Ministère des Affaires Étrangères
République Populaire de Chine
Conférence de presse du 15 septembre 2026 tenue par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Guo Jiakun
Updated: 15 September 2026 19:01

Celso Amorim, conseiller spécial du président brésilien, effectuera une visite en Chine les 16 et 17 septembre. Wang Yi, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et directeur du Bureau de la Commission centrale pour les Affaires étrangères, le rencontrera.

CCTV : Le Salon international du commerce des services de Chine (CIFTIS) 2026 s’est récemment achevé à Beijing. Il a attiré près de 100 pays et organisations internationales venus exposer et organiser des événements. Une multitude de nouveaux produits et services y ont été présentés pour la première fois, suscitant un vif intérêt de toutes les parties. Certains affirment que le CIFTIS est devenu une vitrine de l’élargissement de l’ouverture de la Chine. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

Guo Jiakun : Les « Services chinois » constituent la nouvelle carte de visite de l’ouverture de haut niveau de la Chine. Cette année, le CIFTIS a attiré plus de 1 830 exposants en présentiel et plus de 5 300 en ligne, débouchant sur plus de 1 200 résultats concrets. Une série de nouvelles technologies, de nouvelles solutions et de nouvelles avancées ont été présentées dans des domaines tels que les technologies de l’information, les technologies financières, la santé numérique, l’éducation intelligente, ainsi que les économies d’énergie et la protection de l’environnement, créant ainsi de nouvelles opportunités de coopération. La Chine continuera à relier le marché international grâce à des services haut de gamme, à promouvoir le partage des résultats par le biais d’une coopération mutuellement bénéfique, et à faire connaître les « Services chinois » à davantage de pays, apportant ainsi davantage de bénéfices au monde entier.

Kyodo News : Des membres de l’Union des parlementaires d’amitié Japon-Chine ont rencontré hier le ministre assistant des Affaires étrangères Liu Bin. Pourriez-vous nous donner plus de détails sur cette rencontre et sa signification ?

Guo Jiakun : Le 14 septembre, le ministre assistant des Affaires étrangères Liu Bin a rencontré une délégation de jeunes membres de l’Union des parlementaires d’amitié Japon-Chine, en visite en Chine. La Chine a souligné que le principal nœud des graves difficultés dans les relations sino-japonaises réside dans les propos et les actes erronés de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi concernant Taiwan. La partie japonaise doit respecter l’esprit des quatre documents politiques entre la Chine et le Japon, tirer les leçons de l’histoire et gagner la confiance de ses voisins asiatiques et de la communauté internationale par des actions concrètes. Nous espérons que l’Union des parlementaires d’amitié Japon-Chine perpétuera sa tradition de l’amitié à l’égard de la Chine, assumera ses responsabilités et créera les conditions et un environnement propice au retour des relations bilatérales sur la bonne voie.

Global Times : Selon certaines informations, dans une déclaration publiée le 11 septembre, le ministère des Affaires étrangères des Philippines réaffirme les droits souverains et la juridiction des Philippines sur Meiji Jiao et Zhubi Jiao en tant qu’élévations à marée basse (LTE) situées dans la zone économique exclusive (ZEE) et sur le plateau continental des Philippines. Par la suite, il a modifié son récit, réaffirmant sa souveraineté sur Zhubi Jiao en tant qu’élévation à marée basse située dans les eaux territoriales de Zhongye Dao. La déclaration affirme que les travaux de construction sur les îles et récifs menés par la Chine sur les formations susmentionnées violent la loi philippine sur les zones maritimes, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) et la sentence arbitrale de 2016 sur la mer de Chine méridionale. La Chine a-t-elle un commentaire à faire à ce sujet ?

Guo Jiakun : Les Nansha Qundao, y compris Meiji Jiao, Zhubi Jiao et Zhongye Dao, font partie intégrante du territoire chinois. Il est tout à fait légitime et légal pour la Chine de mener des travaux de construction et d’autres activités sur son propre territoire. Il s’agit d’une question relevant de la souveraineté de la Chine.

L’étendue territoriale des Philippines a déjà été définie par une série de traités internationaux. Les Nansha Qundao n’ont jamais fait partie du territoire philippin. Conformément au principe de la primauté de la terre sur la mer en droit international, la revendication par les Philippines d’une prétendue juridiction maritime sur le territoire chinois est illégale. La partie philippine a d’abord affirmé que Zhubi Jiao se trouvait dans sa ZEE et sur son plateau continental, avant de prétendre par la suite qu’il se situait dans les eaux territoriales de l’île qu’elle occupe illégalement. Cela ne fait que révéler à quel point sa revendication est absurde et arbitraire, la rendant totalement intenable.

L’« arbitrage concernant la mer de Chine méridionale » n’est rien d’autre qu’une manipulation politique orchestrée par les Philippines pour s’approprier des gains illégaux. La soi-disant « sentence » est illégale, nulle et non avenue, et n’a aucune force contraignante. La soi-disant « loi sur les zones maritimes » des Philippines inclut illégalement Huangyan Dao, ainsi que la plupart des îles et récifs des Nansha Qundao et des eaux environnantes dans la zone maritime des Philippines. Il s’agit d’une grave violation de la souveraineté territoriale de la Chine et des droits et intérêts maritimes de la Chine en mer de Chine méridionale, et cette loi est illégale et nulle et non avenue. La Chine s’y oppose fermement et ne l’acceptera jamais.

Nous tenons à souligner une fois de plus que la Chine continuera à prendre des mesures résolues pour préserver sa souveraineté territoriale et ses droits et intérêts maritimes, et s’opposera fermement à toute atteinte à ceux-ci. Les Philippines doivent cesser immédiatement de porter atteinte aux droits de la Chine, et mettre fin à leurs provocations et à leur battage médiatique.

AFP : Hier, un responsable de l’armée américaine a déclaré que les États-Unis faisaient face à une pénurie de munitions en raison des combats en Iran. La Chine a-t-elle un commentaire à faire à ce sujet ?

Guo Jiakun : La Chine suit de près la situation au Moyen-Orient et dans la région du Golfe. Nous espérons que les parties concernées résoudront leurs différends par des moyens politiques et diplomatiques.

AFP : La Force spatiale américaine a déclaré hier que les États-Unis avaient déployé des armes dans l’espace. Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ? La Chine a-t-elle également déployé des armes dans l’espace ?

Guo Jiakun : La Chine préconise l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique et la préservation de la sécurité de l’espace extra-atmosphérique, et s’oppose à toute course aux armements dans l’espace extra-atmosphérique ainsi qu’à toute tentative de le militariser et d’en faire un théâtre d’opérations militaires. Nous exhortons les États-Unis à cesser de renforcer leur présence militaire dans l’espace extra-atmosphérique et à préserver la stabilité stratégique mondiale par des actions concrètes.

China News Service : Selon certaines informations, le 14 septembre, l’Administration spatiale nationale chinoise, la Mission permanente de la Chine auprès des Nations Unies et d’autres organisations internationales à Vienne, ainsi que le Bureau des affaires spatiales des Nations Unies ont organisé une cérémonie au siège des Nations Unies à Vienne, au cours de laquelle la Chine a officiellement offert aux Nations Unies le premier échantillon de sol au monde prélevé sur la face cachée de la Lune par la mission Chang’e-6. Mme Monica Juma, directrice générale de l’Office des Nations Unies à Vienne, a déclaré que l’exposition permanente de cet échantillon lunaire à l’Office des Nations Unies à Vienne revêtait une grande importance, ajoutant qu’elle témoignait du soutien de la Chine aux Nations Unies pour mobiliser les efforts de la communauté internationale en faveur de la réponse aux défis communs. Quel est votre commentaire à ce sujet ? Quelle vision de l’exploration spatiale cette initiative reflète-t-elle de la part de la Chine ? 

Guo Jiakun : En faisant don aux Nations Unies d’un échantillon de sol prélevé sur la face cachée de la Lune par la mission Chang’e-6, la Chine met en œuvre les quatre initiatives mondiales proposées par le président Xi Jinping. Cette initiative témoigne du soutien ferme de la Chine aux Nations Unies et au multilatéralisme, ainsi que de son sens des responsabilités en tant que grande puissance en matière d’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique et d’amélioration de la gouvernance spatiale mondiale. La Chine se réjouit de collaborer avec tous les pays pour faire respecter le droit international applicable, dont le Traité sur l’espace extra-atmosphérique constitue la pierre angulaire, pour respecter le principe fondamental consistant à explorer et à utiliser l’espace extra-atmosphérique à des fins pacifiques, pour s’opposer fermement aux tentatives visant à militariser l’espace ou à en faire un champ de bataille, pour veiller à ce que les progrès scientifiques et technologiques apportent davantage de bénéfices à l’humanité tout entière, et pour garantir que l’espace devienne véritablement une plateforme de coopération gagnant-gagnant pour l’humanité.

La question suivante a été posée par Bloomberg à l’issue de la conférence de presse : Le ministère des Affaires étrangères peut-il clarifier et développer sa réponse d’hier concernant les appels lancés par des responsables d’entreprises technologiques américaines en faveur d’un ralentissement du développement des technologies d’intelligence artificielle (IA) de pointe ? Comment la Chine évalue-t-elle les risques posés par l’IA, y compris la possibilité que celle-ci soit utilisée pour la production d’armes biologiques ?

Guo Jiakun : Nous avons pris note des récentes déclarations de certaines personnalités du secteur américain de l’IA. Alors que l’IA se développe à une vitesse fulgurante, il est d’autant plus important de rester déterminés à la développer dans un but positif, pour le bien et au bénéfice de l’humanité, d’ajuster correctement la réglementation et la gouvernance en la matière, et de renforcer sans délai les mesures de protection afin d’empêcher qu’elle ne devienne incontrôlable.

La Chine accorde une importance égale au développement et à la sécurité en matière d’IA. Nous prenons au sérieux les risques inhérents et secondaires liés à l’IA. Nous nous engageons à consolider la ligne rouge en matière de sécurité, et nous déployons des efforts constants pour améliorer les lois et réglementations, les politiques, les normes d’application et les règles éthiques afin de prévenir les abus et les utilisations malveillantes de l’IA, et de garantir que celle-ci soit sûre, fiable et contrôlable. Hier, les services compétents chinois ont publié le Cadre de gouvernance de la sécurité de l’IA 3.0, dans lequel la classification des risques liés à la sécurité de l’IA a été revue et mise à jour, et des recommandations sur l’optimisation des contre-mesures technologiques et des mesures de gouvernance globales ont été formulées. 

L’IA est le fruit de la sagesse collective et un atout précieux partagé par l’humanité tout entière. Le développement et la gouvernance de l’IA exigent la mise en œuvre d’un véritable multilatéralisme, tous les pays devant œuvrer ensemble pour établir un cadre de gouvernance mondial fondé sur un large consensus. Aucun pays ni aucune entreprise ne peut à lui seul mettre au point des solutions efficaces. La Chine soutient depuis toujours le rôle des Nations Unies en tant que principal canal de la gouvernance mondiale de l’IA et participe au processus de la gouvernance multilatérale de l’IA dans un esprit de responsabilité. La Chine est prête à unir ses efforts à ceux de tous les pays pour mettre en place un système juste et équitable de gouvernance mondiale de l’IA, et à développer l’IA pour le bien et au bénéfice de tous.