
AFP : Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il reportait de cinq jours toute frappe contre les centrales électriques iraniennes afin de permettre la tenue de pourparlers. Donald Trump a indiqué que son administration était en communication avec un haut responsable iranien dont l’identité n’a pas été révélée. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ? Et quelle est la position de la Chine quant à savoir avec qui, de la partie iranienne, les États-Unis devraient négocier ?
Lin Jian : La prolongation du conflit ne sert les intérêts d’aucune partie. Le cessez-le-feu et le dialogue constituent la seule issue possible. La Chine est profondément préoccupée par la poursuite de l’escalade et ses répercussions, qui portent atteinte à la paix et à la stabilité régionales et internationales. Nous appelons les parties concernées à mettre immédiatement fin aux hostilités et à revenir dès que possible sur la voie de la paix et du dialogue.
Reuters : L’Union européenne (UE) et l’Australie ont signé aujourd’hui un accord commercial. Dans son discours à ce sujet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que le partenariat entre l’UE et l’Australie dans le domaine des minéraux critiques était essentiel et que les deux parties ne devaient pas dépendre excessivement d’un fournisseur quelconque. Elle s’est également prononcée contre l’adoption du modèle de croissance de la Chine, axé sur les exportations, et contre la surcapacité industrielle de ce pays. La Chine a-t-elle une réponse à ces remarques ?
Lin Jian : Le commerce international est, par essence, un choix réciproque dicté par le marché qui profite aux deux parties. L’UE a elle-même toujours affiché un excédent commercial. Les produits chinois, innovants et de haute qualité, enrichissent l'offre mondiale, stimulent les échanges commerciaux et favorisent le développement industriel. La Chine ne cherche jamais à dégager un excédent commercial. En réalité, 40 % des exportations des entreprises européennes implantées en Chine sont destinées à l’Europe et comptabilisées dans l’excédent chinois. Or, les bénéfices de ces ventes reviennent aux investisseurs européens. La Chine est prête à être non seulement une « usine du monde », mais aussi un « marché mondial ». Engagée en faveur d’un développement de haute qualité et d’une ouverture de haut niveau, la Chine met activement en œuvre la stratégie d’expansion de la demande intérieure. Nous augmentons les importations de produits étrangers de qualité par le biais de plateformes telles que l’Exposition internationale d’importation de Chine (CIIE) et la Foire internationale du commerce des services de Chine (CIFTIS), libérant ainsi le potentiel de consommation à un rythme accéléré et insufflant un nouvel élan à l’économie mondiale.
Nous espérons que l’UE abandonnera la mentalité des jeux à somme nulle, s’abstiendra de toute mesure protectionniste et considérera le développement de la Chine d’un œil rationnel et objectif. En saisissant les nouvelles opportunités offertes par le plan directeur du 15e Plan quinquennal de la Chine, les deux parties peuvent collaborer ensemble pour instaurer des échanges commerciaux solides et équilibrés. Il est à espérer que l’UE travaillera avec la Chine pour préserver un environnement commercial international ouvert et inclusif.
AFP : Taiwan a annoncé qu’il ne participerait pas, pour la première fois, à une réunion de haut niveau de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au Cameroun. Taiwan a déclaré que le Cameroun avait désigné l’île comme une province de la Chine dans les documents remis à sa délégation. Quel est votre commentaire à ce sujet ?
Lin Jian : Il n’y a qu’une seule Chine dans le monde, et Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois. La position de la Chine concernant la participation de la région chinoise de Taiwan aux activités des organisations internationales est cohérente et claire : cette question doit être traitée conformément au principe d’une seule Chine. Le principe d’une seule Chine est la condition politique préalable à la participation de la région de Taiwan à l’OMC. Les autorités du Parti démocrate progressiste (PDP) se livrent à des manœuvres politiques sous prétexte de participer à la conférence de l’OMC, recourant à des moyens extrêmement ignobles. Leur tentative provocatrice visant l’« indépendance de Taiwan » est vouée à l’échec et ne fera que se couvrir d’opprobre.
Alors que l’ordre économique et commercial international est confronté à de graves défis, avec la montée de l’unilatéralisme et du protectionnisme et les graves répercussions subies par le système commercial multilatéral, il revêt une importance particulière que l’OMC organise à nouveau une conférence ministérielle en Afrique après une décennie. La Chine soutient fermement le Cameroun dans ses efforts pour faire de cette conférence ministérielle de l’OMC un plein succès.

Reuters : Selon Reuters, le gouvernement envisage de revoir à la baisse la qualification de ses relations avec la Chine, passant de « l’une des relations bilatérales les plus importantes » à une description de la Chine comme un voisin important, tout en conservant la formulation de « relations stratégiques et mutuellement bénéfiques ». Cette information figure dans un rapport diplomatique annuel actuellement examiné par le gouvernement. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Lin Jian : La cause profonde de la situation actuelle des relations sino-japonaises réside dans les propos erronés tenus par la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au sujet de Taiwan, qui ont suscité l’indignation du peuple chinois et défié la ligne rouge de l’ordre international d’après-guerre. Si la partie japonaise souhaite véritablement améliorer et développer ses relations avec la Chine, elle doit respecter les quatre documents politiques sino-japonais ainsi que ses propres engagements, retirer au plus vite ses propos erronés sur Taiwan, procéder à un profond examen de conscience, corriger ses erreurs, et prendre des mesures concrètes pour préserver les fondements politiques des relations sino-japonaises.
AFP : Le cabinet du Premier ministre espagnol a annoncé lundi que le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez effectuerait une visite officielle en Chine du 13 au 15 avril. La Chine peut-elle confirmer ces informations ? Quelles sont les attentes de la Chine à l’égard de cette visite ?
Lin Jian : La Chine et l’Espagne sont des partenaires stratégiques globaux. Ces dernières années, les relations bilatérales ont maintenu une dynamique positive. Concernant la visite que vous avez mentionnée, je n’ai pour l’instant aucune information à communiquer. Je vous invite à suivre nos prochaines informations.
Global Times : Ce matin, à Tokyo, un membre des Forces d’autodéfense japonaises a fait irruption dans l’ambassade de Chine au Japon. Pourriez-vous nous donner plus de détails ?
Lin Jian : Le matin du 24 mars, un délinquant se présentant comme un officier en service actif des Forces d’autodéfense japonaises a escaladé le mur et s’est introduit dans l’ambassade de Chine à Tokyo. L’homme a reconnu que ses actes étaient illégaux et a menacé de tuer des diplomates chinois au « nom de Dieu ».
La Chine est profondément choquée par cet incident et a formulé des représentations solennelles et de vives protestations auprès du Japon. Cet incident constitue une grave violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et représente une menace sérieuse pour la sécurité du personnel et des installations diplomatiques chinois. La nature et les conséquences de cet incident sont extrêmement graves. Cet incident montre une fois de plus que les courants et les forces d’extrême droite sévissent au Japon, et que le « néo-militarisme » prend de l’ampleur et constitue une menace. Il révèle également la nocivité des politiques erronées du gouvernement japonais sur des questions cruciales concernant les relations sino-japonaises, telles que l’histoire et Taiwan, ainsi que l’incapacité du Japon à maintenir la discipline au sein des Forces d’autodéfense et à s’acquitter de sa responsabilité de protéger les locaux et le personnel diplomatiques et consulaires chinois.
La Chine demande à la partie japonaise d’enquêter immédiatement et de manière approfondie sur cet incident, d’appliquer toute la rigueur de la loi à l’encontre de l’auteur et de rendre pleinement compte de cet incident. La partie japonaise doit garantir la sûreté et la sécurité des locaux et du personnel diplomatiques et consulaires chinois, réfléchir à ses politiques erronées à l’égard de la Chine et les corriger, et empêcher de façon définitive que de tels incidents ne se reproduisent. La communauté internationale doit rester extrêmement vigilante face aux tendances dangereuses que sont la montée en puissance de l’extrême droite et le renforcement incontrôlé des Forces d’autodéfense au Japon.

