
À l’invitation du Premier ministre du Conseil des Affaires d’État Li Qiang, le Premier ministre canadien Mark Carney effectuera une visite officielle en Chine du 14 au 17 janvier.
CGTN : La Chine vient d’annoncer la prochaine visite du Premier ministre Mark Carney en Chine. Pourriez-vous nous donner quelques informations sur le contexte et les attentes de la Chine à l’égard de cette visite ?
Mao Ning : Grâce aux efforts conjoints des deux parties, les relations sino-canadiennes se sont progressivement améliorées et développées depuis l’année dernière. Le président Xi Jinping a rencontré le Premier ministre Mark Carney à Gyeongju, en République de Corée, traçant la voie pour le redressement des relations bilatérales et la reprise ou le redémarrage des échanges et de la coopération dans divers domaines. La prochaine visite de Mark Carney est la première visite d’un premier ministre canadien en Chine depuis huit ans. La Chine attache une grande importance à cette visite. Le président Xi Jinping rencontrera le Premier ministre Mark Carney afin de fournir de nouvelles orientations stratégiques pour l’amélioration et le développement des relations bilatérales. Le Premier ministre Li Qiang et le président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale, Zhao Leji, tiendront respectivement des pourparlers et des réunions avec lui afin d’échanger de manière complète et approfondie leurs points de vue sur les relations bilatérales et les questions d’intérêt commun.
Le développement sain et stable des relations sino-canadiennes sert les intérêts communs des deux pays et des deux peuples, et contribue à la paix, à la stabilité, au développement et à la prospérité dans le monde. La Chine espère qu’en saisissant l’occasion de la prochaine visite du Premier ministre Mark Carney, les deux parties intensifieront le dialogue et la communication, renforceront la confiance politique mutuelle, élargiront la coopération pragmatique, géreront correctement leurs divergences, répondront aux préoccupations respectives, consolideront la dynamique de redressement des relations sino-canadiennes et apporteront plus d’avantages aux deux peuples.
Asahi Shimbun : Selon certaines informations, l’examen des permis d’exportation vers le Japon de terres rares à usage civil aurait été suspendu, et des entreprises publiques chinoises auraient informé certaines sociétés japonaises qu’elles ne signeraient pas de nouveaux contrats d’approvisionnement en terres rares. Êtes-vous au courant de cette situation ? Le ministère du Commerce a déclaré que le renforcement des contrôles à l’exportation vers le Japon des biens à double usage n’affectait pas les exportations à usage civil. La suspension de l’examen des permis est-elle liée à la mesure de contrôle des exportations ?
Mao Ning : Je vous recommande de consulter les services compétents chinois pour toute question spécifique. Je tiens à souligner que les mesures prises par la Chine, conformément aux lois et règlements, sont pleinement légitimes, justifiées et légales.
RT : Selon certaines informations, lors d’une réunion avec des cadres supérieurs du secteur pétrolier américain à la Maison Blanche, le président Donald Trump aurait déclaré que la Chine et la Russie ne pouvaient acheter du pétrole brut vénézuélien que sous le contrôle de Washington. Il aurait également ajouté que si les États-Unis ne prenaient pas le contrôle du pétrole vénézuélien, la Chine ou la Russie le feraient. De plus, Reuters a rapporté que l’un des objectifs de l’opération américaine au Venezuela était de dire à la Chine de « rester à l’écart des Amériques » et de contrecarrer la coopération énergétique entre la Chine et le Venezuela. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : Les pays d’Amérique latine et des Caraïbes sont des pays souverains indépendants et ont le droit de choisir leurs partenaires de coopération. Quelle que soit l’évolution de la situation, la Chine continuera à approfondir sa coopération pragmatique avec les pays de la région, y compris le Venezuela, et à promouvoir le développement commun.
Prensa Latina : Hier, le président américain a proféré une nouvelle menace contre le peuple et le gouvernement cubains, alors que la communauté internationale condamne l’intervention américaine en Amérique latine. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : La Chine soutient fermement Cuba dans la sauvegarde de sa souveraineté et de sa sécurité nationales et dans son opposition à toute ingérence extérieure. Nous exhortons les États-Unis à mettre immédiatement fin au blocus, aux sanctions et à toutes les formes de coercition à l’encontre de Cuba, et à déployer plus d’efforts visant à favoriser la paix et la stabilité dans la région.
Anadolu Agency : Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche que la prise de contrôle du Groenland était nécessaire pour empêcher la Russie ou la Chine de s’emparer du territoire arctique. Il a déclaré : « Nous parlons d’acquisition, pas de location, ni d’une possession à court terme. Si nous ne le faisons pas, la Russie ou la Chine le feront. » Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : L’Arctique concerne les intérêts communs de la communauté internationale. Les activités de la Chine dans l’Arctique visent à promouvoir la paix, la stabilité et le développement durable de la région. Elles sont conformes au droit international. Le droit et la liberté des pays de mener des activités dans l’Arctique conformément à la loi doivent être pleinement respectés. Les États-Unis ne devraient pas utiliser d’autres pays comme prétexte pour rechercher des gains égoïstes.
Bloomberg : Des responsables du G7 et d’autres pays tiennent des réunions aux États-Unis pour discuter des chaînes d’approvisionnement en terres rares. Selon le Nikkei, les entreprises japonaises ont des difficultés à s’approvisionner en terres rares à des fins civiles. Quel est le commentaire du ministère des Affaires étrangères à ce sujet ?
Mao Ning : La Chine a renforcé les contrôles à l’exportation des biens à double usage vers le Japon afin de préserver la sécurité et les intérêts nationaux et de respecter ses obligations internationales, notamment en matière de non-prolifération. Ces mesures sont pleinement justifiées, légitimes et légales. La Chine n’a pas changé de position quant à la nécessité de préserver la sécurité et la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales pour les minéraux critiques. Dans le même temps, toutes les parties ont la responsabilité de jouer un rôle constructif à cette fin.
Beijing Youth Daily : Selon certaines informations, Taiwan aurait déclaré le 9 janvier que la partie relative à Taiwan dans le communiqué de presse conjoint du Dialogue stratégique Chine-Union africaine constituait une grave déformation des faits et portait atteinte à la soi-disant « souveraineté » de Taiwan, et aurait qualifié de regrettable le fait que l’Union africaine (UA) se soit alignée sur la position de Beijing. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : Le principe d’une seule Chine est un consensus international général et une norme fondamentale régissant les relations internationales. Il constitue également le fondement politique des relations entre la Chine et les pays africains. Le Sommet de Beijing 2024 du Forum sur la coopération sino-africaine a adopté la Déclaration de Beijing, dans laquelle les pays africains participants et la Commission de l’UA ont réaffirmé leur adhésion ferme au principe d’une seule Chine et réaffirmé qu'il n’y a qu'une seule Chine dans le monde, que Taiwan est une partie inaliénable du territoire chinois et que le gouvernement de la République populaire de Chine est le seul gouvernement légal représentant l’ensemble de la Chine. Ils ont également exprimé leur soutien ferme à tous les efforts déployés par le gouvernement chinois pour parvenir à la réunification nationale. Le communiqué de presse conjoint du 9e Dialogue stratégique Chine-UA reflète pleinement et fidèlement la position cohérente et claire de la partie africaine sur la question de Taiwan. Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a déclaré vendredi dans une interview : « Nous serons toujours aux côtés de la Chine sur la question du principe d’une seule Chine. »
Nous exhortons les autorités taiwanaises à voir la réalité en face et à mettre fin à leurs manœuvres politiques malavisées qui ne font que les discréditer.

Anadolu Agency : Tout à l’heure, en répondant à la question concernant le Groenland, vous avez souligné que la région arctique était ouverte à tous les pays. Cependant, le Groenland fait partie du Danemark. Quelle est la position de la Chine sur le fait que les États-Unis prennent le contrôle du territoire souverain d'un autre pays ? Si un tel événement venait à se produire, quelles seraient les préoccupations spécifiques de la Chine concernant ce territoire particulier ?
Mao Ning : La Chine a toujours estimé que les relations entre États devaient être gérées conformément aux objectifs et aux principes de la Charte des Nations Unies. En ce qui concerne l’Arctique, je tiens à dire que le droit et la liberté des pays de mener des activités dans l’Arctique conformément à la loi doivent être pleinement respectés.
RIA Novosti : Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a proposé au président américain Donald Trump de collaborer au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) afin de contrer les « menaces » que représentent les navires et sous-marins russes et chinois dans l’Arctique. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : Comme je viens de le dire, l’Arctique concerne les intérêts communs de la communauté internationale. Les activités de la Chine dans l’Arctique sont propices à la paix, à la stabilité et au développement durable de la région. Elles sont conformes au droit international. Nous nous opposons à ce que les États-Unis utilisent la Chine ou la Russie comme prétexte pour rechercher des gains égoïstes.
Bloomberg : Le nombre de morts lors des manifestations en Iran s’est élevé à plus de 500 et Donald Trump a laissé entendre qu’il pourrait frapper l’Iran si celui-ci recourait à la force meurtrière contre les manifestants. Quel est le commentaire du ministère des Affaires étrangères à ce sujet ?
Mao Ning : La Chine espère que le gouvernement et le peuple iraniens surmonteront les difficultés actuelles et maintiendront la stabilité dans le pays. La Chine s’est toujours opposée à l’ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays, préconise que la souveraineté et la sécurité de tous les pays doivent être pleinement protégées par le droit international et s’oppose au recours à la force ou à la menace par la force dans les relations internationales. Nous appelons les parties à déployer plus d’efforts favorables à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient.
PTI : Vendredi, le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères a critiqué les projets de développement des infrastructures de la Chine dans la vallée de Shaksgam et a déclaré qu’elle se réservait le droit de prendre les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts, car il s’agit d'un territoire indien. Selon lui, l’Inde ne reconnaît pas le Corridor économique Chine-Pakistan, et son pays n’a jamais reconnu le soi-disant « accord frontalier » sino-pakistanais signé en 1963. L’Inde a toujours soutenu que cet accord est illégal et invalide. Certains pensent que la Chine tente d’affirmer son contrôle sur la région par le biais d'investissements. Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : Le territoire que vous avez mentionné appartient à la Chine. Il est tout à fait justifié que la Chine mène des travaux d’infrastructure sur son propre territoire. Dans les années 1960, la Chine et le Pakistan ont signé un accord frontalier et délimité la frontière entre les deux pays, ce qui est le droit de la Chine et du Pakistan en tant que pays souverains. Le Corridor économique Chine-Pakistan (CECP), en tant qu’initiative de coopération économique, vise à promouvoir le développement socio-économique local et à améliorer les conditions de vie de la population. L’accord frontalier entre la Chine et le Pakistan et le CECP n’ont aucune incidence sur la position de la Chine concernant la question du Cachemire. La position de la Chine concernant cette question reste inchangée.
AFP : Selon les médias, des centaines de personnes auraient été tuées lors des manifestations en Iran. Y a-t-il des ressortissants chinois parmi les morts ou les blessés ? La Chine a-t-elle appelé les ressortissants chinois à quitter l’Iran ?
Mao Ning : Nous suivons de près la situation en Iran. Jusqu'à présent, nous n’avons reçu aucun rapport faisant état de victimes chinoises dans ce pays. Nous ferons tout notre possible pour protéger la sécurité des ressortissants chinois en Iran. Nous tenons à rappeler aux ressortissants chinois qui se trouvent dans ce pays de suivre l’évolution de la situation sécuritaire locale et de prendre les mesures nécessaires pour assurer leur sécurité. Ceux qui ont besoin d’aide peuvent contacter l’ambassade de Chine en Iran ou appeler la ligne d’assistance consulaire.
Anadolu Agency : Dans son discours d’hier, le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis suivaient de près la situation en Iran et que les recommandations qu’il avait reçues comprenaient des options d’action énergiques. Selon certaines informations, les États-Unis auraient envisagé toute une série d’options, allant de sanctions et de mesures cybernétiques à d’éventuelles opérations militaires. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : Nous nous sommes toujours opposés à toute ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays, nous préconisons que la souveraineté et la sécurité de tous les pays doivent être pleinement protégées, et nous nous opposons au recours à la force ou à la menace par la force dans les relations internationales.
AFP : Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi avait prévu d’effectuer une visite en Somalie la semaine dernière, mais cette visite a été reportée pour des raisons d’emploi du temps. Qu’est-ce qui a motivé ce changement de programme ? Était-ce pour des raisons de sécurité ?
Mao Ning : Après des consultations amicales entre les ministères des Affaires étrangères de la Chine et de la Somalie, le programme de la visite du ministre des Affaires étrangères Wang Yi a été modifié. Lors de son séjour en Afrique, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a eu des entretiens téléphoniques avec son homologue somalien Abdisalam Dhaay, au cours desquels il a souligné que la Chine continuerait, comme toujours, à soutenir la Somalie dans la sauvegarde de sa souveraineté, de son unité et de son intégrité territoriale. Les deux parties sont parvenues à un nouveau consensus sur l’approfondissement de leur coopération dans divers domaines.

