
À l’invitation de Wang Yi, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois et ministre des Affaires étrangères, le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira, effectuera une visite officielle en Chine du 31 mai au 2 juin.
Hubei Media Group : La Chine vient d’annoncer la prochaine visite du ministre brésilien des Affaires étrangères Mauro Vieira en Chine. Comment la Chine perçoit-elle ses relations actuelles avec le Brésil ? Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur le programme de cette visite et sur les attentes de la Chine à cet égard ?
Mao Ning : La Chine et le Brésil sont respectivement les deux plus grands pays en développement des hémisphères oriental et occidental, et sont tous deux des membres importants des BRICS et du Sud global. Les relations sino-brésiliennes occupent depuis longtemps une place de premier plan parmi les relations de la Chine avec les autres pays en développement. Ces dernières années, sous la direction stratégique des chefs d’État des deux pays, les relations bilatérales ont maintenu une dynamique de développement solide. La construction d’une communauté d’avenir partagé Chine-Brésil et la mise en synergie des stratégies de développement ont progressé sans heurts, et la coopération pragmatique dans divers domaines a donné des résultats fructueux. Les relations bilatérales exercent une influence mondiale, stratégique et à long terme de plus en plus importante.
Au cours de cette prochaine visite, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi coprésidera avec le ministre des Affaires étrangères Mauro Vieira le cinquième dialogue stratégique global au niveau des ministres des Affaires étrangères entre la Chine et le Brésil. La Chine espère consolider davantage la confiance mutuelle sur les plans politique et stratégique entre les deux pays, continuer à faire progresser la construction d’une communauté d’avenir partagé Chine-Brésil, faire preuve d’un sens des responsabilités dans la promotion de la solidarité et de la coopération entre les pays du Sud global, et contribuer à la paix et à la stabilité mondiales grâce aux efforts de la Chine et du Brésil.
Yonhap News Agency : Les États-Unis, le Japon, l’Inde et l’Australie, membres du « Quad » (mécanisme quadripartite), ont récemment réaffirmé leur volonté de parvenir à la dénucléarisation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Un responsable du ministère des Affaires étrangères de la RPDC a récemment déclaré que son pays ne se « dénucléariserait » jamais. Comment la Chine évalue-t-elle la position de la RPDC ?
Mao Ning : La Chine a clairement exprimé sa position sur le groupe du « Quad » à plusieurs reprises. Nous nous sommes toujours opposés à la formation de « petits cercles » exclusifs et à l’incitation à la confrontation entre blocs. En ce qui concerne la question de la péninsule coréenne, la position et la politique de la Chine restent cohérentes et constantes.
Global Times : Selon certaines informations, la Chambre des conseillers du Japon aurait adopté cette semaine une loi visant à créer un Conseil national du renseignement et un Bureau national du renseignement. Ce projet de loi vise à mettre en place un système national intégré de renseignement, le premier du genre depuis la Seconde Guerre mondiale. Avec le Conseil national du renseignement en tant que pilier central et le Bureau national du renseignement comme organe d’exécution, ce système sera chargé de coordonner les activités de renseignement. Quel est votre commentaire à ce sujet ?
Mao Ning : Nous sommes préoccupés par cette initiative et avons noté que cette initiative japonaise avait déjà été remise en question, suscitant de nombreuses controverses tant au Japon qu’au sein de la communauté internationale. Certains experts japonais ont souligné que cette législation pourrait brouiller la frontière entre la sécurité nationale et servir à mettre en place un système global de préparation à la guerre. Des personnalités clairvoyantes ont déclaré qu’il ne s’agissait pas seulement d’une affaire intérieure du Japon, mais aussi d’une question majeure concernant le système constitutionnel et les politiques de sécurité intérieure et extérieure. Dans l’histoire, les services de renseignement japonais ont ouvert la voie à la pleine montée du militarisme et au lancement d’une guerre d’agression, ce qui a conduit à d’innombrables crimes contre ses voisins asiatiques et son propre peuple. Les responsables japonais doivent tirer les leçons de l’histoire et agir avec prudence.

AFP : Le commissaire européen chargé de l’industrie a déclaré au Financial Times, à la veille d’une réunion des commissaires européens vendredi, que l’Union européenne (UE) prévoyait d’élargir sa boîte à outils pour remédier au déséquilibre commercial avec la Chine, notamment en recourant davantage aux quotas d’importation et aux droits de douane afin de protéger certains secteurs, tels que la chimie et les technologies propres, contre la concurrence déloyale. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : Le commerce international est une voie à double sens. Il n’y a pas de commerce forcé. Les relations commerciales entre la Chine et l’UE sont de nature gagnant-gagnant. La Chine ne vise pas l’excédent commercial. Se concentrer uniquement sur le commerce des biens tout en ignorant le commerce des services et les retours sur investissement, sur les quantités brutes tout en négligeant la structure des échanges et les flux de bénéfices, et sur les importations en provenance de Chine tout en négligeant ses propres restrictions à l’exportation : quiconque envisage le commerce de cette manière ne voit rien d’autre qu’un déséquilibre.
Quels que soient les termes utilisés que sont la « réduction des risques » et la « diminution de la dépendance » ou l’« équilibre commercial », il ne s’agit que de différentes appellations du protectionnisme, qui ne feront que nuire aux intérêts des consommateurs européens, augmenter les coûts des entreprises et affaiblir la compétitivité de l’industrie européenne à long terme. L’UE doit considérer les relations économiques et commerciales entre la Chine et l’Europe de manière globale et objective, et respecter scrupuleusement ses engagements en matière de libre-échange. La Chine suit également de près les initiatives de l’Europe et prendra les mesures nécessaires pour défendre ses droits et intérêts légitimes.
RT : L’ambassade de Chine aux États-Unis a publié aujourd’hui une image sur ses comptes de réseaux sociaux à l’étranger, indiquant que la Chine allait mettre en place un contrôle des exportations des terres rares conformément à sa législation nationale. Conformément à l’accord conclu précédemment entre la Chine et les États-Unis, les deux parties avaient convenu de suspendre l’application de cette mesure de contrôle jusqu’au 10 novembre 2026. Pourquoi la Chine a-t-elle décidé d’appliquer cette mesure plus tôt que prévu ?
Mao Ning : À ma connaissance, l’ambassade de Chine aux États-Unis a retransmis des informations sur les résultats préliminaires des consultations économiques et commerciales sino-américaines. La Chine et les États-Unis doivent travailler ensemble pour mettre en œuvre le consensus important atteint par les deux chefs d’État et maintenir la dynamique de développement stable des relations économiques et commerciales sino-américaines.
Reuters : L’Institut international d’études stratégiques, un groupe de réflexion britannique, a publié son rapport d’évaluation. Il indique qu’un conflit majeur entre les États-Unis et la Chine au sujet de Taiwan pourrait risquer de s’intensifier, potentiellement jusqu’à un niveau de guerre nucléaire, et que les deux parties pourraient prendre pour cible leurs centres de commandement et de communication respectifs. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : La question de Taiwan relève des affaires intérieures de la Chine. Sa résolution est une affaire qui concerne les Chinois eux-mêmes et qui ne tolère aucune ingérence extérieure. Pour maintenir la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan, il est absolument essentiel de s’opposer sans équivoque à l’« indépendance de Taiwan ». La partie américaine devrait mettre sérieusement en œuvre le consensus important atteint par les deux présidents lors de leurs rencontres et faire preuve d’une prudence accrue dans le traitement de la question de Taiwan.

