
CCTV : Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi vient de rentrer de sa visite au Canada. Pourriez-vous nous donner davantage d’informations sur cette visite ?
Lin Jian : À l’invitation de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a effectué une visite officielle au Canada du 28 au 30 mai. Il s’agissait de la première visite d’un ministre chinois des Affaires étrangères au Canada depuis dix ans. Au cours de cette visite, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a rencontré le Premier ministre Mark Carney, s’est entretenu avec la ministre des Affaires étrangères Anita Anand et a rencontré l’ancien Premier ministre canadien Jean Chrétien ainsi que d’autres personnalités amies. Les différentes parties ont eu des échanges francs, approfondis et constructifs sur la promotion du nouveau partenariat stratégique sino-canadien ainsi que sur des questions internationales et régionales d’intérêt commun, aboutissant à un large consensus et à de nombreux résultats.
Les deux parties ont salué les progrès réalisés dans les relations bilatérales depuis la visite du Premier ministre Mark Carney en janvier et sont convenues de renforcer le dialogue et la communication, d’approfondir la coopération mutuellement bénéfique, d’élargir les échanges humains et culturels, de renforcer la coordination dans les enceintes multilatérales et de contribuer à la réforme et à l’amélioration de la gouvernance mondiale. Les deux parties sont convenues de mettre en place un mécanisme de dialogue stratégique entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays et de relancer les consultations politiques et de sécurité entre les deux ministères des Affaires étrangères ainsi que le Dialogue de haut niveau sur la sécurité nationale et l’État de droit.
Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a souligné que, sous l’orientation stratégique des dirigeants des deux pays, les relations sino-canadiennes se recalibraient et étaient revenues sur la bonne voie, ce qui sert les intérêts des deux pays et répond aux attentes de toutes les parties. La principale leçon à tirer des hauts et des bas qu’ont connus les relations bilatérales est l’importance du respect mutuel, de la recherche d’un terrain d’entente par-delà les divergences, de l’indépendance stratégique et des résultats gagnant-gagnant. La Chine est prête à travailler avec le Canada pour mettre en œuvre le consensus important atteint par les dirigeants des deux pays, explorer les moyens de faire progresser le nouveau partenariat stratégique sino-canadien, préparer la visite du Premier ministre Mark Carney en Chine à l’occasion de la Réunion des dirigeants des économies de l’APEC et faire avancer les relations bilatérales sur la voie d’un développement sain, stable et durable.
La partie canadienne a déclaré qu’elle attachait une grande importance à ses relations avec la Chine et qu’elle était déterminée à faire progresser le nouveau partenariat stratégique entre les deux pays. Le Canada adhère fermement à la politique d’une seule Chine, et cette position ne changera pas. Le Canada soutient l’organisation par la Chine de la Réunion des dirigeants des économies de l’APEC cette année. Le Canada est honoré d’être invité en tant que pays d’honneur à l’Exposition internationale d’importation de Chine (CIIE) et espère accroître de 50 % ses exportations vers la Chine d’ici 2030.
AFP : Hier, lors du Dialogue de Shangri-La, le ministre japonais de la Défense a adressé une réponse voilée à la Chine, en affirmant que le Japon continuerait à renforcer ses capacités militaires. Sans mentionner explicitement la Chine, il a déclaré qu’un pays disposait d’un vaste arsenal d’armes nucléaires et de bombardiers stratégiques, alors que le Japon ne possédait ni l’un ni l’autre, tout en étant néanmoins qualifié de « néo-militariste ». Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ?
Lin Jian : Les propos du responsable japonais que vous avez mentionné sont totalement infondés, face à l’histoire, aux bases juridiques, aux faits et aux chiffres disponibles sur cette question. Ils ne possèdent aucune autorité. De tels propos ne contribueront en rien à permettre au Japon de gagner la confiance de ses voisins asiatiques et de la communauté internationale.
Le militarisme japonais a commis des crimes atroces pendant la Seconde Guerre mondiale et infligé d’immenses souffrances aux peuples des pays voisins de l’Asie ainsi qu’aux nations alliées. Afin d’empêcher toute résurgence du militarisme japonais, une série d’instruments ayant force juridique en droit international, notamment la Déclaration du Caire et la Proclamation de Potsdam, ont clairement exigé que le Japon soit « complètement désarmé » et qu’il ne maintienne pas d’industries susceptibles de lui permettre de « se réarmer pour la guerre ». La Constitution japonaise a également imposé des restrictions strictes aux forces armées du pays, au droit de belligérance et au droit de faire la guerre. Le Japon a en outre établi le principe exclusivement axé sur la défense ainsi qu’une série de dispositions juridiques internes correspondantes.
Aujourd’hui pourtant, nous avons noté que le dernier budget de la défense du Japon avait dépassé 9 000 milliards de yens, atteignant un niveau record pour la quatorzième année consécutive depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les dépenses militaires par habitant du Japon sont désormais trois fois supérieures à celles de la Chine. Les dépenses totales de défense ont atteint 2 % du PIB et il est prévu qu’elles soient portées à 3,5 %. Les commandes militaires du ministère japonais de la Défense ont triplé au cours des cinq dernières années. Depuis l’arrivée au pouvoir, le gouvernement japonais actuel accélère le déploiement de missiles à portée intermédiaire et longue, assouplit les restrictions à l’exportation d’armes létales et promeut la révision de sa Constitution ainsi que des trois documents de sécurité. Ce faisant, il cherche à contourner davantage les dispositions des lois internationales et nationales afin de remettre en cause l’ordre international d’après-guerre. Le responsable japonais que vous avez mentionné a délibérément éludé les crimes historiques du Japon et ignoré de manière sélective les faits susmentionnés. Il a même tenté de rejeter la responsabilité sur autrui et de semer la confusion. S’agit-il d’un signe de malaise ou d’une tentative de dissimuler les ambitions expansionnistes militaires du Japon ? Dans ces circonstances, l’affirmation du Japon selon laquelle il recherche le dialogue n’est qu'une mise en scène et ne témoigne d’aucune sincérité.
Cette année marque le 80ᵉ anniversaire de l’ouverture des procès de Tokyo. Ces procès historiques de la justice ont établi les nombreux crimes du militarisme japonais et ont fourni la base juridique de l’ordre international d’après-guerre. Des experts et chercheurs étrangers ont souligné que les récentes paroles et actions erronées du Japon présentent une ressemblance inquiétante avec le processus de préparation à la guerre du militarisme japonais révélé lors des procès de Tokyo et constituaient une menace pour la paix et la stabilité régionales. La communauté internationale doit rester très vigilante, et prévenir et réprimer fermement la montée du néo-militarisme japonais.
RT : Le ministère japonais de la Défense a annoncé vendredi dernier qu’il enverrait quatre officiers des Forces japonaises d’autodéfense (FJA) au commandement chargé du programme OTAN de formation et d’assistance à la sécurité en faveur de l’Ukraine (NSATU) afin de tirer des enseignements de diverses expériences et de renforcer le système de défense du Japon. Il prévoit également de renforcer la coopération du Japon avec l’OTAN dans le domaine de la défense. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ? Est-ce le signe d’une résurgence du militarisme japonais ?
Lin Jian : Nous suivons ces développements avec une vive préoccupation. Le Japon poursuit à marche forcée sa remilitarisation. Il multiplie les interactions avec une organisation militaire extérieure à la région, élargit le champ d’action de ses Forces d’autodéfense et met en place un système opérationnel orienté vers le combat. Le Japon cherche ainsi à s’affranchir des contraintes imposées par sa Constitution, son droit interne, le droit international ainsi que par le principe exclusivement axé sur la défense. Il remet en cause l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale. Le Japon se présente comme un « pays pacifique », mais ses actes vont exactement dans la direction opposée. La montée préoccupante du néo-militarisme japonais constitue une menace pour la paix et la stabilité régionales. La communauté internationale doit rester très vigilante et le réprimer fermement.
China News Service : Le ministère des Affaires étrangères a annoncé hier que la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, effectuerait une visite en Chine et participerait au 11e Dialogue stratégique Chine-Royaume-Uni. Pourriez-vous nous donner davantage d’informations sur cette visite et nous faire part des attentes de la Chine à cet égard ?
Lin Jian : Le Dialogue stratégique Chine–Royaume-Uni est un important mécanisme de dialogue de haut niveau entre les deux pays. Dans la situation internationale marquée par des changements et des turbulences, il est plus important que jamais pour la Chine et le Royaume-Uni, tous deux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, de renforcer leur communication stratégique. À l’occasion de ce dialogue, les deux parties procéderont à des échanges approfondis sur la mise en œuvre du consensus important atteint par les dirigeants des deux pays, sur l’élargissement de la coopération pragmatique ainsi que sur les points chauds internationaux et régionaux. L’objectif est d’approfondir le partenariat stratégique global, durable et cohérent entre la Chine et le Royaume-Uni et d’apporter davantage de bénéfices aux deux pays ainsi qu’au reste du monde.
En ce qui concerne des détails sur cette visite, nous publierons des informations en temps voulu. Veuillez les suivre.

AFP : Une explosion survenue dans l’État de Shan, dans le nord du Myanmar, a fait des dizaines de morts. Selon les groupes armés qui contrôlent la région, l’accident aurait été causé par l’explosion accidentelle d’explosifs destinés à des activités minières. Selon des informations parues aujourd’hui dans la presse, des ressortissants chinois figureraient parmi les victimes. Le ministère des Affaires étrangères peut-il confirmer cette information ? Ces personnes travaillaient-elles dans le secteur minier local ?
Lin Jian : Le 31 mai, une explosion s’est produite dans un entrepôt situé dans le canton de Namhkam, dans l’État de Shan au Myanmar, causant plusieurs victimes. Un ressortissant chinois a été blessé. Nous exprimons nos profondes condoléances pour les victimes et adressons notre sincère sympathie aux familles endeuillées ainsi qu’aux personnes blessées.
Immédiatement après l’accident, la Chine a pris contact avec les parties concernées au Myanmar afin de vérifier la situation et leur a demandé de tout mettre en œuvre pour soigner le ressortissant chinois blessé. Celui-ci a désormais reçu des soins médicaux. La Chine continuera de suivre de près l’enquête sur cet accident et fournira l’assistance nécessaire pour le traitement des questions pertinentes à la suite de cet incident.
The Paper : La Chine a achevé avec succès son mandat de présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations Unies pour le mois de mai. Au cours du mois écoulé, sous la coordination et l’impulsion de la Chine, de nombreuses activités ont été organisées au sein du Conseil de sécurité. Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a participé au débat public de haut niveau, et les efforts ainsi que le travail de la Chine ont été largement reconnus par la communauté internationale. Pourriez-vous nous en dire davantage à ce sujet ? Comment la Chine envisage-t-elle le rôle des Nations Unies (ONU), en particulier celui du Conseil de sécurité, dans le contexte actuel ?
Lin Jian : Grâce au soutien actif de toutes les parties, la présidence tournante chinoise du Conseil de sécurité des Nations Unies pour le mois de mai s’est achevée avec succès. Au cours du mois écoulé, agissant de manière responsable et constructive, nous avons travaillé avec les membres du Conseil de sécurité ainsi qu’avec l’ensemble des États membres de l’ONU pour nous concentrer sur les questions majeures, nous appuyer sur les actions concrètes et assumer activement les responsabilités qui nous incombent en vertu de la Charte des Nations Unies.
Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi s’est rendu spécialement au siège de l’ONU à New York pour présider un débat public de haut niveau, au cours duquel il a formulé cinq propositions visant à défendre, revitaliser et renforcer l’ONU, lançant un appel fort en faveur du rétablissement de l’autorité de la Charte des Nations Unies et du rôle central de l’ONU. Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a également participé à la réunion du Groupe des amis de la gouvernance mondiale, lors de laquelle il a présenté neuf axes pour la réforme de la gouvernance mondiale. Sous la présidence chinoise, le Conseil de sécurité a également examiné des points chauds, notamment ceux concernant la Palestine et Israël, l’Iran et l’Ukraine, ainsi que sur des questions thématiques telles que la protection des civils dans les conflits armés. Le Conseil de sécurité s’est efforcé de répondre aux préoccupations de la communauté internationale, de jouer pleinement le rôle qui lui revient et a mené à bien l’ensemble des points inscrits à son ordre du jour.
En tant que membre permanent du Conseil de sécurité, la Chine est prête à travailler avec toutes les parties, y compris les autres membres du Conseil de sécurité, afin de renforcer l’unité et la coordination au sein de l’ONU, de pratiquer un véritable multilatéralisme, de défendre les buts et principes de la Charte des Nations Unies et de continuer à assumer ses responsabilités en faveur de la paix et du développement dans le monde.
CRI : Une nouvelle épidémie d’Ebola s’est récemment déclarée en République démocratique du Congo (RDC). L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont appelé la communauté internationale à soutenir l’Afrique dans la lutte contre cette épidémie. Quelles mesures la Chine a-t-elle prises à cet égard ?
Lin Jian : La Chine et l’Afrique sont de bons frères qui se soutiennent mutuellement contre vents et marées. La Chine est profondément préoccupée par la nouvelle épidémie d’Ebola en RDC. Lorsqu’il présidait la réunion de haut niveau du Conseil de sécurité de l’ONU à New York, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré que la Chine accourrait toujours en aide lorsque surviendraient des crises majeures de santé publique. Il a rappelé qu’en 2015, la Chine avait apporté un soutien considérable aux trois pays d’Afrique de l’Ouest touchés par l’épidémie d’Ebola et qu’elle était aujourd’hui prête à fournir activement son assistance aux pays affectés par la nouvelle épidémie d’Ebola, y compris la RDC. À cette fin, le gouvernement chinois a décidé d’apporter une aide humanitaire d’urgence à la RDC, notamment en y envoyant des équipes d’experts médicaux pour fournir des services médicaux et une assistance spécialisée. Par ailleurs, la Chine a également apporté son aide à la Commission de l’Union africaine, et mis en place une coopération en matière de prévention et de contrôle de l’épidémie. La Chine a également apporté son soutien à Africa CDC afin de renforcer les capacités des pays africains à lutter contre l’épidémie.
Le soutien apporté par la Chine aux pays africains dans leur lutte contre Ebola constitue un exemple vivant de la construction d’une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique de tout temps à l’ère nouvelle. Il s’agit également d’un élément important des dix actions de partenariat annoncées lors du Sommet de Beijing 2024 du Forum sur la Coopération sino-africaine (FOCAC). À l’heure actuelle, la Chine a envoyé 45 équipes médicales, regroupant plus de 900 membres au total, dans 44 pays africains. À l’heure où nous parlons, des équipes médicales chinoises travaillent sur le terrain et combattent l’épidémie aux côtés des peuples africains.
La Chine continuera de maintenir une communication étroite avec la RDC et les autres pays africains, ainsi qu’avec l’OMS et l’Union africaine, et fournira une assistance dans toute la mesure de ses capacités en fonction de l’évolution de la situation et des besoins de l’Afrique. Nous appelons également la communauté internationale à prendre davantage de mesures concrètes pour aider la RDC et les autres pays africains à maîtriser l’épidémie dans les meilleurs délais.
TV Asahi : Selon le New York Times, l’un de ses journalistes a été expulsé par les autorités chinoises. Quel est le commentaire du ministère chinois des Affaires étrangères à ce sujet ?
Lin Jian : Le New York Times a offert une tribune aux autorités taiwanaises pour qu’elles diffusent leur rhétorique séparatiste en faveur de l’« indépendance de Taiwan », et a ouvertement qualifié la région chinoise de Taiwan de « pays ». Cela constitue une violation flagrante du principe d’une seule Chine et des trois communiqués conjoints sino-américains, et envoie un signal gravement erroné aux forces sécessionnistes visant l’« indépendance de Taiwan ». La Chine s’y oppose fermement. Le New York Times devrait corriger ses erreurs plutôt que de persister dans cette voie erronée.
Pendant la période où la journaliste que vous avez mentionnée était en poste en Chine, elle a eu recours à la tromperie pour obtenir des interviews à l’insu de ses interlocuteurs et a enfreint le Règlement de la République populaire de Chine sur la couverture médiatique par les bureaux permanents des organes de presse étrangers et les journalistes étrangers. Son permis de séjour a donc été révoqué conformément aux lois et règlements. Sous prétexte de soi-disant « réciprocité », la partie américaine se livre à une répression politique à l’encontre des journalistes de l’agence de presse Xinhua travaillant légalement aux États-Unis. La Chine s’y oppose fermement.
Les faits et le fond de la question des médias entre la Chine et les États-Unis sont clairs. La cause profonde réside dans le fait que la partie américaine attise unilatéralement les tensions et politise les questions liées aux médias. La Chine facilite depuis toujours la tâche des journalistes étrangers qui couvrent l’actualité et vivent en Chine. Ces dernières années, la Chine a fait preuve de souplesse et a facilité l’obtention de visas pour un grand nombre de journalistes américains venant en Chine pour y effectuer des reportages, alors que les demandes de journalistes chinois souhaitant travailler aux États-Unis ont rarement été approuvées. La partie américaine devrait mettre en œuvre de manière sérieuse le consensus conclu avec la Chine sur les questions relatives aux médias et prendre des mesures concrètes pour garantir les droits et intérêts légitimes des journalistes chinois qui travaillent et séjournent aux États-Unis.

