Conférence de presse du 18 août 2021 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian
2021/08/18

RIA Novosti : La Chine participera-t-elle à la reconstruction de l'Afghanistan et dans quelles circonstances y participera-t-elle ?

Zhao Lijian : Récemment, la situation afghane a connu des changements majeurs. Le peuple afghan, après avoir vécu des guerres, des conflits et des instabilités pendant plus de 40 ans, aspire à la paix et à la stabilité. La Chine espère que toutes les parties en Afghanistan résoudront les divergences par les dialogues et consultations, éviteront de nouveaux conflits et catastrophes humanitaires et promouvront une transition en douceur de la situation afghane.

En tant que pays voisin proche et ami sincère de l'Afghanistan, la Chine poursuit depuis toujours une politique d'amitié envers l'ensemble du peuple afghan. Cela n'a pas changé, ne change pas et ne changera pas. La Chine continuera de soutenir la paix et la reconstruction en Afghanistan et d'apporter son aide autant que possible au développement socio-économique du pays.

China Review News : Le 17 août, un porte-parole des Talibans afghans a tenu une conférence de presse, déclarant que les Talibans ne voulaient répéter aucun conflit ni ne voulaient aucun ennemi intérieur ou extérieur. Il a ajouté que les Talibans respecteraient les droits des femmes dans le cadre de la loi islamique et qu'ils chercheraient à établir de bonnes relations avec les autres pays et envisageaient de former un gouvernement inclusif en Afghanistan. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Zhao Lijian : La Chine a noté les remarques concernées des Talibans afghans. Nous espérons que les Talibans afghans et les autres parties en Afghanistan établiront une structure politique ouverte et inclusive par les dialogues et consultations, mettront en œuvre des politiques intérieures et étrangères modérées et prudentes et protégeront effectivement la sécurité des institutions et des ressortissants étrangers en Afghanistan. Dans le même temps, nous nous attendons à ce qu'ils combattent résolument toutes sortes de forces terroristes, y compris le « Mouvement islamique du Turkestan oriental » (MITO), et honorent effectivement l'engagement de ne permettre à aucune force d'utiliser le territoire de l'Afghanistan pour menacer la sécurité de ses pays voisins. La Chine continuera de travailler avec la communauté internationale pour soutenir la paix et la reconstruction en Afghanistan et aider le pays à parvenir à la paix et la stabilité durables.

Phoenix TV : Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies tiendra une session extraordinaire à Genève la semaine prochaine pour discuter des moyens pour répondre à la situation des droits de l'homme en Afghanistan et aux préoccupations des différentes parties en la matière. Quelle est la position de la Chine là-dessus ?

Zhao Lijian : La situation en Afghanistan a connu des changements majeurs. Nous respectons la volonté et le choix du peuple afghan. La priorité du moment est de rétablir la paix, la stabilité et l'ordre le plus rapidement possible et d'éviter autant que possible les pertes en vies humaines inutiles et l'apparition de grands flux de réfugiés. La sécurité et les intérêts des citoyens afghans, des ressortissants étrangers et des diplomates étrangers en Afghanistan doivent être respectés et garantis. Nous espérons que les Talibans afghans s'uniront à toutes les parties et tous les groupes ethniques de l'Afghanistan pour établir une structure politique ouverte, inclusive et adaptée aux conditions nationales de l'Afghanistan, endiguer toutes sortes de terrorisme et d'actes criminels et reconstruire leur belle patrie.

Les faits prouvent une fois de plus que les interventions militaires effectuées par certains pays contre des pays souverains sous la bannière de la démocratie et des droits de l'homme ont gravement nui à la souveraineté nationale et à l'intégrité territoriale des pays concernés, causant de graves dommages à leur développement socio-économique, et entraînant un grand nombre de victimes civiles innocentes ou des déplacements forcés. Ces pays doivent immédiatement mettre fin à leurs actes d'interventions militaires illégales et déployer des efforts concrets pour préserver la paix et la sécurité du monde et promouvoir et protéger les droits de l'homme.

Quotidien du Peuple : Selon des reportages, des sources d'information ont révélé que l'enquête sur les origines du nouveau coronavirus menée par les services de renseignement américains n'a pas encore connu de progrès substantiel jusqu'à présent, mais les États-Unis avaient toujours l'intention de publier le rapport en la matière comme prévu, et d'y concocter une conclusion trompeuse selon laquelle le virus provient de l'Institut de virologie de Wuhan. Les hauts fonctionnaires de l'administration américaine estiment que l'enquête n'est pas le but, alors que la promotion de l'enquête porte sur elle-même une signification, et que la médiatisation continue de l'« enquête sur les origines du virus » est pour épuiser les ressources diplomatiques de la Chine et mettre les États-Unis à une meilleure position dans les négociations avec la Chine. Dans le même temps, les États-Unis ont fait pression sur l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et son Directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus pour que la « deuxième phase des études sur les origines du virus » soit lancée rapidement en Chine et ont regroupé leurs alliés pour faire progresser, si nécessaire, une enquête indépendante dirigée par une tierce partie en dehors du cadre de l'OMS. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : J'ai noté les reportages concernés. Selon ces reportages, les hauts fonctionnaires de l'administration américaine ont dit : « l'enquête n'est pas le but, alors que la promotion de l'enquête porte sur elle-même une signification ». Si ces reportages sont vrais, il s'agira d'un aveu de la part des États-Unis qui se permettent délibérément la « présomption de culpabilité ». Ce qui intéresse les États-Unis, ce ne sont pas les faits et la vérité, mais les façons d'épuiser et de diffamer la Chine. L'intention sinistre des États-Unis de faire des manipulations politiques n'est-elle pas suffisamment évidente ?

Les États-Unis ont l'intention de remonter en scène leur vieille farce consistant à utiliser un tube de lessive en poudre pour calomnier et accuser faussement autrui. Cela ne trompera pas le monde, mais au contraire, amène les gens à se méfier de plus en plus des États-Unis. Si les États-Unis épuisent les moyens pour calomnier la Chine, n'est-ce pas pour détourner l'attention de la communauté internationale sur les nombreux points douteux et le triste bilan des laboratoires biologiques américains tels que le Fort Detrick ? Qu'est-ce que la partie américaine tente de dissimuler ?

À part le Fort Detrick dont les États-Unis refusent de parler, ils ont bâti plus de 200 laboratoires biologiques dans le monde entier et y mènent des activités biomilitaires sous différents prétextes. Les sites où se situent les laboratoires biologiques américains sont souvent les zones exposées fréquemment à des maladies telles que la peste, l'anthrax et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS). Selon des médias américains, l'armée américaine a transporté le nouveau coronavirus en Europe par le biais d'un programme d'approvisionnement en sang en 2019 et des volontaires civils entrant dans la base de l'armée américaine en Italie en août 2019 en sont devenus les premières victimes. Quelle est l'explication de la partie américaine pour tout cela ?

La Chine soutient toujours les recherches scientifiques sur les origines du virus et continuera d'y prendre part. Elle a déjà invité à deux reprises l'OMS à venir en Chine pour des recherches conjointes et en a tiré des conclusions scientifiques faisant autorité, jetant une base pour la prochaine étape des études mondiales sur les origines du virus. Ce à quoi nous nous opposons fermement, ce sont des recherches politisées. Quels que soient les efforts déployés par la partie américaine pour salir la Chine et rejeter les responsabilités sur elle, les doutes de la communauté internationale sur les laboratoires biologiques américains dispersés dans le monde entier ne pourront pas être dissipés. Si la partie américaine n'a rien à cacher, elle doit inviter sans rien craindre l'OMS à venir aux États-Unis mener des enquêtes sur les origines du virus, notamment au Fort Detrick et à l'Université de Caroline du Nord. C'est ça la sincérité et l'attitude d'un pays qui se soucie vraiment de la recherche des origines du virus dans le monde.

AFP : La Chine envisage-t-elle de reconnaître le gouvernement des Talibans afghans ? Si elle ne le fait pas pour le moment, dans quelles conditions le reconnaîtra-t-elle ?

Zhao Lijian : Selon la pratique internationale, pour qu'un gouvernement soit reconnu, il faut tout d'abord qu'il soit formé. La position de la Chine sur la question afghane est constante et claire. Nous espérons que l'Afghanistan pourra former un gouvernement ouvert, inclusif et largement représentatif, faisant écho à l'attente et l'aspiration générales de son peuple et de la communauté internationale.

Bloomberg : Le sénateur républicain américain Marco Rubio a déclaré que les États-Unis devraient bannir TikTok en raison du lien évident entre l'entreprise et le gouvernement chinois. Quels sont les commentaires du Ministère des Affaires étrangères à cet égard ?

Zhao Lijian : Le politicien américain que vous avez mentionné, au mépris des faits, a fait inlassablement des remarques antichinoises pour des intérêts politiques égoïstes, et il est voué à être balayé dans les poubelles de l'Histoire. Nous recommandons à ce soi-disant « représentant élu » de la partie américaine de faire davantage de choses concrètes au profit des intérêts de son propre peuple, au lieu de tout faire pour se livrer à la manipulation politique et réprimer les entreprises des autres pays.

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