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Conférence de presse du 16 août 2021 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying

2021-08-16

CCTV : Nous avons remarqué que maintenant, la situation en Afghanistan évoluait très rapidement. Comment la Chine évalue-t-elle la situation actuelle en Afghanistan ?

Hua Chunying : La situation en Afghanistan a connu des changements majeurs, et nous respectons la volonté et le choix du peuple afghan. La guerre et les conflits en Afghanistan ont duré depuis plus de 40 ans. Mettre fin à la guerre et réaliser la paix sont l'aspiration unanime des plus de 30 millions d'Afghans et l'attente commune de la communauté internationale et des pays de la région.

La Chine a noté qu'hier, les Talibans afghans avaient déclaré la fin de la guerre en Afghanistan et qu'ils allaient engager des négociations pour mettre en place un gouvernement islamique ouvert et inclusif et prendre des actions responsables pour assurer la sécurité des citoyens afghans et des missions diplomatiques étrangères en Afghanistan. La Chine s'attend à ce que ces remarques puissent être mises en œuvre afin d'assurer une transition en douceur de la situation en Afghanistan, d'endiguer toutes sortes de terrorisme et d'actes criminels et de permettre au peuple afghan de rester à l'écart de la guerre et des conflits et de reconstruire un meilleur foyer.

Phoenix TV : Les Talibans afghans sont entrés dans la capitale Kaboul et ont déclaré qu'ils cherchaient une transition pacifique du pouvoir. Les parties devraient tenir des pourparlers au Qatar. La Chine reconnaîtra-t-elle le gouvernement afghan avec les Talibans au pouvoir ? Que signifie la reprise du pouvoir par les Talibans afghans pour la Chine ?

Hua Chunying : La Chine maintient le contact et la communication avec les Talibans afghans et d'autres parties sur la base du plein respect de la souveraineté de l'Afghanistan et de la volonté de toutes les parties du pays et joue toujours un rôle constructif dans la promotion d'un règlement politique de la question afghane. Comme vous le savez tous, le 28 juillet, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a rencontré à Tianjin la délégation dirigée par le Chef de la Commission politique des Talibans de l'Afghanistan le mollah Abdul Ghani Baradar.

Nous espérons que les Talibans afghans pourront s'unir à tous les partis politiques et groupes ethniques de l'Afghanistan pour établir une structure politique largement inclusive et adaptée aux conditions nationales de l'Afghanistan et jeter une base pour la paix durable dans le pays.

Les Talibans afghans ont exprimé à plusieurs reprises leur espoir de développer de bonnes relations avec la Chine et leur attente de voir la Chine participer à la reconstruction et au développement de l'Afghanistan. Aucune force ne sera autorisée à utiliser le territoire afghan pour porter atteinte à la Chine. Nous exprimons notre appréciation à cet égard. Depuis longtemps, la Chine respecte toujours la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Afghanistan, adhère toujours au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures de l'Afghanistan, et poursuit toujours une politique d'amitié envers l'ensemble du peuple de l'Afghanistan. La Chine respecte le droit du peuple afghan de décider de son propre destin et de son propre avenir en toute indépendance et est prête à continuer à développer les relations de bon voisinage et de coopération d'amitié avec l'Afghanistan et à jouer un rôle constructif dans la paix et la reconstruction de l'Afghanistan.

CNR : Selon des reportages, la juge en chef adjointe de la Cour suprême du Canada Heather Holmes a mis en cause, le 12 août, l'accusation de « fraude » portée par les États-Unis contre Meng Wanzhou. Elle a dit : « N'est-il pas inhabituel de voir un cas de fraude sans préjudice réel de nombreuses années plus tard et dans lequel la victime présumée, une grande institution, semble avoir en son sein de nombreuses personnes qui connaissaient la situation (sur les liens entre Huawei et des sociétés concernées) ? ». Lors de l'audience d'extradition du 13 août, les avocats plaidants de Meng Wanzhou ont également qualifié l'accusation à son encontre de « fatalement erronée » et de « pleine de théories changeantes ». Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Nous avons remarqué les reportages concernés. Comme les faits l'ont pleinement prouvé, l'affaire Meng Wanzhou est purement et simplement une affaire politique. La partie américaine a concocté l'accusation de soi-disant « fraude » contre Mme Meng Wanzhou. Même la HSBC, victime présumée de la « fraude » selon les États-Unis, a fourni suffisamment de documents pour prouver que Mme Meng n'a pas commis de fraude. Les faits sont très clairs. Nous exhortons les États-Unis à retirer immédiatement le mandat d'arrêt et la demande d'extradition de Mme Meng. Nous appelons la partie canadienne à rectifier ses erreurs sans tarder et à libérer Mme Meng dans le plus bref délai afin qu'elle puisse retourner en Chine en toute sécurité.

China News Service : Le 13 août, le Bureau de contrôle des actifs étrangers (OFAC) du Département du Trésor des États-Unis a annoncé la sanction, selon la Loi Magnitski sur la responsabilité en matière de droits de l'homme, contre deux fonctionnaires du Ministère cubain de l'Intérieur et une unité militaire relevant du Ministère cubain des Forces armées révolutionnaires sous prétexte de répression des manifestations pacifiques et démocratiques à Cuba. Il s'agit de la troisième série de sanctions imposées par les États-Unis à Cuba depuis le début des manifestations antigouvernementales dans le pays. Le même jour, le Secrétaire d'État américain Antony Blinken a déclaré dans un communiqué que les États-Unis continueraient de promouvoir les poursuites en responsabilités pour les violations des droits de l'homme commises par le gouvernement cubain. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La Chine soutient fermement Cuba dans ses efforts pour explorer une voie de développement adaptée à ses conditions nationales et s'oppose résolument à toute interférence des forces extérieures dans les affaires intérieures de Cuba.

Les États-Unis ont imposé à plusieurs reprises des sanctions unilatérales arbitraires à Cuba sous prétexte de soi-disant « liberté », « démocratie » et « droits de l'homme », dans le but de dissimuler le fait que l'embargo américain est à l'origine des difficultés de Cuba en matière d'économie et de bien-être du peuple, et d'embellir leur ingérence dans les affaires intérieures de Cuba. La communauté internationale le voit clairement. Tout comme le Ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez l'a dénoncé, les États-Unis sont habitués à maintenir l'embargo contre Cuba par le biais des mensonges et des manipulations, ce qui démontre une fois de plus l'opportunisme et le « deux poids deux mesures » que poursuivent les États-Unis.

Nous exhortons les États-Unis à respecter les normes fondamentales régissant les relations internationales, à cesser de déformer les faits, de fabriquer des mensonges et de trouver des excuses pour leur manipulation politique, et à mettre fin aux actes d'hégémonisme que sont les sanctions unilatérales et les ingérences flagrantes. Ils devront faire davantage de choses réellement en faveur du développement régulier de Cuba et de la protection des droits fondamentaux du peuple cubain.

Beijing Media Network : Selon des reportages, le gouvernement et l'opposition du Venezuela ont tenu leur première phase de pourparlers à Mexico sous la médiation de la Norvège du 13 au 15 août, et ont annoncé qu'ils tiendraient de nouveau un dialogue du 3 au 6 septembre. Le Secrétaire d'État américain Antony Blinken, le Haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité Josep Borrell et le Ministre canadien des Affaires étrangères Marc Garneau ont publié une déclaration commune pour saluer les pourparlers susmentionnés. Ils ont exhorté toutes les parties vénézuéliennes à parvenir à un accord durable permettant de trouver une solution globale à la crise vénézuélienne, et ont appelé le gouvernement vénézuélien à libérer sans condition les prisonniers politiques injustement détenus, à garantir la liberté d'expression, à arrêter les violations des droits de l'homme et à créer les conditions nécessaires pour que les élections locales de novembre 2021 se conforment aux normes démocratiques internationales. Ils ont également exprimé leur intention d'envisager une réduction des sanctions imposées au Venezuela si des progrès significatifs étaient réalisés dans les pourparlers. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La position de la Chine sur la question vénézuélienne est constante et claire. En prenant toujours le respect de la Charte des Nations Unies et des normes fondamentales régissant les relations internationales comme point de départ, nous insistons sur le fait que la question vénézuélienne doit être résolue par le peuple vénézuélien par le biais d'un dialogue politique inclusif et d'une consultation indépendante dans le cadre constitutionnel. La Chine se réjouit de voir le gouvernement et l'opposition du Venezuela reprendre le dialogue et espère que les deux parties iront dans la même direction et parviendront à une solution politique dans les meilleurs délais. La Chine apprécie et soutient les efforts des pays concernés pour promouvoir les pourparlers de paix, et est prête à continuer à jouer un rôle positif et constructif dans la question vénézuélienne.

Parallèlement, la Chine réaffirme son opposition à l'ingérence dans les affaires intérieures d'autrui, aux sanctions unilatérales et à la soi-disant « juridiction au bras long ». Comme les faits l'ont prouvé, les sanctions et les pressions sont impopulaires et ne feront qu'accroître les difficultés en matière d'économie et de bien-être du peuple vénézuélien. Nous exhortons la partie américaine à cesser de s'ingérer dans les affaires intérieures du Venezuela dès que possible, à mettre fin aux sanctions unilatérales et à apporter davantage d'« énergie positive » à la paix, à la stabilité et au développement du Venezuela, au lieu de faire le contraire.

Reuters : L'Ambassade de Chine en Afghanistan continue-t-elle de fonctionner ? La Chine a-t-elle prévu d'évacuer ses diplomates ? La Chine s'inquiète-t-elle de la sécurité des ressortissants chinois en Afghanistan ?

Hua Chunying : L'Ambassade de Chine en Afghanistan continue de fonctionner normalement, l'Ambassadeur et le personnel de l'Ambassade de Chine en Afghanistan continuent de remplir leurs fonctions. La plupart des ressortissants chinois en Afghanistan sont déjà rentrés en Chine grâce aux dispositions prises par l'Ambassade. Il y a encore une poignée de personnes qui sont restées volontairement sur place. L'Ambassade est en contact étroit avec celles-ci et elles sont toutes en sécurité pour le moment. L'Ambassade de Chine en Afghanistan continuera à suivre de près la situation afghane et à fournir les services et l'assistance nécessaires à chaque citoyen chinois dans le pays.

China Review News : Selon Washington Post, l'expert du Secrétariat de l'OMS pour l'identification des origines de la COVID-19 et chef du groupe d'experts étrangers de l'équipe conjointe Chine-OMS Peter Ben Embarek a déclaré lors d'une interview récente avec un média danois que l'on ne pouvait pas exclure la possibilité qu'une personne du laboratoire chinois ait contracté le virus et l'ait apporté hors du laboratoire au cours de sa recherche sur le virus chez les chauves-souris. Il a également dit que, si le rapport sur l'identification des origines de la COVID-19 avait conclu que l'hypothèse d'une « fuite de laboratoire » était « extrêmement improbable », cette conclusion ne signifiait pas pour autant que cela soit « impossible », mais simplement « peu probable ». Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : Le reportage de Washington Post que vous avez mentionné est une fausse nouvelle. J'ai remarqué que M. Embarek avait déjà fait part à Washington Post que ses remarques dans l'interview étaient mal traduites du danois en anglais. Un porte-parole de l'OMS a dit aussi qu'il y avait des erreurs dans la traduction et que l'interview avait eu lieu il y a plusieurs mois déjà. Le média concerné n'a diffusé l'interview de M. Embarek que très récemment en déformant ses points de vue et en faisant de la citation tronquée sortie du contexte. En tant que chef de l'équipe conjointe Chine-OMS sur l'identification des origines de la COVID-19, M. Embarek soutient toujours le rapport d'études conjointes Chine-OMS sur l'identification des origines de la COVID-19.

Le 13 août, lors de la séance d'information tenue par le Ministère des Affaires étrangères sur l'identification des origines de la COVID-19 à l'intention des missions diplomatiques accréditées en Chine, le Directeur du Laboratoire national de biosécurité de Wuhan de l'Académie chinoise des sciences Yuan Zhiming a une fois de plus donné sa réponse à la prétendue théorie de « fuite de laboratoire ». Il a souligné que les allégations selon lesquelles l'Institut de virologie de Wuhan aurait « créé » ou « laissé fuir » la COVID-19 étaient toutes inventées et totalement incompatibles avec les faits et le consensus du milieu académique. Lors de la conférence de presse du 9 février 2021 de l'équipe conjointe Chine-OMS sur l'identification des origines de la COVID-19, M. Embarek a déclaré qu'il était « extrêmement improbable qu'une fuite de virus depuis le laboratoire de l'Institut de virologie de Wuhan soit à l'origine de l'épidémie à Wuhan ».

Le rapport d'études conjointes Chine-OMS sur l'identification des origines de la COVID-19 est rédigé dans le plein respect des procédures de l'OMS sur la base des méthodes scientifiques. Il s'est révélé un rapport de grande valeur et faisant autorité qui peut résister à l'épreuve de la science et de l'histoire. Ce rapport doit servir de base et de guide pour le traçage des origines du virus sur le plan international. Toute tentative de renverser ou de déformer les conclusions du rapport d'études conjointes constitue une manipulation politique et un manque de respect envers les scientifiques du monde entier et la science.

Agence de presse Xinhua : Selon des reportages, l'organisation américaine « Arrêtez la haine contre les Américains d'origine asiatique et des insulaires du Pacifique » (Stop AAPI Hate) a publié un rapport le 12 août, déclarant que du 19 mars 2020 au 30 juin 2021, l'organisation a enregistré un total de 9 081 incidents de haine envers les Asio-Américains, et indiquant que le racisme et la xénophobie aux États-Unis, au lieu de s'affaiblir, n'ont fait que se renforcer. Selon l'organisation, si les hommes politiques américains continuent de considérer les Chinois comme des boucs émissaires pour la propagation de la COVID-19, la situation ne fera que se détériorer. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : J'ai remarqué les reportages concernés et j'exprime ma préoccupation et ma sympathie pour la situation des Américains d'origine asiatique et des insulaires du Pacifique aux États-Unis. Sur fond d'épidémie, le droit à la vie et à la santé du peuple américain n'est pas efficacement protégé, et le nombre des cas d'infections et de décès dus à la COVID-19 ne cesse de grimper. Face à cette situation préoccupante, certains politiciens américains ont fait des réactions non pas pour sauver des vies, mais pour rejeter la responsabilité sur autrui. Du « virus chinois » dont parle la dernière administration américaine à la mobilisation de services de renseignement par l'administration actuelle pour enquêter sur le laboratoire de Wuhan avec une présomption de culpabilité, les tentatives de stigmatiser la Chine de certains politiciens américains n'ont jamais cessé dans le monde entier, et leur but est d'« établir la culpabilité » de la Chine et d'« échapper à leurs propres responsabilités ».

Cependant, ces soi-disant « bonnes stratégies » des États-Unis n'ont pas permis de sauver la partie américaine elle-même, mais ont donné au virus plus d'opportunités. En plus, les actes de la partie américaine consistant à rejeter la responsabilité sur les autres ont aggravé la discrimination, l'intimidation et même la haine et les attaques contre les Asiatiques dans la société américaine, aiguisant le problème déjà très sérieux de la discrimination raciale, dont les autres minorités ethniques ne sont pas non plus à l'abri. Une épidémie a mis en évidence l'ignorance et l'incompétence de certains politiciens américains, et a exacerbé les déchirures et les troubles de la société américaine. Mais c'est au grand public américain de supporter la souffrance et la perte.

Nous exhortons ces politiciens américains à écouter attentivement les demandes et les cris du peuple américain, y compris les minorités ethniques, à cesser de faire passer leurs intérêts politiques égoïstes au-dessus de la vie et de la santé du peuple, et à arrêter de placer les manipulations politiques au-dessus des recherches scientifiques. C'est non seulement l'exigence minimale pour faire face à l'épidémie, mais aussi la ligne à ne jamais franchir pour la conscience humaine.

AFP : Les États-Unis et de nombreux pays ont exhorté les Talibans afghans à autoriser les Afghans à quitter le pays et les ont avertis de leurs responsabilités devant les nouvelles violences. Quelle est la position de la Chine face à la situation actuelle du peuple afghan ? La situation actuelle en Afghanistan affectera-t-elle les relations diplomatiques entre la Chine et ses pays voisins ?

Hua Chunying : En fait, j'ai déjà répondu à votre question tout à l'heure.

Nous avons noté que les Talibans afghans avaient déclaré hier la fin de la guerre en Afghanistan et qu'ils prendraient des actions responsables pour assurer la sécurité des citoyens afghans et des missions diplomatiques étrangères en Afghanistan. Nous espérons qu'ils mettront en œuvre ce qu'ils ont déclaré et veilleront à ce que le peuple afghan puisse s'éloigner de la guerre et commencer à reconstruire sa belle patrie.

Sur la base du plein respect de la souveraineté de l'Afghanistan et de la volonté de toutes les parties du pays, la Chine a toujours maintenu le contact et la communication avec les Talibans afghans. Nous espérons que les Talibans afghans pourront s'unir à tous les partis politiques et groupes ethniques de l'Afghanistan et établir une structure politique largement inclusive et adaptée à leurs conditions nationales, afin de jeter une base pour réaliser la paix durable dans le pays. Les Talibans afghans ont également exprimé à plusieurs reprises leur volonté de développer de bonnes relations avec la Chine et ont promis qu'aucune force ne serait autorisée à utiliser le territoire afghan pour porter atteinte à la Chine. Nous nous en félicitons.

La Chine adhère toujours au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui et poursuit toujours une politique d'amitié envers l'ensemble du peuple afghan. Nous respectons le droit du peuple afghan de décider indépendamment de ses propres avenir et destin. Ils ont ce droit. Nous sommes prêts à continuer de développer les relations de bon voisinage et de coopération d'amitié avec l'Afghanistan et à jouer un rôle constructif dans la paix et la reconstruction de l'Afghanistan.

Prasar Bharati : Vous venez de mentionner que l'Ambassade de Chine en Afghanistan fonctionne toujours normalement. La Chine a-t-elle parlé de la sécurité de ses diplomates en Afghanistan lors des entretiens avec les représentants des Talibans afghans à Tianjin ? Vous venez également de dire que la Chine avait évacué ses ressortissants en Afghanistan. Pourriez-vous nous dire combien de Chinois restent encore en Afghanistan et combien ont été évacués ?

Hua Chunying : Comme je viens de le dire, hier, les Talibans afghans ont déclaré publiquement qu'ils prendraient des actions responsables pour assurer la sécurité des citoyens afghans et des missions diplomatiques étrangères en Afghanistan. Comme je l'ai mentionné tout à l'heure, l'Ambassadeur et le personnel de l'Ambassade de Chine en Afghanistan restent toujours à leur poste et remplissent leurs fonctions. En ce qui concerne le nombre précis des Chinois en Afghanistan, je ne connais pas le chiffre exact. Mais ce que je peux vous dire, c'est que la plupart des ressortissants chinois sont rentrés sains et saufs en Chine avec l'aide de l'Ambassade et que seulement un petit nombre de personnes y sont restées volontairement. L'Ambassade de Chine en Afghanistan maintient des contacts étroits avec elles, qui sont actuellement en sécurité. L'Ambassade de Chine en Afghanistan continuera de suivre de près l'évolution de la situation en Afghanistan. L'Ambassade a également demandé aux parties afghanes concernées de prendre effectivement des mesures pour assurer la sécurité des institutions et des ressortissants chinois en Afghanistan.

PTI : Actuellement, la confusion et la panique règnent à Kaboul, en particulier des milliers de personnes s'efforcent de fuir leurs villes. L'aéroport a également été bloqué. Quelle est la politique de la Chine envers les Talibans afghans à l'heure actuelle ? Les Talibans afghans ont pris l'engagement de n'autoriser aucune force à utiliser le territoire afghan pour porter atteinte aux intérêts chinois. La Chine jugera-t-elle la situation générale sur la base de l'engagement pris par les Talibans afghans ? Cela signifie-t-il que la Chine ne veut pas voir les Talibans afghans accueillir les groupes qui nuisent aux intérêts chinois ? Ou bien la partie chinoise espère qu'un gouvernement inclusif, pacifique et reconnu par la communauté internationale sera formé en Afghanistan ?

Hua Chunying : Je peux donner une réponse bien brève à votre question. L'un des principes importants de la politique étrangère de la Chine est la non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui. Nous respectons la souveraineté et l'indépendance de tous les pays, ainsi que le choix indépendant des peuples de tous les pays d'une voie adaptée à leurs propres conditions nationales. La situation en Afghanistan a connu des changements majeurs. Ce que la Chine peut faire et fera, c'est de respecter la volonté et le choix du peuple afghan, et d'aider l'Afghanistan à arrêter la guerre dans les meilleurs délais, à assurer une transition en douceur, à contenir toutes sortes de terrorisme et à réaliser la paix.

Nous espérons que les Talibans afghans pourront s'unir à tous les partis politiques et groupes ethniques en Afghanistan pour construire une structure politique largement inclusive qui répond aux attentes de l'Afghanistan et de la communauté internationale et réaliser la paix durable dans le pays. Nous souhaitons également que le peuple afghan puisse s'éloigner dès que possible des flammes de la guerre et reconstruire son foyer.

China Daily : L'OMS a publié une déclaration le 12 août, disant que la priorité de l'OMS était de permettre aux scientifiques de mettre en œuvre les recommandations énoncées dans le rapport d'études conjointes Chine-OMS de mars 2021 sur la base de la première phase des études. Trouver les origines de tout nouvel agent pathogène est un processus difficile, basé sur la science et qui nécessite de la coopération, du dévouement et du temps. Le traçage des origines de la COVID-19 ne doit pas être un outil politique d'accusations mutuelles. Parallèlement, selon la déclaration, il n'y a pas suffisamment de preuves scientifiques dans le rapport de recherche de la première phase pour écarter toutes les hypothèses, et des mécanismes tels que le Groupe consultatif scientifique international sur les origines des nouveaux agents pathogènes (SAGO) seront établis. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La Chine a remarqué la déclaration publiée par le Secrétariat de l'OMS le 12 août portant sur la question de l'identification des origines de la COVID-19 dans la prochaine étape, soulignant que le traçage des origines de la prochaine phase devait être basé sur la première phase des études et mettre en œuvre les recommandations énoncées dans le rapport d'études conjointes Chine-OMS, et estimant que la recherche des origines de nouveaux agents pathogènes devait être basée sur la science et ne devait pas être un outil d'accusations mutuelles ou d'attaques et de défenses politiques. Ces points de vue doivent être mis en œuvre dans les missions concernées de l'OMS.

Vendredi dernier, le Vice-Ministre des Affaires étrangères Ma Zhaoxu a tenu une séance d'information sur l'identification des origines de la COVID-19 à l'intention des missions diplomatiques accréditées en Chine, durant laquelle il a exposé de manière exhaustive la position et les propositions de la Chine sur la question du traçage et ses derniers progrès en la matière. Ce que je tiens à souligner, c'est que l'OMS est dirigée par ses États membres. L'identification des origines du virus est d'une grande importance et la recherche mondiale des origines de la prochaine étape doit également être dirigée par ses États membres. Le Secrétariat de l'OMS doit mener d'amples consultations sur le plan international de traçage des origines du virus, y compris sur le mécanisme de suivi avec les États membres de l'Organisation, mettre sérieusement en œuvre les résolutions pertinentes de l'Assemblée mondiale de la Santé, et respecter les opinions des États membres. Quant aux plans d'études concernant les pays particuliers, ils doivent surtout être définis à travers des concertations avec ces pays pour servir de base à une coopération efficace.

Global Times : Ces derniers jours, les médias ont révélé de plus en plus de points douteux de la part des États-Unis sur la question de l'identification des origines du virus, par exemple, aucune réponse aux appels à enquêter sur le laboratoire biologique américain du Fort Detrick n'a été donnée jusqu'à ce jour. Selon de récentes photos satellites du laboratoire biologique américain du Fort Detrick exposées par des médias, de mars 2020 à août 2021, soit au moment où la pandémie de COVID-19 faisait rage aux États-Unis, de grands travaux de construction étaient en cours dans le Fort Detrick avec de nouveaux terrains défrichés pour la construction et des signes évidents de déplacement de bâtiments. Le Directeur général du Conseil russe pour les affaires internationales (RIAC), entre autres, a indiqué que l'objectif ultime du milieu de renseignement américain d'inciter à une enquête sur les origines du virus consistait à détourner l'attention sur l'inefficacité des États-Unis dans la lutte contre la COVID-19 et à rejeter les responsabilités sur la Chine, ce qui est intrinsèquement erroné. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : Vendredi dernier, le Vice-Ministre des Affaires étrangères Ma Zhaoxu a présidé une séance d'information sur l'identification des origines de la COVID-19 à l'intention des missions diplomatiques accréditées en Chine. Plus de 160 chefs de missions diplomatiques et représentants d'organisations internationales l'ont suivie en présentiel ou en ligne. Le Vice-Ministre Ma Zhaoxu a exposé de manière exhaustive la position, les propositions et les derniers progrès de la Chine en matière d'étude sur les origines du virus, soulignant que la Chine soutenait depuis toujours et continuerait à participer à l'identification scientifique mais qu'elle s'opposait fermement aux recherches politisées.

La Chine, comme les autres pays du monde, est victime de la pandémie de COVID-19 et espère tous en trouver les origines et en endiguer la propagation le plus rapidement possible. Toutefois, le traçage ne doit pas être mené dans une « ombre épaisse » et dans les angles morts créés artificiellement, et encore moins dans une intention de se livrer à de fausses accusations malveillantes et à la présomption de culpabilité à des fins politiques. Voilà un consensus largement partagé par la communauté internationale.

J'ai remarqué que de nombreux médias fournissaient activement divers indices pour l'identification des origines, parmi lesquels certains faits recueillis par Global Times étaient si précieux que j'ai demandé à mes collègues de préparer une diapositive pour partager avec vous :

Le Professeur Ralph S. Baric de l'Université de Caroline du Nord des États-Unis, connu comme le « chasseur de coronavirus », et sa technique de modification du virus :

Selon des reportages du média de l'Université de Caroline du Nord, le Professeur Baric s'engage dans la recherche de coronavirus depuis « des décennies », et ses recherches concernées sont directement liées aux médicaments et aux vaccins pour traiter les infections à coronavirus.

Selon le magazine américain MIT Technology Review, le Professeur Baric maîtrise une technique qui permet de modifier voire de « rendre plus puissants » les coronavirus à travers une « technique de génétique inverse ». Grâce à cette technique, il peut non seulement cultiver un virus vivant basé sur les fragments de gènes de coronavirus, mais aussi modifier les gènes des coronavirus et en créer de nouveaux.

En 2003, une thèse publiée, dont M. Baric était co-auteur, a démontré la puissance de cette technique en illustrant la résurrection réussie d'un virus du SRAS. Plus tard, le Professeur Baric et d'autres personnes ont déposé une demande de brevet pour cette réalisation, qui a été approuvée en 2007, sous le code de brevet US7279327B2.

Cette technique virale unique a fait du Professeur Baric le meilleur expert des coronavirus aux États-Unis, et lui permet de collecter des échantillons de divers coronavirus dans le monde entier à des fins de recherche. Par exemple, en 2013, lorsque la scientifique de l'Institut de virologie de Wuhan de la Chine Shi Zhengli et son équipe ont obtenu les gènes de plusieurs coronavirus dans une grotte de chauve-souris de la province du Yunnan, le Professeur Baric a pris l'initiative de contacter Shi Zhengli pour exprimer son souhait d'obtenir des échantillons de ces coronavirus pour la recherche. Shi Zhengli a très généreusement partagé ses découvertes avec M. Baric, et ce dernier, en s'appuyant sur sa technique de modification du virus, a créé un tout nouveau coronavirus capable d'infecter l'espèce humaine dans son laboratoire aux États-Unis. Lors de cette recherche, la modification du virus et les expériences d'infection des souris ont toutes deux été réalisées à l'Université de Caroline du Nord, et le virus chimérique construit n'a pas été mis à la disposition de l'équipe de Shi Zhengli. Le résultat de cette étude a été publié en 2015 dans la revue académique internationale Nature en 2015.

Ce qui mérite une attention toute particulière, c'est que bien que presque tous les scientifiques affirment que les virus modifiés artificiellement peuvent laisser des traces, le Professeur Baric a dit lors d'une interview accordée à un média italien en septembre 2020 qu'il était capable de modifier artificiellement un virus sans laisser « aucune trace ».

Le Professeur Baric entretient des liens étroits avec deux institutions qui mènent des recherches sur les virus à haut risque et les coronavirus dans le Fort Detrick, à savoir l'Institut de recherche médicale de l'armée américaine sur les maladies infectieuses (USAMRIID) et l'« Installation de recherches intégrées » rattachée à l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) des États-Unis.

De nombreux articles montrent que Baric a mené plusieurs études sur les coronavirus avec l'USAMRIID. Un article de 2006 montre qu'ils ont eu une coopération dans les recherches scientifiques sur le SRAS.

Un article publié en 2021 sur le site Web de l'armée américaine a révélé que Baric avait été invité en avril dernier à donner une conférence à l'USAMRIID au sujet des recherches sur les coronavirus.

Et Lisa Hensley, Directrice adjointe de l'« Installation de recherches intégrées » du Fort Detrick, est étudiante de Baric.

Un article concernant un coronavirus à haut risque (MERS, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient) publié en 2014 dans le journal Antimicrob Agents Chemother est le résultat de la coopération entre ces deux institutions au sein du Fort Detrick. Et les projets de coopération de ce genre sont nombreux.

Et grâce à ces projets de coopération et à ces connexions, les « ressources » abondantes du Professeur Baric en matière de coronavirus et ses « techniques » de modification et de création de coronavirus ont été largement utilisées au sein du Fort Detrick.

Par exemple, un article publié en 2018 dans la revue américaine Nature montre qu'une chercheuse de l'« Installation de recherches intégrées » du Fort Detrick qui s'appelle Lisa Torzewski a collaboré avec Baric pour infecter des singes avec un virus MERS génétiquement modifié.

L'USAMRIID et l'« Installation de recherches intégrées » du Fort Detrick ont tous de mauvais antécédents en matière de sécurité des laboratoires. Un document ouvert de 2014 de Frederick News-Post des États-Unis a montré que rien qu'au cours de l'année 2014, de multiples incidents de sécurité s'étaient produits dans des laboratoires de l'« Installation de recherches intégrées », dont certains avaient directement impliqué des coronavirus à haut risque tels que le MERS. Dans le même temps, d'autres problèmes de sécurité ont également été signalés dans des laboratoires de niveaux de sécurité inférieurs de l'« Installation de recherches intégrées ».

Un reportage publié en juillet 2016 par le WKYC, média local affilié à la NBC, a révélé qu'un laboratoire de l'« Installation de recherches intégrées » avait connu en 2015 un incident de sécurité lié au virus Ebola.

Beaucoup savent qu'en automne 2019, juste avant l'apparition de la pandémie de COVID-19, l'USAMRIID a connu de graves incidents de sécurité et ses recherches ont été suspendues par le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) des États-Unis.

Selon un reportage de Frederick News-Post du 23 novembre 2019, outre les problèmes largement rapportés concernant le système de traitement des eaux usées du laboratoire, de sérieux problèmes de sécurité ont également été trouvés dans deux laboratoires de l'USAMRIID qui se spécialisent dans les recherches sur les virus à haut risque, qui n'ont pas assuré le travail de protection selon les normes.

Quant au laboratoire de Baric en Caroline du Nord, de nombreux problèmes de sécurité existent aussi. Des rapports annuels concernés de l'Université de Caroline du Nord et des reportages du média américain ProPublica nous ont présenté des détails.

De ces informations abondantes, bien documentées et provenant des grands médias américains, je pense que nous pouvons tirer au moins deux conclusions :

Premièrement, la dangereuse technique de modification de coronavirus de Baric est largement utilisée dans les projets de recherches scientifiques de l'USAMRIID et de l'« Installation de recherches intégrées » du Fort Detrick, deux laboratoires spécialisés dans les virus et respectivement militaire et gouvernemental.

Deuxièmement, l'USAMRIID, l'« Installation de recherches intégrées », et le laboratoire de Baric en Caroline du Nord qui utilisent ces techniques dangereuses de virus ont tous un mauvais bilan sécuritaire. Et ils ont tous des liens directs avec des laboratoires BSL-4 où sont menées des recherches sur les virus les plus dangereux. Dans une interview accordée à un média italien en septembre 2020, Baric a dit qu'il pouvait modifier les coronavirus sans laisser de trace.

J'aimerais ajouter quelques points. Par exemple, une épidémie mystérieuse et massive de la « maladie pulmonaire liée au vapotage » (EVALI) a eu lieu aux États-Unis en 2019 avant l'apparition de la COVID-19. Comme on peut le constater dans des articles publiés dans des revues académiques et des médias internationaux de premier plan, tels que The Lancet, cette maladie présente des symptômes hautement « similaires » par rapport à la COVID-19 qui est apparue plus tard.

Il faut également noter que des experts chinois éminents qui ont combattu l'épidémie de COVID-19 à Wuhan, après avoir consulté 60 articles d'études sur des cas de la maladie EVALI aux États-Unis, et étudié soigneusement et en détail 250 tomodensitométries thoraciques et les informations cliniques de 142 patients atteints de l'EVALI, ainsi que des textes originaux, ont découvert que 16 de ces cas étaient plus probablement des « cas suspects » de la COVID-19, parmi lesquels cinq avaient des informations relativement complètes concernant les symptômes cliniques et le traitement et étaient considérés par ces experts comme des « cas probables ». 12 de ces 16 patients de l'EVALI ont présenté des symptômes avant 2020.

Selon de nombreux commentaires postés sur les réseaux sociaux américains dans la première moitié de 2020, plus de 200 personnes aux États-Unis ou dans des pays ayant des liens étroits avec les États-Unis ont déclaré que des personnes qu'elles connaissaient ou elles-mêmes étaient déjà infectées par une maladie qui présentait des symptômes de la COVID-19 aux alentours du mois de novembre 2019. Toutes ces personnes sont de véritables internautes étrangers.

En juin dernier, un journaliste de Washington Post qui entretient des relations étroites avec des agences de renseignement américaines a écrit un article disant que le Congrès américain soupçonnait que le nouveau coronavirus avait commencé à se propager au cours des Jeux mondiaux militaires de Wuhan de 2019, car certains athlètes occidentaux qui avaient participé à ces jeux ont affirmé avoir atteint une maladie similaire à la COVID-19. Des médias britanniques ont également indiqué que des athlètes français participant aux jeux avaient affirmé avoir atteint une maladie « étrange ». De ce fait, les cas de cinq malades américains qui ont participé aux Jeux mondiaux militaires de Wuhan représentent des indices cruciaux.

Face à ces faits et indices, celui qui se soucie vraiment de l'identification des origines du virus soutiendra sûrement une enquête approfondie sur la vérité sur la base des faits et dans une attitude scientifique et rationnelle, sans laisser passer la moindre trace. Pourtant, ce qui est très incompréhensible, c'est que les autorités et les médias américains gardent le silence paradoxalement quant à leurs propres doutes et questions, font la sourde oreille à l'appel de plus de 25 millions de Chinois à enquêter sur le laboratoire du Fort Detrick et restent sourds et muets face à de plus en plus de voix de la communauté internationale appelant à mener des enquêtes sur les origines du virus dans de nombreux endroits du monde. Au contraire, ils ciblent la Chine et concoctent sans cesse toutes sortes de mensonges et de rumeurs sans aucun fondement factuel pour calomnier et attaquer la Chine, voire mobiliser les agences de renseignement afin de mener des enquêtes sur la Chine avec une présomption de culpabilité.

Une telle tactique de dissimulation nous rappelle simplement les images satellites du Fort Detrick révélées récemment que ce journaliste a mentionnées tout à l'heure dans sa question. Elles montrent un déplacement et une rénovation évidents de bâtiments dans le Fort Detrick de mars 2020 à août 2021. Cela nous fait également penser à ce qu'en juin dernier, le magazine américain Vanity Fair a révélé que l'ancien Secrétaire d'État adjoint par intérim des États-Unis avait déclaré que des gens au sein du Département d'État avaient averti de ne pas enquêter sur l'origine du nouveau coronavirus, sinon l'on risque d'ouvrir une « boîte pleine de vers ». Nous ne pouvons nous empêcher de demander : que cachent les États-Unis ?

Si les États-Unis restent vraiment attachés à la « théorie de fuite de laboratoire », nous leur demandons d'inviter les experts internationaux à mener deux études de traçage ouvertes et transparentes dans leur pays, tout comme ce qu'a fait la Chine, et les résultats seront naturellement trouvés.

NBC : Vous avez dit que la Chine respectait le choix du peuple afghan. Mais la situation actuelle en Afghanistan ne relève pas de son choix. Du point de vue diplomatique, la Chine maintient des échanges avec les Talibans afghans et a obtenu de leur part un engagement en matière de sécurité lors des entretiens à Tianjin le mois dernier. Cela peut-il être interprété comme une reconnaissance par la Chine des Talibans afghans comme gouvernement légal de l'Afghanistan ?

Hua Chunying : J'ai été très claire. Le communiqué de presse de la rencontre entre le Conseiller d'État Wang Yi et le Chef de la Commission politique des Talibans de l'Afghanistan à Tianjin a été publié en ligne, vous pouvez le consulter. Lors de la rencontre, la Chine a dit qu'elle espérait que toutes les parties et tous les groupes ethniques de l'Afghanistan pourraient s'unir ensemble pour mettre véritablement en pratique le principe d'« un processus conduit et pris en charge par les Afghans », faire en sorte que le processus de paix et de réconciliation en Afghanistan donne des résultats substantiels dans les plus brefs délais et bâtir indépendamment une architecture politique largement inclusive et adaptée aux conditions nationales de l'Afghanistan. Telle est la position constante de la Chine sur la question afghane.

Quant à la question de la « reconnaissance », je tiens à dire que la position de la Chine à l'égard de tous les pays du monde, dont l'Afghanistan, est la non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui et le respect du choix indépendant des peuples de tous les pays de leur voie de développement et de leurs destin et avenir. Cette position de la Chine est constante.

Comme je viens de le dire, la Chine reste en contact et en communication avec les Talibans afghans sur la base du plein respect de la souveraineté de l'Afghanistan et de la volonté des différentes parties du pays. Dans les circonstances actuelles, nous espérons que les Talibans afghans s'uniront à tous les partis politiques et groupes ethniques de l'Afghanistan pour établir ensemble une architecture politique largement inclusive et adaptée aux conditions nationales de l'Afghanistan et faire en sorte que le peuple afghan puisse désormais se mettre à l'abri de la guerre. Mettre fin à la guerre et réaliser la paix constituent l'aspiration unanime du peuple afghan et répondent à ses intérêts. La Chine soutient le peuple afghan dans son choix qui sert le mieux ses intérêts.

Question de suivi : Pouvez-vous confirmer que la Chine a fait la même demande de garanties de sécurité auprès de l'ancien gouvernement afghan et des forces de sécurité ?

Hua Chunying : Nous demandons toujours aux parties concernées de l'Afghanistan de prendre des mesures concrètes pour garantir la sécurité des institutions et des ressortissants chinois.

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