Conférence de presse du 15 octobre 2021 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian
2021/10/15

CCTV : Selon des reportages, le Représentant permanent du Samoa auprès des Nations Unies a déclaré que les États-Unis étaient le seul pays parmi les cinq États dotés d'armes nucléaires à avoir refusé de ratifier les protocoles du Traité sur la zone dénucléarisée du Pacifique Sud. Avant cela, le Président de Kiribati a également indiqué qu'en tant que victime des essais nucléaires des États-Unis et du Royaume-Uni ainsi que membre des pays insulaires du Pacifique, Kiribati exprimait ses préoccupations sur le développement de sous-marins nucléaires par l'Australie, et estimait que l'Australie devrait d'abord discuter avec ses voisins de toute coopération dans le domaine nucléaire. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Les préoccupations du Samoa et de Kiribati sont légitimes et justifiées. Les faits prouvent que la coopération en matière de sous-marins à propulsion nucléaire entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie est impopulaire et a déjà suscité la vigilance et le rejet des pays de la région et de la communauté internationale. Cette décision des États-Unis, du Royaume-Uni et de l'Australie a non seulement provoqué de manière flagrante la division et la confrontation dans la région, intensifié la course aux armements et sapé la paix et la stabilité régionales, mais a également violé l'esprit du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), et compromis le Traité sur la zone dénucléarisée du Pacifique Sud. Ce que les trois pays ont fait prouve une fois de plus qu'à des fins géopolitiques et de la confrontation militaire, ils vont mépriser la norme fondamentale régissant les relations internationales selon laquelle tous les pays, grands ou petits, sont égaux, aller, à leur gré, à l'encontre de la volonté des pays de la région et piétiner leurs droits et intérêts.

Les pays insulaires du Pacifique sont très sensibles à la question nucléaire, principalement en raison de leur souvenir pénible des essais nucléaires effectués par les États-Unis et le Royaume-Uni dans la région. Selon des documents accessibles au public, les États-Unis ont effectué 67 essais d'armes nucléaires sur les îles Marshall entre 1946 et 1958. Le Royaume-Uni a effectué 9 essais nucléaires à son ancienne colonie Kiribati, entre 1957 et 1958. En outre, entre 1946 et 1982, les États-Unis et le Royaume-Uni ont déversé de grandes quantités de déchets nucléaires dans les océans Pacifique et Atlantique. Malgré une longue distance, les États-Unis ont déversé aux îles Marshall 130 tonnes de terre contaminée par des substances nucléaires provenant d'essais nucléaires au Nevada. L'Australie est également un coupable. Elle a autrefois cherché activement à acquérir et à développer des armes nucléaires, et a autorisé, entre 1952 et 1963, le Royaume-Uni à effectuer des essais nucléaires sur les îles Montebello, au large de la côte occidentale de l'Australie, et sur Emu Field et Maralinga, en Australie méridionale. Ces essais et déchets nucléaires ont gravement sapé l'environnement écologique local, et porté atteinte à la sécurité et à la santé des habitants locaux, causant de graves désastres aux pays et aux populations de la région.

Les remarques du représentant samoan nous rappellent une fois de plus que les États-Unis ont signé les trois protocoles du Traité sur la zone dénucléarisée du Pacifique Sud en 1996, mais qu'ils ont refusé de les ratifier à ce jour. Ils sont le seul pays à ne pas avoir ratifié les protocoles concernés parmi les cinq États dotés d'armes nucléaires. Les États-Unis doivent écouter les appels des pays de la région, ratifier rapidement les protocoles du Traité sur la zone dénucléarisée du Pacifique Sud, et s'acquitter sérieusement de leurs obligations dans le cadre de ces protocoles. Ils doivent s'abstenir de déployer des armes nucléaires dans la région et de diffuser des armes nucléaires aux pays de la région.

Depuis des années, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie ont prétendu être leaders des efforts internationaux en matière de non-prolifération nucléaire, mais les faits prouvent que ce sont eux qui engagent véritablement la prolifération. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie doivent écouter les appels de la communauté internationale, rejeter leur mentalité obsolète de la guerre froide et du jeu à somme nulle ainsi que leurs concepts géopolitiques étroits, révoquer la mauvaise décision en question, remplir fidèlement leurs obligations internationales en matière de non-prolifération nucléaire et faire davantage de choses favorables à la paix et à la stabilité dans la région.

HRTN : Le vaisseau spatial habité Shenzhou-13 sera lancé le 16 octobre, tôt le matin. Quels sont vos commentaires à ce sujet ? Quelle est sa signification pour la coopération et les échanges internationaux dans le domaine des vols habités ?

Zhao Lijian : Il y a moins d'un mois, nous avons accueilli le retour triomphal du vaisseau spatial habité Shenzhou-12. Tôt demain matin, nous assisterons avec passion et enthousiasme au lancement dans l'espace du vaisseau spatial habité Shenzhou-13. Cela non seulement illustre de manière vivante l'esprit du programme chinois des vols habités, marqué par une endurance remarquable, une combativité extraordinaire, un professionnalisme inégalé et un dévouement total, mais également reflète parfaitement l'esprit de l'exploration scientifique de l'univers du peuple chinois, caractérisé par le courage et la persévérance dans la poursuite du rêve.

Hier, la conférence de presse sur la mission du vol spatial habité de Shenzhou-13 s'est tenue au Centre de lancement de satellites de Jiuquan. Un porte-parole du programme des vols habités de la Chine a présenté les informations concernées. La mission du vol spatial habité de Shenzhou-13 est la 6e mission dans la phase de vérification des technologies clés pour la station spatiale chinoise, qui marque une fin décisive de cette phase et un point crucial et charnière pour la construction de la station spatiale en orbite. Je voudrais souligner que cette mission démontre les nouveaux efforts et la nouvelle contribution de la Chine pour l'exploration des vols habités, cause commune de l'humanité. La Chine continuera d'approfondir et d'élargir la coopération et les échanges internationaux dans le domaine des vols habités et de contribuer activement à l'exploration de l'univers mystérieux et à l'utilisation pacifique de l'espace par l'humanité ainsi qu'à la construction d'une communauté d'avenir partagé pour l'humanité.

Nous avons remarqué de nombreuses différences entre les arrangements du travail de l'équipage des missions habitées de Shenzhou-13 et de Shenzhou-12. Par exemple, ce sera la première fois qu'une astronaute chinoise entrera dans la station spatiale chinoise et effectuera des activités extravéhiculaires, que des astronautes chinois resteront en orbite pendant jusqu'à 6 mois, et que des Chinois célébreront la Fête du printemps dans l'espace. Nous souhaitons pouvoir recevoir sans tarder les meilleurs vœux de nos compatriotes depuis l'espace lorsque nous passerons la nuit blanche du Nouvel An chinois.

Que le lancement du vaisseau spatial habité Shenzhou-13 soit un grand succès !

Agence de presse Xinhua : Nous avons remarqué que la deuxième Conférence mondiale des Nations Unies sur le transport durable s'était ouverte à Beijing hier. Pourriez-vous présenter davantage d'informations ?

Zhao Lijian : La deuxième Conférence mondiale des Nations Unies sur le transport durable se tient en ligne et en présentiel à Beijing du 14 au 16 octobre. Le Président Xi Jinping a participé par liaison vidéo à la cérémonie d'ouverture de la conférence et y a prononcé un discours. Les représentants de 171 pays ont assisté à la cérémonie d'ouverture, pour laquelle les Présidents de la Russie, du Turkménistan, de l'Éthiopie et du Panama, le Premier Ministre néerlandais et le Secrétaire général de l'ONU ont adressé des discours par liaison vidéo.

Comme l'a dit le Président Xi Jinping, le transport est l'artère de l'économie et un lien entre les civilisations. Depuis la fondation de la Chine nouvelle, plusieurs générations de Chinois se sont frayé des chemins à travers les montagnes et ont posé des ponts sur les rivières, faisant de la Chine un grand pays en matière de transport, et œuvrant pour la transformer en puissance de transport. La Chine est l'économie la mieux connectée au réseau maritime mondial et avec le plus grand volume d'échanges de marchandises. Dans le contexte de la COVID-19, les trains de fret Chine-Europe et les cargos au long cours font la navette jour et nuit pour maintenir la stabilité des chaînes industrielles et d'approvisionnement mondiales, démontrant le sens des responsabilités de la Chine. Le Président Xi Jinping a annoncé lors de la conférence que la Chine créera un centre mondial d'innovation et de connaissances pour le transport durable, afin de contribuer au développement du transport mondial.

La Chine est prête à travailler avec les diverses parties pour continuer de promouvoir la coopération de qualité dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route », renforcer l'interconnexion des infrastructures et accélérer la construction de la Route de la Soie verte et de la Route de la Soie numérique, en vue de contribuer au développement du transport mondial.

AFP : LinkedIn, plateforme de réseau social de Microsoft, a déclaré hier sa fermeture en Chine en raison de son environnement opérationnel actuel marqué par plus de défis. Autrement dit, cette entreprise est soumise à des exigences réglementaires plus strictes en Chine. La Chine a-t-elle demandé à LinkedIn de se retirer du marché chinois ?

Zhao Lijian : J'ai noté que LinkedIn avait déjà donné une réponse à ce sujet, vous pouvez la consulter. Par principe, je tiens à souligner que la Chine met en œuvre de manière résolue sa politique nationale fondamentale d'ouverture sur l'extérieur et s'engage activement à créer un bon environnement d'affaires pour les investisseurs étrangers.

La Chine est inébranlablement engagée à élargir son ouverture sur l'extérieur, accueille favorablement comme toujours les entreprises de tous les pays, dont les entreprises américaines, pour qu'elles investissent et développent des affaires en Chine, et leur offre un environnement d'affaires respectueux des règles du marché, de l'État de droit et des normes internationales. Le Conseil commercial États-Unis-Chine a récemment mené une enquête auprès des entreprises américaines en Chine, selon laquelle 95 % des entreprises interrogées se sont déclarées rentables en Chine au cours de l'année écoulée, et 64 % ont déclaré que leur chiffre d'affaires en Chine avait augmenté. Le développement de la Chine continuera de libérer d'énormes potentiels de marché et de grandes vitalités, créant ainsi de plus grandes opportunités pour les entreprises de tous les pays, dont les États-Unis.

TASS : Jeudi, le Président russe Vladimir Poutine a prononcé un discours vidéo lors de la deuxième Conférence mondiale des Nations Unies sur le transport durable, déclarant que la Russie avait l'intention d'accroître le trafic de marchandises sur la route maritime du pôle Nord, et a invité ses partenaires, dont la Chine, à promouvoir leurs échanges commerciaux avec l'Europe en utilisant plus activement cette route. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Nous avons pris note des déclarations concernées du Président Poutine. En raison du réchauffement climatique, la route maritime du pôle Nord est susceptible de devenir une importante artère de transport pour le commerce international. La Chine respecte les droits légaux des pays du pôle Nord dans les espaces maritimes sous leur juridiction nationale.

Khabar 24 News Channel : Selon des reportages, des produits kazakhs exportés vers la Chine sont actuellement bloqués dans les ports de Khorgos et de Dostyk. Les données montrent qu'environ 5 000 conteneurs ne peuvent pas entrer en Chine. La Chine rencontre aussi fréquemment des problèmes lorsqu'elle exporte des produits vers le Kazakhstan. En 2019, le Kazakhstan et la Chine ont établi un partenariat stratégique global permanent. Les deux parties ont toujours souligné la nécessité de développer et d'approfondir la coopération économique et commerciale. Quelles sont donc les principales raisons de cette situation que j'ai présentée ? Sur la base des relations de bon voisinage et d'amitié, quelles solutions la Chine propose-t-elle pour résoudre ces problèmes ?

Zhao Lijian : La Chine et le Kazakhstan sont des pays voisins et amis et des partenaires stratégiques globaux permanents, et ont obtenu des résultats fructueux dans la coopération dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route ». Depuis l'année dernière, les deux parties ont surmonté l'impact négatif de l'épidémie et ont fait des progrès encourageants dans la coopération dans divers domaines. Particulièrement de janvier à août de cette année, le volume des échanges entre la Chine et le Kazakhstan a augmenté à contre-courant pour atteindre 16,9 milliards de dollars américains, soit une augmentation de 28,5 % en glissement annuel. Les autorités compétentes, les collectivités locales et les entreprises concernées des deux pays ont maintenu une étroite collaboration dans le cadre du Comité de coopération Chine-Kazakhstan et du mécanisme conjoint de prévention et de contrôle de l'épidémie, et ont tenu des consultations en temps opportun pour résoudre les problèmes du dédouanement de marchandises. La Chine est prête à travailler avec la partie kazakhe pour continuer de promouvoir la coopération de qualité entre les deux pays dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route », et rendre la coopération bilatérale plus importante, plus pragmatique et plus durable.

Quant aux questions spécifiques que vous avez mentionnées, veuillez vérifier auprès des autorités compétentes. Je crois qu'après les consultations et les efforts conjoints des deux parties, les questions concernées seront résolues.

The Paper : Un média zimbabwéen a récemment révélé que l'administration américaine, à travers des séminaires tenus par des organisations sponsorisées par l'Ambassade des États-Unis au Zimbabwe, avait acheté des articles à des journalistes de médias privés, leur demandant de publier des reportages négatifs sur l'investissement des entreprises chinoises au Zimbabwe, le prix étant de 1 000 dollars américains par article. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Nous avons remarqué les reportages concernés. Au Zimbabwe, 1 000 dollars américains peuvent déjà subventionner un étudiant pauvre et aider le pays à acheter 100 doses de vaccin contre la COVD-19, mais si l'administration américaine, tout comme ce que le média a révélé, utilise l'argent pour recruter des journalistes en vue de diffuser des rumeurs, la nature de l'affaire sera très mauvaise. Pendant longtemps, pour discréditer la Chine et saper les relations sino-africaines, les États-Unis ont épuisé tous leurs moyens et ont même dépensé de l'argent dans le but d'acheter des mensonges. Ces reportages que vous avez mentionnés démontrent pleinement que la communauté internationale, dont font partie les nombreux pays africains, a une idée claire sur la diffusion sans scrupule de fausses informations par les États-Unis et qu'elle déteste profondément l'immoralité et la bassesse des moyens de calomnies de la partie américaine.

La Chine et le Zimbabwe maintiennent une amitié depuis longtemps. L'investissement des entreprises chinoises au Zimbabwe joue un rôle positif dans la promotion du développement et de la reprise économiques du Zimbabwe et dans l'amélioration du bien-être du peuple. La coopération pragmatique sino-zimbabwéenne apporte des avantages tangibles aux peuples des deux pays. Par contre, les États-Unis ont non seulement imposé des sanctions illégales sur le Zimbabwe pendant longtemps, mais ont également dépensé de l'argent pour corrompre les médias et fabriquer des nouvelles négatives sur la Chine. Cette comparaison est choquante.

Nous exhortons les États-Unis à faire davantage de choses tangibles et bonnes pour les peuples des pays africains, dont le Zimbabwe, à dire moins de mots vides de sens et de mensonges, et à jouer véritablement un rôle constructif dans la reprise et le développement de l'économie africaine.

Chine Daily : Selon des reportages, le 14 octobre, l'Assemblée générale des Nations Unies a élu 18 membres du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, dont les États-Unis. La Représentante permanente des États-Unis auprès des Nations Unies Linda Thomas-Greenfield a déclaré que les États-Unis se tiendraient au côté des défenseurs des droits de l'homme et s'opposeraient ouvertement aux violations des droits de l'homme et qu'ils accorderaient prochainement une attention particulière à la situation en la matière en Afghanistan, au Myanmar, en Chine, en Éthiopie, en Syrie et au Yémen. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Zhao Lijian : L'annonce très médiatisée des États-Unis sur leur retrait du Conseil des droits de l'homme d'il y a plus de trois ans reste encore fraîche dans nos mémoires aujourd'hui. Nous espérons que les États-Unis saisiront l'opportunité offerte par leur élection au Conseil des droits de l'homme pour pratiquer le multilatéralisme par des actions concrètes, s'engager dans un dialogue et une coopération constructifs avec toutes les parties et jouer un rôle positif pour faire avancer le travail du Conseil des droits de l'homme.

À peine élus, les États-Unis ont pointé du doigt la situation des droits de l'homme dans de nombreux pays. Cette maladie chronique des États-Unis doit être guérie. Si les États-Unis, après leur élection, continuent d'adopter le « deux poids deux mesures », de politiser les questions liées aux droits de l'homme ainsi que d'attaquer et de réprimer d'autres pays, ils feront certainement l'objet d'une forte opposition. Ce que les États-Unis doivent faire, c'est de corriger sans tarder leurs propres graves violations des droits de l'homme, tant sur leur territoire qu'à l'étranger, et de faire des choses tangibles et propices à la cause internationale des droits de l'homme.

Bloomberg : Selon The Times, le Président Xi Jinping ne participera pas à la 26e Conférence des Parties (COP26) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui se tiendra à Glasgow, au Royaume-Uni, le mois prochain. La Chine peut-elle le confirmer ?

Zhao Lijian : Je n'ai pas d'information à publier pour le moment.

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