Ministère des Affaires Étrangères
République Populaire de Chine
Promouvoir ensemble l’avènement d’un monde multipolaire égal et ordonné en vue d’une gouvernance mondiale plus juste et plus équitable
Updated: 02 September 2026 01:39

Allocution de Monsieur Xi Jinping
Président de la République populaire de Chine
à la Réunion OCS Plus

Bishkek, le 1er septembre 2026

Monsieur le Président Sadyr Japarov,
Chers Collègues,

C’est un grand plaisir pour moi de me réunir avec les membres de la famille de l’OCS et les partenaires internationaux pour célébrer le 25e anniversaire de notre organisation. Je tiens à remercier le Président Sadyr Japarov pour son invitation cordiale et les dispositions attentionnées qu’a prises le gouvernement kirghize.

La réunion porte sur le renforcement du rôle des Nations Unies et la construction d’un monde multipolaire. Ce qui illustre l’engagement contemporain de l’OCS pour réformer et perfectionner la gouvernance mondiale.

Le monde d’aujourd’hui fait face à l’accélération des changements inédits depuis un siècle et au retour de l’hégémonisme, de l’unilatéralisme et du protectionnisme. Mais la grande majorité des pays n’adhèrent pas à la politique du plus fort, ne veulent pas de conflit ni de confrontation et ne souhaitent pas l’isolement et la régression. Ce à quoi ils aspirent, c’est d’avoir une place d’égal à égal sur la scène internationale par leur propre développement et la coopération internationale. Ces dernières années, le renforcement du Sud global a conduit au réajustement en profondeur des rapports de force internationaux. Un monde multipolaire représente la tendance irréversible.

Quel est le monde multipolaire que nous souhaitons avoir ? Comment les différents pays pourront-ils y participer et œuvrer ? La communauté internationale doit renforcer le consensus et faire de bons choix qui sauront résister à l’épreuve de la pratique et de l’Histoire. La Chine, grand pays responsable, appelle à un monde multipolaire égal et ordonné. 

–— L’égalité souveraine et le respect mutuel sont les principes fondamentaux. L’Histoire du monde est écrite par les peuples de tous les pays. La multipolarité, l’indépendance dans le choix des voies de développement et la démocratisation des relations internationales sont la bonne voie à suivre. Tous les pays, grands ou petits, puissants ou faibles, riches ou pauvres, doivent jouir de l’égalité des droits, des chances et des règles. Les pays du Sud global sont partie importante d’un monde multipolaire et acteurs clés pour promouvoir la multipolarisation. Ils doivent bénéficier d’une représentation plus importante dans les affaires internationales et y avoir davantage voix au chapitre.

–— L’équilibre, l’ordre et l’état de droit sont les impératifs inhérents. Les buts et principes de la Charte des Nations Unies ont consacré les normes fondamentales régissant les relations internationales et constituent la pierre angulaire de l’ordre international d’après-guerre. Nous devons faire rayonner les valeurs communes de l’humanité, rejeter les deux poids, deux mesures, l’exceptionnalisme, l’ingérence, l’intimidation et la loi de la jungle, et promouvoir l’état de droit dans les relations internationales. Les grands pays en particulier doivent donner l’exemple en observant les règles et en respectant l’état de droit, et répondre aux enjeux planétaires par la coopération.

–— Le multilatéralisme, le dialogue et la concertation sont les pistes essentielles. La domination de quelques pays dans les affaires internationales constitue une injustice historique. La suprématie d’un seul pays, la gouvernance confiée à quelques parties et la politique des blocs ne relèvent pas du véritable multilatéralisme. Les affaires du monde doivent être gérées par tous les pays à travers les consultations. Les règles internationales doivent être élaborées par tous les pays. L’autorité et la vitalité des Nations Unies sont à renforcer. Les mécanismes multilatéraux aux niveaux régional et mondial nécessitent une coordination plus efficace.

–— Les résultats gagnant-gagnant, le bénéfice pour tous et l’inclusion sont l’orientation du développement. Les pays du monde ne sont pas des îlots isolés. Ils sont partenaires interdépendants qui sont liés par un avenir partagé. Le protectionnisme, le découplage et la rupture des chaînes d’approvisionnement n’aboutiront à rien. Nous devons concentrer nos efforts sur le développement, poursuivre la coopération ouverte et combler le fossé numérique et de l’IA, pour que les fruits de la révolution technologique et du développement bénéficient à tous les peuples du monde.

Chers Collègues, 

Après 25 ans de développement, l’OCS donne l’exemple dans les relations entre grands pays, entre pays voisins et entre pays de tailles différentes. Elle représente près de la moitié de la population mondiale et un quart de l’économie mondiale, rassemblant une grande force synergique pour le développement. Une OCS plus unie et plus dynamique est tout à fait capable d’apporter une plus grande contribution à la construction d’un monde multipolaire égal et ordonné.

Premièrement, nous devons promouvoir la prospérité partagée du continent eurasiatique par la vigueur de l’OCS. L’OCS a mené des coopérations fructueuses dans les domaines politique, sécuritaire, économique, commercial et des échanges humains et culturels. Elle sert d’une plateforme clé des pays eurasiatiques pour rechercher le développement commun et relever ensemble les défis. Nous devons continuer à valoriser les atouts, à explorer le potentiel et à relier les pôles de croissance sur le continent par la coopération de qualité dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route », en vue de nous renforcer mutuellement, de contribuer au succès des uns et des autres, de créer ensemble des opportunités et de promouvoir la prospérité partagée.

Deuxièmement, nous devons favoriser le développement et le renforcement du Sud global par la sagesse de l’OCS. Enracinée dans le Sud global et engagée dans sa cause, l’OCS est un pilier important de la coopération Sud-Sud. Nous devons faire rayonner l’esprit de Shanghai, renforcer et élargir les partenariats de l’OCS Plus, pour porter la voix de la paix, créer une plus grande synergie pour le développement, construire des ponts pour la coopération et aboutir aux résultats gagnant-gagnant.

Troisièmement, nous devons guider la réforme et le perfectionnement de la gouvernance mondiale par les actions de l’OCS. L’OCS a pour mission de faire évoluer le système de gouvernance mondiale dans un sens plus juste et plus équitable. Nous devons bâtir les partenariats mais non les alliances, promouvoir le dialogue mais non la confrontation. Il nous faut poursuivre le principe d’amples consultations, de contribution conjointe et de bénéfices partagés et travailler pour que les pays participent sur un pied d’égalité à la gouvernance mondiale et en bénéficient tous.

Chers Collègues, 

Dans la gouvernance mondiale, la stagnation est synonyme de régression. Les États membres et les partenaires de l’OCS doivent discerner la tendance de l’Histoire et assumer les responsabilités de notre époque. Travaillons ensemble à axer nos efforts sur les peuples et à prendre les actions concrètes, pour promouvoir ensemble l’avènement d’un monde multipolaire égal et ordonné, réaliser une gouvernance mondiale plus juste et plus équitable et bâtir une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.

Je vous remercie.