Conférence de presse du 16 septembre 2021 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian
2021/09/16

CCTV : Cette année marque le 20e anniversaire de la fondation de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Dans ce contexte, le Président Xi Jinping participera à ce sommet commémoratif et y prononcera un discours important. Quelles sont les attentes de la Chine pour ce sommet ?

Zhao Lijian : Cette année marque le 20e anniversaire de l'établissement de l'OCS. Depuis 20 ans, les pays membres ont toujours suivi l'« esprit de Shanghai », transcendé les différences en matière de système social, d'histoire et de culture, réussi à trouver un nouveau type de voie de coopération et de développement pour les organisations régionales, joué un rôle agissant dans les affaires régionales et internationales, et fait une importante exploration théorique et pratique pour la construction d'un nouveau type de relations internationales et d'une communauté d'avenir partagé pour l'humanité.

Actuellement, les changements inédits et une épidémie jamais vue depuis un siècle se sont entremêlés, ce qui a apporté des changements complexes et profonds à la situation internationale et régionale. L'OCS a une mission plus importante de maintenir la sécurité et la stabilité régionales et de promouvoir le développement et le redressement de tous les pays concernés. Lors du prochain sommet de l'OCS, le Président Xi Jinping et les dirigeants des pays participants dresseront un bilan complet de l'expérience réussie de l'OCS, procéderont à un échange de vues approfondi sur la coopération dans divers domaines de l'OCS et sur les questions internationales et régionales majeures dans le contexte de la nouvelle situation, approuveront une série de documents de coopération importants et définiront la voie à tracer pour le développement futur de l'organisation. Nous sommes convaincus que sous l'impulsion des dirigeants des pays membres, l'OCS connaîtra certainement un nouveau développement à partir d'un nouveau point de départ, continuera à s'engager dans la construction d'une communauté d'avenir partagé plus étroite et mieux bénéficiera aux peuples de tous les pays de la région.

TASS : Aujourd'hui, selon des sources diplomatiques de la République de Corée, les pourparlers à six sur la question nucléaire de la Péninsule coréenne reprendraient à la fin de l'année. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : J'ai remarqué que nous sommes à quelques jours du 19 septembre. Franchement, je n'ai pas encore remarqué l'information que vous aviez mentionnée. Je vais me renseigner auprès de mes collègues après la conférence de presse.

Agence de Presse Xinhua : Pourriez-vous fournir des informations sur le sommet conjoint des dirigeants des États membres de l'OCS et de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) sur la question de l'Afghanistan ?

Zhao Lijian : Le Tadjikistan assume la présidence tournante de l'OCS et de l'OTSC. Sur la proposition du Tadjikistan et d'autres parties, les deux organisations sont convenues de tenir le 17 septembre un sommet conjoint des dirigeants des États membres sur la question de l'Afghanistan à la suite du Sommet de l'OCS.

La situation en Afghanistan met en jeu la stabilité et la sécurité régionales. Les États membres de l'OCS et de l'OTSC sont tous voisins proches de l'Afghanistan qui soutiennent activement le processus de paix et de réconciliation en Afghanistan. En tant qu'État membre de l'OCS, la Chine est disposée à mener des échanges et une coordination étroits avec les pays concernés pour que l'Afghanistan mette en place une structure politique ouverte et inclusive, poursuive des politiques intérieures et extérieures modérées et prudentes, rompe définitivement les liens avec toutes sortes d'organisations terroristes et vive en bonne entente avec les pays voisins. La Chine entend continuer de développer les relations de bon voisinage et de coopération d'amitié avec l'Afghanistan et jouer un rôle constructif dans la paix et la reconstruction de l'Afghanistan.

MASTV : Première question, le Premier Ministre de la Slovénie, pays qui assume la présidence de l'Union européenne (UE), a écrit il y a quelques jours aux dirigeants des États membres de l'UE, accusant la Chine d'avoir « expulsé » l'Ambassadeur de Lituanie. Il a dit que cela avait un impact sur les relations Chine-UE dans leur ensemble et a appelé tous les pays concernés à s'unir pour prévenir la menace venant de la Chine sur tout pays. Quels sont vos commentaires à ce sujet ? Deuxième question, selon des médias indiens, l'Inde prévoit de lancer le 23 septembre son missile balistique intercontinental Agni-V avec une portée d'environ 5 000 km, couvrant beaucoup de villes de la partie intérieure de la Chine. Quels sont vos commentaires à ce sujet ?

Zhao Lijian : Concernant votre première question, les tenants et les aboutissants de la question liée à Taiwan qui implique la Lituanie sont très clairs et la responsabilité incombe totalement à la Lituanie. La Chine exhorte la Slovénie et l'UE à prendre une position correcte et objective sur la question liée à Taiwan, à cesser de trouver des excuses et à ne pas créer de nouveaux obstacles dans les relations sino-européennes. La Slovénie doit reconnaître pleinement le caractère extrêmement sensible de la question de Taiwan, respecter scrupuleusement le principe d'une seule Chine et traiter la question liée à Taiwan de façon prudente et appropriée pour ne pas perturber de manière non nécessaire les relations sino-slovènes.

S'agissant de votre deuxième question, il est dans l'intérêt commun de toutes les parties de maintenir la paix, la sécurité et la stabilité en Asie du Sud. La Chine souhaite que toutes les parties fassent des efforts constructifs à cet égard. Quant à savoir si l'Inde peut développer des missiles balistiques pouvant emporter des armes nucléaires, la résolution 1172 adoptée par le Conseil de Sécurité de l'ONU a donné des dispositions claires.

China Daily : Le 15 septembre, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a effectué une visite en République de Corée. Pourriez-vous fournir des informations sur cette visite ? Et quelles sont les attentes de la Chine sur le développement futur des relations Chine-République de Corée ?

Zhao Lijian : Les 14 et 15 septembre, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a effectué une visite officielle en République de Corée. Il a rencontré le Président Moon Jae-in et s'est entretenu avec le Ministre des Affaires étrangères Chung Eui-yong.

Le Conseiller d'État Wang Yi a déclaré que la Chine et la République de Corée étaient des voisins proches inséparables et des partenaires mutuellement bénéfiques et gagnant-gagnant. La Chine est prête à travailler avec la République de Corée, en saisissant l'opportunité offerte par la commémoration du 30e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques, pour poursuivre les échanges de haut niveau, approfondir la coopération dans des domaines tels que l'économie, le commerce, la culture et la protection de l'environnement, élargir les échanges amicaux entre les peuples et œuvrer pour un plus grand développement des relations entre les deux pays. La Chine soutient fermement la République de Corée et la République populaire démocratique de Corée (RPDC) dans leurs efforts pour surmonter les difficultés, écarter les perturbations et améliorer les relations, et continuera de jouer un rôle constructif dans le maintien de la paix et de la stabilité dans la péninsule afin qu'une paix et une stabilité durables y soient réalisées. La Chine et la République de Corée peuvent intensifier leur coopération dans des cadres multilatéraux tels que l'ONU, le G20 et l'OMC (Organisation mondiale du Commerce) et sur des questions mondiales telles que le changement climatique et la réforme du Conseil de Sécurité et apporter leur sagesse et leur force à la promotion de la paix et du développement dans la région et dans le monde.

La République de Corée a exprimé sa volonté de saisir l'opportunité offerte par le 30e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays et l'« Année des échanges culturels entre la République de Corée et la Chine » pour renforcer les interactions de haut niveau avec la Chine, élargir les échanges humains et culturels, et œuvrer à une coopération plus fructueuse dans les domaines de l'économie, du commerce et de la protection de l'environnement et développer davantage les relations République de Corée-Chine tournées vers l'avenir. La République de Corée apprécie la contribution de la Chine au maintien de la paix dans la péninsule, soutient la Chine dans l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver de Beijing et désapprouve la politisation de l'identification des origines du nouveau coronavirus. Elle souhaite renforcer la coordination et la coopération avec la Chine dans des enceintes multilatérales afin de relever ensemble les défis mondiaux tels que la pandémie de COVID-19 et le changement climatique.

Shenzhen TV : Selon des reportages, le Bureau fédéral d'Investigation (FBI) des États-Unis a récemment publié un rapport déclarant qu'un total de 7 759 cas de crimes de haine ont eu lieu aux États-Unis en 2020, soit une augmentation de 6 % en glissement annuel et un niveau record depuis 2008. Quels sont vos commentaires à ce sujet ?

Zhao Lijian : Le rapport de la partie américaine montre que de 2019 à 2020, le nombre de cas de crimes contre les Afro-Américains aux États-Unis est passé de 1 930 à 2 755, que le nombre d'attaques contre les Asiatiques est passé de 158 à 274, et que le racisme est devenu la cause des crimes de haine qui augmente le plus rapidement. Par ailleurs, la Major Cities Chiefs Association (MCCA) des États-Unis a récemment publié un rapport montrant que le nombre de crimes violents dans les grandes villes américaines reste élevé en 2020 et que la violence par armes à feu est encore plus grave. Jusqu'à présent, plus de 200 fusillades de masse ont eu lieu aux États-Unis, et le nombre d'enfants et d'adolescents qui y ont perdu la vie s'élève à 1 079.

Ces statistiques sont choquantes, mais elles ne représentent qu'un seul aspect des graves problèmes de droits de l'homme aux États-Unis. Le racisme systémique est si profondément ancré aux États-Unis que des gens comme George Floyd ne peuvent pas respirer, de nombreuses minorités ethniques vivent dans la discrimination et la peur, et plus de 40 millions de personnes se débattent dans la pauvreté. Les États-Unis se sont livrés à un massacre horrible contre les Amérindiens dans l'histoire et un grand nombre d'enfants autochtones dans des pensionnats se sont soumis à des mauvais traitements. Les États-Unis ont eu recours à la détention arbitraire de longue durée d'immigrants étrangers, causant d'innombrables tragédies pour les familles séparées. Les États-Unis ont également un bilan déplorable en matière de crimes liés au travail des enfants et au travail forcé.

Il existe une chanson bien connue aux États-Unis intitulée La réponse est dans le vent, dont les paroles disent : « Combien de fois un homme peut-il tourner la tête, en prétendant qu'il ne voit rien ; combien d'oreilles doit avoir un seul homme, avant de pouvoir entendre pleurer les gens ; et combien de morts faut-il pour qu'il comprenne que beaucoup trop de gens sont morts ? » Les États-Unis doivent écouter attentivement les pleurs et les cris de leur peuple.

AFP : Premièrement, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie ont annoncé la mise en place d'un nouveau partenariat militaire et vont fournir (dans ce cadre) des sous-marins à propulsion nucléaire à l'Australie. Certains disent que cet acte a pour objectif de contrebalancer l'influence de la Chine dans la région Indo-Pacifique. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ? Deuxièmement, selon un nouveau livre, le Chef d'état-major de l'armée des États-Unis Mark Milley a appelé l'armée chinoise, soulignant que les États-Unis ne lanceraient pas d'attaque militaire contre la Chine. Quels sont les commentaires de la Chine à cet égard ?

Zhao Lijian : La coopération en matière de sous-marins nucléaires entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie porte gravement atteinte à la paix et à la stabilité régionales, exacerbe la course aux armements et sape les efforts internationaux de non-prolifération nucléaire. L'exportation de technologies hautement sensibles de sous-marin nucléaire vers l'Australie par les États-Unis et le Royaume-Uni prouve une fois de plus qu'ils utilisent les exportations nucléaires comme un outil dans les jeux géopolitiques et adoptent le « deux poids deux mesures ». C'est un acte extrêmement irresponsable. Si l'Australie, en tant qu'État partie non doté d'armes nucléaires au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et partie au Traité sur la zone dénucléarisée du Pacifique Sud, introduit des technologies de sous-marin nucléaire ayant une valeur militaire stratégique, la communauté internationale, y compris ses pays voisins, a toutes les raisons de mettre en doute la sincérité de l'Australie dans le respect scrupuleux de ses engagements en matière de non-prolifération. La Chine suivra de près l'évolution de la situation.

La Chine considère depuis toujours que tout mécanisme régional doit suivre la tendance de l'époque, à savoir la paix et le développement, permettre de favoriser la confiance mutuelle et la coopération entre les pays de la région, et ne doit pas cibler une partie tierce ou nuire aux intérêts de partie tierce. La création de « petits clans » et de « petites cliques » fermés et exclusifs va à l'encontre de la tendance de l'époque et de l'aspiration des pays de la région. Cet acte impopulaire est voué à l'échec.

Les pays concernés doivent rejeter leur vieille mentalité de la guerre froide et du jeu à somme nulle, ainsi que leur vision géopolitique étroite, et doivent respecter l'opinion populaire dans la région et faire davantage de choses favorables à la paix, à la stabilité et au développement de la région, sinon ils finiront par nuire à leurs propres intérêts.

En ce qui concerne votre deuxième question, je ne suis pas au courant de la situation spécifique que vous mentionniez. Je peux vous dire qu'en tant que membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU et deux plus grandes économies du monde, la Chine et les États-Unis ont tout à gagner à coopérer et tout à perdre à se battre.

Associated Press du Pakistan : Le 13 septembre, le Premier Ministre pakistanais Imran Khan s'est entretenu avec les présidents de plusieurs entreprises chinoises au Pakistan, soulignant que le gouvernement pakistanais les assurerait de sa coopération et de son soutien dans leurs opérations au Pakistan. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : La Chine apprécie la grande importance que le Premier Ministre Imran Khan lui-même et le gouvernement pakistanais attachent à la coopération pragmatique sino-pakistanaise ainsi que les efforts agissants qu'ils ont déployés à cet égard.

La Chine et le Pakistan sont des partenaires de coopération stratégique de tout temps. Ces dernières années, leur coopération bilatérale économique et commerciale s'est approfondie constamment. La Chine est restée le premier investisseur et le plus grand partenaire commercial du Pakistan depuis de nombreuses années consécutives. La Chine est prête à travailler avec le Pakistan pour promouvoir le développement de qualité du Corridor économique sino-pakistanais et approfondir et élargir continuellement la coopération bilatérale. La Chine espère que le Pakistan continuera de créer un bon environnement favorable aux investissements et au développement des entreprises chinoises au Pakistan, afin de parvenir au bénéfice mutuel, au gagnant-gagnant et au développement commun.

Agence de presse Sputnik : Toujours sur le partenariat trilatéral de sécurité entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie. Selon des médias australiens, le Premier Ministre australien a dit que l'Australie avait déjà mené des consultations et des échanges avec la Chine et d'autres pays de la région Asie-Pacifique sur cette question, et qu'elle avait adressé une invitation ouverte à Beijing pour discuter de cette question. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Je ne suis pas au courant de la situation que vous mentionniez. Je voudrais réaffirmer que le respect mutuel et une bonne confiance mutuelle sont les conditions préalables au dialogue et à la coopération entre les pays. La situation difficile actuelle des relations Chine-Australie est entièrement causée par la partie australienne. L'urgence pour le moment est que l'Australie doit regarder en face les racines des difficultés dans les relations entre les deux pays, réfléchir attentivement si la Chine est un partenaire ou une menace, appliquer effectivement les principes de respect mutuel et de traitement d'égal à égal et l'esprit du partenariat stratégique global dans la gestion des relations bilatérales, et faire davantage pour renforcer la confiance mutuelle et promouvoir la coopération pragmatique entre les deux pays.

Reuters : Premièrement, un porte-parole du Ministère allemand des Affaires étrangères a déclaré que la Chine avait refusé l'entrée d'un navire de guerre allemand dans un port local. Quels ont les commentaires de la Chine à cet égard ? Deuxièmement, Taiwan a proposé jeudi d'augmenter ses dépenses de « défense » de près de 9 milliards de dollars américains au cours des 5 prochaines années, avertissant que la Chine constituait une grave menace. Quels sont les commentaires de la Chine en la matière ?

Zhao Lijian : Concernant votre première question, grâce aux efforts conjoints de la Chine et des pays de l'ASEAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est), la situation en Mer de Chine méridionale est restée stable dans l'ensemble. Mais ces dernières années, en vue de sauvegarder son hégémonie, certain grand pays a fréquemment envoyé des avions militaires et des navires de guerre en Mer de Chine méridionale sous le drapeau du maintien de la liberté de navigation pour étaler sa force, provoquer des troubles, et créer délibérément des différends sur les questions maritimes. La détermination de la Chine à sauvegarder la souveraineté territoriale nationale et les droits et intérêts maritimes est inébranlable, elle continuera de gérer adéquatement les divergences avec les pays concernés par le biais de consultations et de négociations. Nous espérons également que les pays hors de la région respecteront les efforts des pays de la région pour préserver la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale et joueront un rôle constructif à cet égard.

La Chine attache une importance au développement du partenariat stratégique tous azimuts Chine-Allemagne, dont la coopération entre les deux armées. Elle est prête à engager des échanges amicaux sur la base du respect mutuel et de l'amélioration de la confiance mutuelle, et espère que les parties concernées créeront une atmosphère favorable à cet égard.

Concernant votre deuxième question, elle n'est pas une question diplomatique. Je tiens à souligner que Taiwan fait partie intégrante de la Chine. La Chine doit être et sera réunifiée. Cette tendance générale historique ne peut être freinée par personne ni par aucune force. Nous avertissons sévèrement les autorités de Taiwan que toute tentative de rechercher l'indépendance par la force ou de résister à la réunification par la force, est gonflée d'arrogance et est vouée à l'échec.

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