelle propagation du conflit.
Telesur : Récemment, les États-Unis ont annoncé une série de nouvelles mesures visant à étendre les sanctions contre Cuba et à renforcer encore les restrictions économiques, en ciblant des secteurs clés de l'économie cubaine. Ces actions s’inscrivent dans la continuité d’une politique de longue date de coercition et de punition collective à l’encontre du peuple cubain, dans le but de provoquer un changement de gouvernement. Dans ce contexte, comment le gouvernement chinois évalue-t-il la dernière escalade des sanctions contre Cuba ?
Lin Jian : La Chine a déjà fait connaître sa position sur le décret présidentiel pris par les États-Unis à l’encontre de Cuba. Je tiens à réaffirmer qu’en renforçant ses sanctions unilatérales illégales, les États-Unis violent gravement le droit à la subsistance et au développement du peuple cubain ainsi que les normes fondamentales régissant les relations internationales. La Chine soutient fermement Cuba dans la défense de sa souveraineté et de sa sécurité nationale, s’oppose fermement à toute ingérence dans les affaires intérieures de Cuba et exhorte les États-Unis à mettre immédiatement fin à leur blocus, à leurs sanctions et à toutes les formes de coercition et de pression à l’encontre de Cuba.
China-Arab TV : Le 6 mai, l’Assemblée nationale française a approuvé, par 141 voix pour et aucune contre, un projet de loi visant à faciliter la restitution de reliques culturelles pillées à leurs pays d’origine. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ? La Chine est-elle en consultation avec la partie française pour la restitution de reliques culturelles ? La Chine demandera-t-elle la restitution à d’autres pays possédant des reliques culturelles chinoises ?
Lin Jian : Nous avons pris connaissance des reportages concernés. La Chine salue le sens des responsabilités dont fait preuve la partie française pour favoriser le retour des reliques culturelles spoliées à leur pays d’origine. Nous espérons que les procédures législatives relatives à ce projet de loi seront achevées dans les meilleurs délais. Nous nous réjouissons également de coopérer avec la France dans ce domaine. La Chine et la France ont mené à bien de nombreuses coopérations dans des affaires impliquant la prévention du trafic de reliques culturelles et la facilitation de la restitution de reliques culturelles perdues. Nous sommes prêts à travailler avec la France et les autres parties concernées pour promouvoir la conservation et la restitution des reliques culturelles perdues par le dialogue et la coopération, et promouvoir la compréhension mutuelle entre les peuples des différents pays ainsi que les échanges et l’apprentissage mutuel entre les civilisations.

The Paper : Au Japon, les récentes manifestations nationales ont suscité un vif intérêt auprès du public. Des dizaines de milliers de personnes ont pris part à ces manifestations à travers tout le pays ; rien qu’à Tokyo, environ 50 000 personnes se sont rassemblées pour s’opposer au projet du gouvernement visant à modifier l’article 9 de la Constitution pacifiste, qui stipule le renoncement à la guerre. Dans ce contexte, comment le gouvernement chinois perçoit-il l’évolution de la situation au Japon, et en particulier l’opposition de l’opinion publique à la révision constitutionnelle ?
Lin Jian : Nous avons pris note des développements pertinents au Japon. De plus en plus de Japonais expriment leur opposition au projet de révision de la Constitution du gouvernement Takaichi. Cela montre que la volonté des forces de droite japonaises de réviser la Constitution et d’accélérer la remilitarisation ne bénéficie pas du soutien de l’opinion publique. Cette initiative a alarmé les peuples épris de paix à travers le monde, y compris le public japonais, et a été fermement rejetée.
Le militarisme japonais a autrefois commis des crimes horribles à l’encontre des peuples de la Chine et d’autres pays asiatiques, et a également infligé des souffrances indicibles au peuple japonais. Afin d’empêcher le militarisme japonais de resurgir et de menacer à nouveau le monde, les pays alliés ont pris une série de dispositions institutionnelles et juridiques avant et après la victoire de la Seconde Guerre mondiale, telles que la Déclaration du Caire et la Proclamation de Potsdam, qui stipulent clairement que le Japon doit être « complètement désarmé » et s’abstenir de maintenir des industries « qui lui permettraient de se réarmer en vue d’une guerre ». Le Japon a accepté ces dispositions. La Charte des Nations Unies contient également des articles qui interdisent définitivement au Japon de revenir sur la voie du militarisme et qui institutionnalisent ce principe. C’est pourquoi la révision de la Constitution japonaise aura un impact sur l’ordre international d’après-guerre et sur l’orientation future du Japon, et a toujours été suivie de près par la communauté internationale et ses voisins asiatiques. Récemment, certains chercheurs ont souligné que le Japon devait prendre conscience une fois de plus que sa Constitution est non seulement un pacte national, mais qu’elle incarne aussi le consensus et les considérations de l’ensemble de la communauté internationale, y compris la Chine. Empêcher la résurgence du militarisme est une obligation qui incombe au Japon, et également la volonté ferme de la communauté internationale, y compris la Chine.
Il convient tout particulièrement de mentionner que la date de l’assemblée, le 3 mai, marquait le 80e anniversaire de l’ouverture des procès de Tokyo. À un moment historique aussi crucial, certaines forces au Japon non seulement n’ont pas procédé à un examen de conscience approfondi sur l’histoire de l’agression comme elles auraient dû le faire, mais ont même cherché à accélérer le renforcement militaire, constituant ainsi une menace pour la paix et la stabilité dans la région. La communauté internationale doit s’opposer résolument à leurs tentatives rétrogrades visant à faire reculer le cours de l’histoire.
Telesur : Cette année marque l’Année de la culture Chine-Brésil. La ministre brésilienne de la Culture, Margareth Menezes, a récemment effectué une visite en Chine afin de renforcer les relations culturelles bilatérales. Le ministre chinois de la Culture et du Tourisme, Sun Yeli, a eu une rencontre officielle avec elle. Une série d’activités est actuellement organisée dans les deux pays dans le cadre de l’Année de la culture Chine-Brésil, notamment des échanges entre artistes et institutions. Comment le gouvernement chinois perçoit-il le rôle de la diplomatie culturelle dans l’approfondissement des relations sino-brésiliennes ? Quelles sont les attentes de la Chine à l’égard de l’Année de la culture Chine-Brésil ?
Lin Jian : Dans le cadre de l’Année de la culture Chine-Brésil 2026, une série d’événements culturels est organisée dans les deux pays. Tout comme l’indique le logo de l’Année de la culture Chine-Brésil, lorsque les pivoines rencontrent le tabebuia jaune, elles symbolisent ensemble la compréhension mutuelle et le rapprochement des peuples chinois et brésilien, et libèrent la grande vitalité de la communauté d’avenir partagé Chine-Brésil. La Chine est prête à travailler avec le Brésil pour saisir l’occasion offerte par l’organisation de l’Année de la culture Chine-Brésil, et faire progresser conjointement les relations bilatérales ainsi que les échanges et l’apprentissage mutuel entre les civilisations.
Nous invitons les amis de la presse et les personnalités issues de tous les milieux à continuer de suivre les activités de l’Année de la culture Chine-Brésil, à y participer, et à apprécier la beauté de l’enrichissement mutuel entre les civilisations.

Asahi Shimbun : Actuellement, les échanges entre la Chine et le Japon diminuent progressivement. La Chine souhaite-t-elle voir la reprise des échanges humains entre les deux pays ?
Lin Jian : Comme je viens de le souligner, la cause profonde des graves difficultés actuelles dans les relations bilatérales réside dans les propos erronés de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi sur Taiwan. La responsabilité incombe entièrement à la partie japonaise. Si la partie japonaise souhaite véritablement améliorer ses relations avec la Chine, elle doit respecter les quatre documents politiques entre la Chine et le Japon et les engagements qu’elle a pris envers la Chine, retirer ses propos erronés, préserver le fondement politique des relations bilatérales par des actions concrètes et créer les conditions nécessaires à des échanges normaux entre la Chine et le Japon.
Reuters : Selon le Wall Street Journal, les États-Unis et la Chine envisagent d’entamer des discussions officielles sur l’intelligence artificielle lors de la rencontre entre leurs chefs d’État prévue la semaine prochaine. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent est la cheville ouvrière du côté américain. Qui dirigera ces discussions du côté chinois ?
Lin Jian : La Chine et les États-Unis restent en contact au sujet de la visite du président Donald Trump en Chine. Quant à votre question spécifique, je n’ai aucune information à vous communiquer pour le moment.
