
CCTV : Selon certaines informations, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi aurait déclaré lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion du Nouvel An que les défis posés à un ordre international libre et ouvert fondé sur l’État de droit prenaient de l’ampleur. Elle a mentionné que dans la région « Indo-Pacifique », la Chine et la République populaire démocratique de Corée (RPDC) renforçaient leur puissance militaire, et que la coopération entre la Chine et la Russie ainsi que celle entre la Russie et la RPDC s’étaient intensifiées. Sanae Takaichi a également souligné que, afin de répondre de manière appropriée aux changements rapides de l’environnement sécuritaire et avec la ferme détermination de protéger l’indépendance et la paix du Japon ainsi que la vie et les moyens de subsistance du peuple japonais, le pays poursuivrait les discussions en vue de réviser les trois documents relatifs à la sécurité nationale d’ici la fin de l’année. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : Selon les médias japonais, les trois principaux documents relatifs à la sécurité nationale ont fait l’objet d’ajustements majeurs, notamment l’augmentation des dépenses de défense, la révision des trois principes non nucléaires, la levée des restrictions sur les exportations d’armes et le développement de capacités militaires offensives. Cela reflète la tendance dangereuse du Japon à se « remilitariser » plus rapidement, ce qui nuira forcément à la paix et à la stabilité régionales. La communauté internationale doit rester en état d’alerte maximale.
Dans le but d’empêcher la résurgence du militarisme japonais, une série d’instruments ayant force de loi en vertu du droit international, notamment la Déclaration du Caire et la Déclaration de Potsdam, exigent clairement que le Japon soit « complètement désarmé » et ne maintienne pas d’industries « qui lui permettraient de se réarmer pour la guerre ». La Constitution japonaise a également imposé des restrictions strictes aux forces armées du pays, au droit de belligérance et au droit de faire la guerre. Cependant, ces dernières années, les forces de droite au Japon ont accéléré le renforcement de leur armée et se sont progressivement affranchies des normes d’après-guerre, telles que le principe de défense exclusive et une série de règles internationales, ce qui constitue un défi à l’ordre international d’après-guerre. Les forces de droite ont sans cesse recouru à des subterfuges et inventé de faux récits, tout en changeant constamment d’objectif, en provoquant leurs voisins, en créant des troubles et en attisant les tensions. Elles ont même prétendu être « menacées » et se trouver dans une impasse. En réalité, elles utilisent la « survie » et la « défense » comme prétextes pour attacher le peuple japonais au char de la guerre afin de servir leurs intérêts cachés. Quelle est la différence entre leurs pratiques et celles des militaristes japonais du siècle dernier ?
Les douloureuses leçons de l’histoire nous rappellent que la tentative de « remilitarisation » des forces de droite japonaises constitue une menace pour la paix et la tranquillité régionales et mondiales. La Chine et tous les pays et peuples épris de paix dans le monde ne doivent en aucun cas permettre aux forces de droite japonaises d’inverser le cours de l’histoire ou de permettre la résurgence du militarisme.

Telesur : Étant donné que la grande majorité des pays membres du Conseil de sécurité ont condamné l’action militaire américaine et exprimé leur soutien à la souveraineté du Venezuela lors de la réunion d’urgence des Nations Unies, comment le gouvernement chinois compte-t-il coopérer avec les autres États membres et la communauté internationale pour protéger la souveraineté et la sécurité du Venezuela ? De plus, étant donné que d’autres pays de la région, tels que Cuba, la Colombie et le Mexique, pourraient également faire l’objet de pressions ou d’interventions, quelles mesures la Chine considère-t-elle efficaces pour empêcher les États-Unis d’agir en tant que « gendarme du monde » ?
Mao Ning : Hier, le Conseil de sécurité des Nations Unies a tenu une réunion d’urgence concernant les frappes militaires américaines contre le Venezuela. Le représentant de la Chine a souligné dans son intervention que les moyens militaires n’étaient pas la solution aux problèmes et que le recours abusif à la force ne ferait qu’aggraver la crise. La Chine soutient fermement le gouvernement et le peuple vénézuéliens dans la défense de leur souveraineté, de leur sécurité ainsi que de leurs droits et intérêts légitimes, et soutient fermement les pays de la région dans leur volonté de préserver le statut de zone de paix de l’Amérique latine et des Caraïbes. La Chine est disposée à travailler avec les pays de la région et la communauté internationale pour préserver conjointement la paix et la stabilité en Amérique latine et dans la région des Caraïbes.
La Chine préconise depuis toujours que tous les pays devraient respecter les voies de développement choisies par les peuples d’autres pays et se conformer au droit international ainsi qu’aux buts et principes de la Charte des Nations Unies. Les grands pays, en particulier, devraient montrer l’exemple. Aucun pays ne devrait se poser en gendarme ou en juge du monde. La Chine défend la vision d’une sécurité commune, globale, coopérative et durable, respecte la souveraineté et l’intégrité territoriale de tous les pays, prend au sérieux les préoccupations légitimes des autres pays en matière de sécurité et soutient le règlement pacifique des différends et des conflits par le dialogue et la consultation. Telle est la solution proposée par la Chine pour relever les défis mondiaux en matière de sécurité et parvenir à une sécurité universelle et commune.
La Chine est disposée à collaborer avec d’autres pays pour défendre l’autorité du droit international, rejeter la loi de la jungle, s’opposer à l’ingérence dans les affaires intérieures des pays et préserver conjointement la paix et la stabilité mondiales.
AFP : Le législateur japonais Hei Seki se trouve actuellement à Taiwan. Il a déclaré que sa visite montrerait que Taiwan est un « pays indépendant ». Quelle est la réponse du ministère des Affaires étrangères à ce sujet ?
Mao Ning : Les fanfaronnades d’un homme méprisable ne méritent aucun commentaire.
Ukrinform News Agency : À la suite de l’incident au Venezuela, le ministère chinois des Affaires étrangères a condamné les actions des États-Unis et appelé au respect de la souveraineté de tous les pays. Le dirigeant chinois a déclaré que tous les pays devaient respecter les voies de développement choisies par les peuples d’autres pays. Dans le même temps, le conflit entre la Russie et l’Ukraine dure depuis près de quatre ans. Des civils ukrainiens ont été tués et le territoire ukrainien a été occupé. Du point de vue de la Chine, quelle est la différence entre la situation au Venezuela et celle en Ukraine ? Les appels de la Chine au respect de la souveraineté s’appliquent-ils également à l’État ukrainien ?
Mao Ning : La position de la Chine sur la crise ukrainienne est très claire. Le président Xi Jinping a énoncé quatre principes qui constituent les lignes directrices fondamentales, à savoir que la souveraineté et l’intégrité territoriale de tous les pays doivent être respectées, que les objectifs et les principes de la Charte des Nations Unies doivent être observés, que les préoccupations légitimes de tous les pays en matière de sécurité doivent être prises au sérieux et que tous les efforts propices à un règlement pacifique de la crise doivent être soutenus. Depuis le premier jour de la crise, la Chine s’est toujours engagée à promouvoir les pourparlers de paix et le règlement politique de la crise. La position objective et juste de la Chine, ainsi que ses efforts, sont visibles par tous.
Reuters : La Chine reconnaît-elle le gouvernement vénézuélien dirigé par Delcy Rodríguez ? Selon certains analystes, si la Russie venait à mener les mêmes actions à l’égard d’un pays voisin, les États-Unis et leurs alliés mettraient en place des sanctions. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies et initiateur de l’Initiative « la Ceinture et la Route » et de l’Initiative pour la sécurité mondiale, la Chine va-t-elle appeler à des sanctions contre les États-Unis ?
Mao Ning : En ce qui concerne votre première question, la Chine respecte la souveraineté et l’indépendance du Venezuela, ainsi que les dispositions prises par le gouvernement vénézuélien conformément à la Constitution et aux lois du pays.
En ce qui concerne votre deuxième question, les États-Unis, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, ignorent les graves préoccupations de la communauté internationale et bafouent la souveraineté, la sécurité et les droits et intérêts légitimes du Venezuela. La Chine s’y oppose fermement. Nous soutenons le Conseil de sécurité des Nations Unies dans l’exercice de sa responsabilité première, qui est de maintenir la paix et la sécurité internationales.
Bloomberg : Le président vénézuélien Nicolás Maduro a plaidé lundi non coupable des accusations portées contre lui par les États-Unis dans une affaire de narcoterrorisme. Il a déclaré par l’intermédiaire d’un interprète : « Je suis innocent. Je ne suis pas coupable. Je suis un homme honnête. Je suis encore le président du Venezuela. » Il a également déclaré avoir été « kidnappé » à son domicile. Quel est le commentaire du ministère des Affaires étrangères à ce sujet ?
Mao Ning : Les États-Unis ne tiennent pas compte du statut de chef d’État du président vénézuélien Nicolás Maduro, le poursuivent ouvertement et le soumettent à un soi-disant « procès » devant un tribunal national. Cela constitue une grave violation de la souveraineté nationale du Venezuela et déstabilise les relations internationales. Aucun pays ne devrait faire passer ses règles nationales avant le droit international. La Chine appelle les États-Unis à libérer immédiatement le président Nicolás Maduro et son épouse et à garantir leur sécurité personnelle.

AFP : Le président sud-coréen Lee Jae Myung a déclaré hier qu’il souhaitait entrer dans une nouvelle phase dans les relations avec la Chine. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ? Comment pensez-vous que les relations entre la Chine et la République de Corée vont évoluer ?
Mao Ning : Le président Lee Jae Myung effectue actuellement une visite officielle en Chine. Le président Xi Jinping s’est entretenu avec lui hier et le Premier ministre Li Qiang l’a rencontré ce matin. Les communiqués de presse ont été publiés, auxquels vous pouvez vous référer.
La Chine et la République de Corée sont voisines et partenaires de coopération. Le développement sain et stable des relations entre la Chine et la République de Corée sert les intérêts fondamentaux des deux pays et de leurs peuples. Nous sommes disposés à travailler avec la République de Corée afin d’obtenir des résultats plus concrets dans le développement des relations bilatérales au cours de la nouvelle année.
Reuters : La Chine est-elle favorable à une augmentation des exportations culturelles sud-coréennes à l’avenir ? Quelles mesures la Chine prendra-t-elle pour faciliter leur reprise ?
Mao Ning : La Chine et la République de Corée conviennent toutes deux de mener des échanges culturels bénéfiques de manière ordonnée.
Reuters : Plus d’une douzaine de professionnels des médias ont été arrêtés lundi alors qu’ils couvraient des événements dans la capitale vénézuélienne Caracas, notamment une marche en soutien à Maduro. Des journalistes chinois faisaient-ils partie des personnes arrêtées ? Les journalistes qui couvrent actuellement l’actualité au Venezuela sont-ils en sécurité ?
Mao Ning : Je ne connais pas les détails que vous avez mentionnés. Ce que je peux vous dire, c’est que le gouvernement chinois a toujours attaché une grande importance à la protection de la sécurité des ressortissants chinois à l’étranger. À ma connaissance, tous les journalistes chinois actuellement au Venezuela sont en sécurité.
