Ministère des Affaires Étrangères
République Populaire de Chine
Conférence de presse du 24 juin 2026 tenue par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Guo Jiakun
Updated: 24 June 2026 20:12

CCTV : La 17e édition du Forum d’été de Davos, placée sous le thème « Innover à grande échelle », se tient actuellement à Dalian. Le Premier ministre Li Qiang a prononcé ce matin une allocution lors de la séance plénière d’ouverture, qui a reçu un écho chaleureux de la part des participants du monde entier. Les différentes parties ont hautement salué les réalisations de la Chine en matière d’innovation ainsi que les perspectives offertes par l’« Opportunité Chine 2.0 », et ont exprimé leur volonté de renforcer leur coopération avec la Chine dans le domaine de l’innovation. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Guo Jiakun : La 17e édition du Forum d’été de Davos s’est ouverte ce matin à Dalian. Le Premier ministre du Conseil des Affaires d’État, Li Qiang, a assisté à la séance plénière d’ouverture et y a prononcé une allocution. Dans son allocution, en s’appuyant sur la pratique du développement économique de la Chine, le Premier ministre Li Qiang a partagé l’histoire de l’innovation chinoise ainsi que sa réflexion sur la coopération mondiale en matière d’innovation.

Le Premier ministre Li Qiang a souligné qu’à l’entrée dans la période du 15e Plan quinquennal, l’économie chinoise avait réalisé de nouveaux progrès malgré l’évolution de la conjoncture. Dans un contexte international marqué par une volatilité accrue, quatre mots-clés, à savoir stabilité, innovation, dynamisme et intégration, offrent ensemble une vision d’ensemble de l’économie chinoise. Celle-ci a enregistré un bon début d’année. Elle a résisté aux défis, poursuivi sa progression et démontré une forte résilience ainsi que des perspectives prometteuses, apportant une certitude précieuse à un monde de plus en plus incertain.

Le Premier ministre Li Qiang a indiqué que le développement par l’innovation constituait la clé du succès durable, stable et soutenu de l’économie chinoise. L’innovation chinoise est le fruit d’efforts incessants de recherche et développement, a été éprouvée par de vastes applications industrielles et a été nourrie par un écosystème solide. Récemment, de nombreuses institutions étrangères et plusieurs médias ont évoqué l’« Opportunité Chine 2.0 ». En plus de son immense marché, la Chine offre également au monde davantage de dividendes de l’innovation grâce à ses percées technologiques et à la montée en gamme industrielle. Pour les entreprises du monde entier, l’« Opportunité Chine 2.0 » signifie l’empowerment global par l’innovation ainsi que des opportunités d’investissement à rendement élevé. Pour le développement mondial, l’« Opportunité Chine 2.0 » signifie des technologies avancées plus accessibles et des bénéfices plus largement partagés. Les faits démontrent pleinement que les technologies et les produits chinois dans les secteurs émergents n’apportent au monde ni choc ni menace, mais des opportunités et des capacités accrues.

Le Premier ministre Li Qiang a souligné que l’innovation et la coopération constituaient la réponse aux défis auxquels est confrontée la croissance mondiale. Il convient d’unir les efforts pour approfondir la connectivité et la coopération, promouvoir une économie mondiale ouverte, maintenir des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales stables et fluides, et renforcer les synergies en matière d’innovation. Nous devons défendre le principe d’une technologie au service du bien commun, améliorer les mécanismes et les règles de gouvernance mondiale dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, accroître l’efficacité de la réglementation et promouvoir une gouvernance collective plus efficace. La Chine élargira davantage l’accès à son marché et continuera de créer un environnement des affaires de premier ordre. Nous accueillons sincèrement les entreprises de tous les pays afin qu’elles investissent et montent des affaires en Chine pour tirer pleinement parti des nouvelles opportunités offertes par le développement chinois.

Kyodo News : Selon certaines informations, deux employés japonais auraient été arrêtés à Dalian en mai de cette année par le gouvernement chinois pour leur implication dans l’exportation de produits liés aux terres rares. Cette affaire est-elle liée au renforcement par le gouvernement chinois des restrictions à l’exportation de terres rares ?

Guo Jiakun : D’après les informations dont nous disposons, deux ressortissants japonais ont été placés en détention par les services compétents chinois pour avoir enfreint les lois chinoises. La Chine a informé la partie japonaise de cette affaire. Nous tenons à souligner que la partie japonaise doit rappeler à ses ressortissants et aux entreprises japonaises présentes en Chine de respecter les lois et règlements chinois.

Islamic Republic of Iran Broadcasting : En tant que partenaire stratégique global de l’Iran, comment la Chine entend-elle exercer son influence afin de pousser la partie américaine à assumer ses responsabilités et à mettre pleinement en œuvre le mémorandum d’entente ? Comment la Chine entend-elle aider l’Iran à parvenir à une paix durable au Moyen-Orient ?

Guo Jiakun : La Chine estime depuis toujours que le dialogue et la négociation constituent la voie appropriée pour résoudre les questions régionales brûlantes ainsi que les divergences entre toutes les parties, et elle s’oppose au recours à la force ou à la menace par la force. Les États-Unis et l’Iran ont signé un mémorandum d’entente dans lequel ils s’engagent à respecter mutuellement leur souveraineté et leur intégrité territoriale, à ne lancer aucune opération militaire l’un contre l’autre et à s’abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures de l’autre partie. Ce document a envoyé un signal positif au monde et mérite d’être préservé et mis en œuvre conjointement. La Chine a toujours défendu une position juste et impartiale. Elle soutient tous les efforts favorables à la paix, soutient l’Iran dans la défense de sa souveraineté, de sa sécurité et de sa dignité nationale, et soutient également l’amélioration des relations de l’Iran avec les pays du Golfe ainsi qu’avec les autres pays de la région. La Chine est disposée à suivre l’esprit des quatre propositions avancées par le président Xi Jinping, à continuer de fournir son aide à sa manière et à jouer un rôle constructif en faveur du rétablissement rapide de la paix et de la tranquillité dans la région.

China News Service : Wang Yi, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois et directeur du Bureau de la Commission centrale pour les Affaires étrangères, a récemment participé à la 16e réunion des conseillers à la sécurité nationale et des hauts représentants pour la sécurité nationale des BRICS, qui s’est tenue en Inde. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Guo Jiakun : Du 22 au 23 juin, le directeur Wang Yi a participé à la 16e réunion des conseillers à la sécurité nationale et des hauts représentants pour la sécurité nationale des BRICS, qui s’est tenue à New Delhi. Il a eu un échange de vues cordial avec le Premier ministre Narendra Modi et a tenu des rencontres bilatérales avec les chefs de délégation de plusieurs pays.

Alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran cède désormais la place au dialogue, le directeur Wang Yi a indiqué lors de la réunion que ce conflit, qui a duré plus d’une centaine de jours, avait porté un coup sévère à la région et à la situation internationale, et qu’il permettait d’en tirer quatre enseignements : l’importance de préserver les règles internationales, l’importance de respecter la souveraineté nationale, l’importance d’établir une nouvelle conception de la sécurité et l’importance de bien appréhender les nouvelles formes de guerre. Il a ajouté que, face à l’imbrication des menaces sécuritaires traditionnelles et non traditionnelles, le moment était venu pour les pays des BRICS de renforcer le dialogue et la coopération en matière de sécurité.

Le directeur Wang Yi a indiqué qu’au cours des vingt dernières années, la coopération des BRICS avait fait de ce mécanisme  une force d’ossature dans le monde pour préserver la paix, promouvoir le développement et défendre la justice. Face aux changements complexes et profonds de la situation internationale, les pays des BRICS doivent assumer davantage de responsabilités afin de défendre l’ordre international, de forger un consensus pour surmonter les difficultés sécuritaires, de prendre des mesures plus vigoureuses pour répondre aux défis mondiaux et de mettre en commun leur sagesse afin d’améliorer la gouvernance dans les domaines émergents.

Le directeur Wang Yi a également souligné que, grâce à cette réunion, les pays des BRICS étaient parvenus à un consensus sur la défense du multilatéralisme, avaient fait entendre la voix commune que les BRICS et le Sud global s’engagent à préserver leur indépendance et leur autonomie et à renforcer la solidarité et l’entraide, et avaient tracé une orientation claire pour mieux tirer parti du mécanisme de la réunion des conseillers à la sécurité nationale et des hauts représentants pour la sécurité nationale des BRICS et maintenir la communication ainsi que la coordination sur les grandes questions régionales et internationales brûlantes, en enrichissant continuellement les dimensions de la coopération BRICS plus vaste.

En 2027, la Chine assumera la présidence tournante des BRICS. La Chine se réjouit de travailler avec tous les partenaires des BRICS afin de mettre activement en œuvre la vision de la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité ainsi que les quatre Initiatives mondiales proposées par le président Xi Jinping, de promouvoir la prospérité par le développement, de renforcer la stabilité par la sécurité, d’accroître la confiance mutuelle par les échanges entre civilisations et d’améliorer la gouvernance mondiale au service de la justice, afin d’ouvrir ensemble un avenir de paix et de prospérité.

NHK : Concernant l’affaire des deux ressortissants japonais détenus en Chine, pourriez-vous fournir davantage de détails ?

Guo Jiakun : J’ai déjà communiqué des informations sur cette affaire. Pour plus d’informations, je vous recommande de consulter les services compétents chinois.

Shenzhen TV : Les médias thaïlandais ont récemment publié un article intitulé « Les femmes de réconfort ne doivent pas être effacées », dans lequel il est indiqué que le système des maisons de réconfort mis en place par l’armée impériale japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale constituait une forme institutionnalisée d’esclavage sexuel militaire dans les territoires asiatiques occupés. L’article souligne également que certains pays de la région, dont la Thaïlande et les Philippines, sont réticents à affronter cette mémoire historique, voire cherchent délibérément à la minimiser pour diverses raisons, ce qui entrave la transmission de la vérité historique de génération en génération. Il y a quelques semaines, la ville d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, a abandonné un projet d’installation d’une statue commémorant les « femmes de réconfort » sous la pression du Japon. Ces dernières années, le Japon a également empêché des projets similaires aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, en Australie et aux Philippines. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

Guo Jiakun : La Chine a exposé à plusieurs reprises sa position sur la question des « femmes de réconfort ». Le recrutement forcé de « femmes de réconfort » constitue un crime grave contre l’humanité commis lors de l’agression et de l’expansion militaristes du Japon, ainsi qu’une violation flagrante des droits fondamentaux des victimes originaires de Chine, de la péninsule coréenne et d’Asie du Sud-Est. Les preuves de ces atrocités sont accablantes et ne sauraient être niées. M. Yohei Kono, décédé il n’y a pas longtemps, avait fait, lorsqu’il était secrétaire général du Cabinet du Japon, une déclaration officielle sur la question des « femmes de réconfort », reconnaissant la responsabilité du gouvernement japonais et exprimant son examen de conscience ainsi que ses excuses.

Cependant, certaines forces au Japon cherchent depuis longtemps à nier, voire à effacer, l’histoire de l’agression japonaise, à minimiser la question des « femmes de réconfort » et à priver les victimes de leur droit à obtenir justice et réparation, aggravant sans cesse leur souffrance. Lorsque le gouvernement japonais a entravé les projets d’installation d’une statue commémorant les « femmes de réconfort » de certains pays, cela a suscité une vive indignation parmi les associations de la société civile et l’opinion publique. Récemment, des experts des Nations Unies en matière de droits de l’homme ont exprimé leur profonde préoccupation au sujet de la question des « femmes de réconfort » et ont appelé le Japon à présenter des excuses officielles et à garantir une indemnisation adéquate. Nous exhortons les autorités japonaises à faire face à l’histoire de l’agression japonaise, à reconnaître sincèrement leurs crimes et à présenter leurs excuses, à cesser de dissimuler la vérité et d’entraver la justice, ainsi qu’à mettre fin à leur remilitarisation inconsidérée.

Nous avons également noté que le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes avait exhorté les Philippines à intégrer la question des « femmes de réconfort » dans les programmes éducatifs. L’histoire constitue le meilleur antidote. Les pays victimes doivent établir une vision correcte de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, préserver la vérité historique, empêcher que les tragédies du passé ne se reproduisent et sauvegarder ensemble la paix et la stabilité durement acquises dans la région Asie-Pacifique.